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Full text of "Édition de J.-M. Angiolello (1452-1525)"

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ANGIOLELLO 


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(1452-1525) 

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SES  MANUSCRITS  INÉDITS 


PUBLIÉS  ET  ANNOTÉS 


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AVANT-PROPOS  AU  MANUSCRIT  VÉNITIEN 


LE  TESTAMENT  DE  MAHOMET  A ALI 

Traduit  du  turc  en  italien,  par  J.  M.  Angiolello 


Parmi  les  nombreux  et  non  moins  précieux  manuscrits  que 
possède  la  Bibliothèque  nationale  de  Venise  (Marciana  Ba  = 
B.  di  San  Marco)  figure  un  recueil  qui  renferme  le  « Testament 
de  Mahomet  à Ali,  traduit  du  turc  en  italien,  » par  Angiolello. 
Ce  recueil  porte  la  cote  suivante  : mss.  lat. , cl.  xiv,  n°  123 
(4662)  ; l’on  y compte  cent  trente-sept  feuillets  non  numérotés. 
On  lit  sur  la  couverture  de  vélin  : Descrizione  del  Alcorano 
col  Testamento  di  Maometto  ad  Ali  suo  Nepote. 

Au  premier  feuillet,  figurent  les  titres  des  différents  manus- 
crits. Ceux  des  deux  premiers  suivent  : « Traduction  du  Coran 
de  l’arabe  en  latin  l,  par  Guillaume  Raymond  de  Moncada, 
dédié  à Frédéric  duc  d’Urbino.  Testamento  fatto  da  Maometto 
ad  Haly  suo  genero  vulgarizato  da  Giov.  Maria  Anzolello  nobile 
Vicentino.  » Ce  document  est  une  copie  (ainsi  que  tous  ceux  du 
recueil),  il  mesure  1 35  millimètres  de  largeur,  sur  210  de  hauteur. 
L’écriture  est  ferme,  mais  difficile  à lire,  par  suite  des  nombreuses 
abréviations  — des  termes  du  dialecte  vénitien  — de  l’orthogra- 
phe fantaisiste.  Le  recueil  entier  a été  transcrit,  de  1514  à 1538; 
les  deux  premières  copies,  entre  le  27  juillet  1518  et  le  18  octo- 
bre 1538. 

Le  copiste  se  dit  médecin,  de  Parme  : « Joanes  Jacobus  Par- 

1.  Bertrand  de  la  Broquière,  au  retour  de  son  voyage  d’outre-mer,  apporta  au 
duc  de  Bourgogne  un  Alcoran  « escript  en  latin,  don  du  chappellain  du  Consul 
des  Venissiens  à Damas.  » Cf.  coll.  Schefer,  t.  XII,  p.  261. 


1 


— 2 — 


mensis  bartholotus  phisicus  »,  lit-on,  au  f°  129  v°  du  recueil. 
On  ignore  ce  qu’est  devenu  l’original.... 

Mais  il  importe  de  se  rendre  à l’avertissement  du  sage  : 
« Tempus  loquendi,  tempus  tacendi.  » Taisons-nous  et  goûtons 
à loisir  cette  si  originale  traduction,  cette  curieuse  anthologie 
morale  du  Coran  {. 

Testament  de  Mahomet 

Sequitur  testamentum  hic  atergo  Mumethis  2 ad  hally  3gene* 
rum  suum  qui  filiam  habuit  Maumethis  in  uxorem  quae  pho- 
toma  4 dicebatur. 

Fu  Jan  Maria  corne  scrisse  paulo  Jovio  schiavo  di  Mustapha 
primogenito  da  Maumeth.  Scrisse  costui  la  Victoria  de’  turchi 
contra  Usson  Cassan  in  idioma  turchesco  et  fu  molto  grato  al 
gr.  turcho. 

El  testamento  5 fato  Maumeth  nel  morire  ad  Hali  suo  Genere 

1.  Voir  1’  « Analyse  du  Koran  »,  par  Jules  de  la  Beaume,  t.  IV  de  la  collection 
de  l’École  des  Langues  orientales.  B.  Sainte-Geneviève  (R1  784,  in-4). 

2.  Maumeth  (Mahomet,  Mohammed  ou  Méhémed  — le  loué,  le  digne  de  louanges), 
né  en  570-622  (hégire),  f 632  (Médine),  fondateur  de  l’Islam,  auteur  du  Coran 
(voir  GeulTroy  (1543),  appel  à la  croisade;  B.  Georgievitz,  1546,  idem ; Postel, 
1560.  Étude  impartiale  et  sympathique  du  Coran  ; — analyse  du  Coran,  par  Jules 
de  la  Beaume,  coll.  de  l’École  des  Langues  orientales;  Abr.  Geiger  : emprunts.... 
Cf.  notre  bibliographie).  On  montre  encore  le  tombeau  de  Mahomet  dans  la  mos- 
quée de  Médine,  ainsi  que  celui  de  sa  fille  Fatimah  (cf.  coll.  Schefer  et  Gordier, 
IX,  p.  32  et  33).  Selon  les  Chiites,  elle  est  enterrée  auprès  de  son  père;  selon 
d’autres,  au  cimetière  de  Baqy. 

3.  Hally  (Ali,  Aly  = Sublime),  gendre  de  Mahomet,  assassiné  dans  la  grande 
mosquée  de  Koufah,  le  24  janvier  661.  11  a son  tombeau  à Nedjef  ; — par  contre, 
le  tombeau  de  sa  femme  Fatimah  se  trouve  dans  la  mosquée  de  Médine,  près  de 
celui  de  Mahomet  (voir  description  Bulletin  de  la  Société  de  géographie,  2*  s., 
t.  XV,  p.  145,  et  le  plan  de  cette  mosquée,  dans  SeferNamèh  de  Nassiri  Khosran, 
Paris,  Leroux,  1882). 

4.  Photoma  (Fatoma  ; cf.  Varthéma,  p.  33)  pour  Fatimah.  Les  Musulmans  vénè- 
rent la  fille  de  Mahomet  « Settina  Fatimah  »,  comme  les  chrétiens  vénèrent 
Marie,  la  mère  de  Jésus;  à leurs  yeux,  Fatimah,  Khadidja,  Aïccha  et  Marie  sont 
des  femmes  parfaites.  Fatimah,  fille  chérie  du  Prophète,  devint  la  femme  d’Aly 
et  la  mère  de  Hassan  et  Husséin.  Hassan  est  le  père  des  Chérifs  ou  gouverneurs 
de  la  Mecque  (voir  le  récent  travail,  sur  Fatimah,  du  savant  arabisant  P.  Lam- 
mens). 

5.  Testament  de  Mahomet.  Sujet  à des  crises  de  catalepsie  (ou  d’épilepsie), 
Mahomet  n’a  pas  laissé  de  testament.  Nous  avons  affaire,  sans  doute,  à un  de  ces 
nombreux  écrits  destinés  à grandir  Mahomet  et  Ali.  Écrit  d’abord  en  arabe  ou  en 
persan,  il  aura  été  traduit  en  turc,  puis  en  italien.  Nous  ne  savons  si  l’original 


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traduto  1 da  idioma  turchesca  in  italop.  Joan  Maria  AnzoleloNobile 
vicentino,  il  quale  pizolo  siando  stato  preso  da  turchi  fu  ade- 
nato  con  gran  credito  apresso  il  gran  turcho  et  era  thesoriero 
da  tute  le  sueintrade  et  habiando  vivesto  co’  loro  circa  anni  (20) 
essendo  stato  christiano  fugito  el  tandem  pervene  a la  patria  sua 
circha  lano  1483,  dapo  la  morte  del  gran  turcho  2. 

,V.  B.  — Nous  reproduisons  intégralement  le  texte  du  manuscrit,  même 
les  fautes  d’orthographe  et  de  ponctuation.  ( Elles  sont  nombreuses.) 

In  nome  De  dio,  il  quale  fa  gracia  et  liberalita  a tutj  et  rin- 
graciato  sia,  quello  dyo  il  quale  nutrisce  et  mantene  tute  le  créa- 
ture del  mondo,  et  al  fine  salvara  quelli  sarano  stati  obedienti 
ad  esso  dio,  et  cusi  corne  esso  dio  è stato  causa  e principio  de  dar 
la  vita  a tute  le  créature,  cusi  sera  inimico  di  tuti  li  disobedientj 
liquali  harano  contradito  a li  soi  comandamenti.  Et  solo  la  sua 
gratia  harano  coloro  liquali  desiderano  pervenir  ad  esso  dio, 
corne  è Maumeth  e sui  seguaci  quai  Maumeth  fu  stendardo  del 
populo  et  superiore  deli  prophetj  et  quello  precioso  parlador 
et  quello  insignolo  che  amaestrava  zorno  e notte  atorno  le  cose  et 
cantava  al  populo  la  fede  et  la  iusticia,  et  si  corne  il  papagallo 
desidera  il  Zucharo,  cusi  lui  desideravade  dirla  fede  et  coman- 
damenti de  dyo,  et  diseva  il  paradiso  esser  mirabile  ornamento 
et  vita  senza  recrescimento  sed  questo  era  il  dileto  e piacer  di 
quai  degno  et  precioso  del  quai  non  se  pol  estimare  le  sue  bonta 
et  sue  gracie  et  miracoli  per  chè  la  gracia  del  omnipotente  Dyo 
era  semp.  con  lui,  et  dapoi  considerando  questo  mondo  esser 
cossa  vana  si  volsse  transformarse  al  infinito  gaudio  de  dyo  et 
pregolo  che  lo  trazesse  da  questi  afani  et  fu  exaudito  quello 


existe  encore,  ni  qui  en  est  l’auteur.  En  tous  cas,  l’attribution  de  ce  testament 
ne  saurait  être  admise  par  les  critiques.  C’est  une  sorte  d’anthologie  coranique 
très  intéressante. 

1.  Traduction.  En  thèse  générale,  il  n’est  pas  orthodoxe  de  traduire  le  Coran. 
Point  de  traduction  officielle  du  livre  saint,  chez  les  Musulmans  ; — tout  au 
plus,  quelques  fragments  sont  traduits  entre  les  lignes  du  texte  pour  les  fidèles 
ignorants.  La  traduction  d’Angiolello  nous  paraît  avoir  été  faite  en  vue  d’étudier 
le  turc,  moyen  employé  par  l’auteur  dès  les  premières  années  de  son  séjour  à 
Constantinople  ; peut-être  aussi  ce  travail  a-t-il  été  fait  bien  plus  tard,  pendant 
le  second  séjour  de  l’auteur  en  Perse,  en  vue  de  gagner  la  faveur  des  Chiites. 

2.  Gran  Turco,  c’est  ici  le  nom  de  Mohammed  II,  le  Conquérant  (1451-1481). 


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che  era  ornamento  del  mondo  et  amaistramento  de  tuti  le  gene- 
racioni  Maumethane  et  essendoli  révéla,  dal  anzolo  l’hora  che  se 
doveva  partir  da  questa  vita.  prima  et  fece  chiamar  suo  Zenero, 
il  quale  havea  nome  haly  et  li  disse.  O fiolo  di  obedientia  haly 
avanti  chio  mi  parta  da  questo  mondo  te  volio  dar  alchuni  boni 
amaistramenti  liquali  te  priejo  et  commando  siano  observadi 
da  ti  et  dal  mio  popolo,  et  sareti  benedetj  da  dio  et  da  mj  et 
esso  dyo  vi  porga  gracia  de  farlo. 

O Haly  le  boneperssone  sono  quelle  che  sono  utile  adaltri  et 
non  a se  medesimo  et  li  cativj  non  guardano  a grande  dâno 
del  proximo  per  poca  sua  utilité.  Ancora  uno  cativo  homo 
manza  et  comesse  solo.  O Haly  le  meglio  adorar  in  lo  tempio 
che  in  altro  loco  salvo  chi  volesse  orar  de  note.  O Haly  le  pers- 
sone  superbe  alegrano  li  richi  et  stremisseno  li  poveri.  O Haly 
le  cative  perssone  se  cognoscono  nel  viver  perche  vivono  d.  mal 
aquisto,  et  quando  tu  vedi  prosperar  le  perssone  che  vive  del 
mal  aquisto  non  te  dar  maravegia,  perche  dyo  voria  le  se 
emendare  et  non  perdere  li  perdona  il  peccato.  O Haly,  il  viver 
chepiace  a dyo  è aservarsi  de  roba  de  mal  aquisto,  et  con  sudor 
guadagnar  se  ne  de  bon  aquisto.  O Haly  um  bon  amico  1 se 
cognosce  a li  bisogni  et  il  bon  cavalo  se  cognosce  a la  bat- 
taglia , O Haly  in  questo  mondo  fa-che  habi  deli  amicj  asai 
perche  senza  amici  non  e vita.  O Haly  che  non  ha  amicj  è senza 
Mane.  O Haly  le  manco  mille  amicj  al  homo  ch’  intende  che 
non  è uno  inimico.  O Haly  chi  in  questo  mondo  non  hara 
amici  il  di  del  iudicio  li  ochi  de  coluj  guardarano  in  qua  e in  la  et 
da  nisuno  non  trovara  favore.  O Haly  li  amicj  in  questo  mondo 
sono  richeza  et  intelleto,  et  in  l’altro  alegreza. 

O Haly  il  di  del  judicio  li  amicj  se  dirano  l’uno  al  altro 
sapevi  in  ben  perche  non  me  lo  ricordasti  : et  perche  el  no 
die  uegnir  dapo  de  mi  altro  propheta  2 te  ricordo  che  questo 
mio  testamento  sia  observado  et  chi  lo  observara  sara  honorato 

1.  Cf.  Koran,  IV,  62,  et  J.  de  la  Beaume  : Analyse  du  Coran,  p.  700,  15  versets 
sur  l’amitié. 

2.  Koran,  XXX,  40  : « Mahomet  est  l’envoyé  de  Dieu  et  le  sceau  des  pro- 
phètes, comme  Jésus  le  sceau  des  Saints.  » Voir  Journal  asiat.,  s.  IX,  t.  XX,  p.  68 
(le  mahdisme  est,  par  suite,  une  hérésie  musulmane,  il  en  est  de  même  du 
soufisme). 


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dal  mondo  et  ben  remunerato  da  dyo  l.  O Haly  li  servi  de  dyo 
se  hano  tre  segni  : il  1°)  fano  oration  asai;  il  2°)  fano  grande 
abstinencia;  il  3°)  dano  volentieri  elimosina.  O Haly  li  inimici  de 
dyo  hanno  tre  segni:  il  1°)  disono  bugie  asai;  il  2°)  non  aten- 
dono  le  promesse  ; il  3°)  sono  denegatori  de  le  robe  li  sono  dat’ 
in  salvo.  O Haly  li  pegri  hanno  tre  segni  : il  1°  sono  pegri  in  le 
oratione  ; il  2Ü)  non  observano  li  commandamenti  de  dyo  ; il  3°) 
non  sarano  conversevoli  eu’  le  perssone.  O Haly  coloro  ch.  vo- 
rano  ben  fare  haverano  3 segni;  il  p°)  disprezarono  il  mondo; 
il  sec°)  sarano  constanti  et  fortj  ; il  terzo)  sarano  patienti 
O Haly  le  perssone  perfete  harano3  segni  ; il  1°)  a chi  li  farano 
male  li  renderano  bene;  il  2°)  chi  li  biassimara  loro  li  lauda- 
rono;  il  3°)  sovenirano  li  bisognati.  O Haly  li  ignoranti  hanno 
tre  segni  ; il  1°)  non  observarano  li  mandatj  de  dyo  ; il  2°)  par- 
larano  asai  parole  vane;  il  3°)  sarano  detractorj.  O Haly  le  pers- 
sone prudente  2 harano  tre  segni  : il  1°)  la  roba  sua  sara  d. 
bon  acquisto  ; il  2°)  conversarano  con  perssone  che  sapiano  più  de 
loro  ; il  3°)  farano  le  orationi  con  el  populo.  O Haly  le  perssone 
imprudente  hanno  tre  segni  il  p°  la  roba  soa  sara  d’usura;  il 
sec0  fuzirano  le  bone  perssone  ; il  terzo  non  farano  le  oration’ 
insieme  con  el  populo.  O Haly  li  misericordiosi  harano  tre  se- 
gni : il  1°)  cerchano  da  meter  pace  ove  è differentia  ; il  2°) 
amarano  pace;  il  3°)  quello  vorano  per  si  lo  farano  ad  altrj. 

O Haly  le  perssone  discrète  hâno  tre  segni  : primo  se  abste- 
nirano  de  dar  over  veder  punigion’  ad  altrj  ; secondo  non  dirano 
malo  in  absentia  a niuno  ; terzo,  temerano  il  viver  de  mal 
acquisto.  O Haly  fa  che  nunsj  la  verita  che  al  di  del  iudicio  tu 
non  sarai  vergognato,  et  se  tu  fosi  per  esser  morto  la  fa  ti  più 
presto  amazari  chedir  bugia.  O Haly  quando  tu  dai  elimosina 
da  la  in  ascosto  azoche  dyo  non  lo  habia  per  male  3.  O Haly  ogni 
lunafa  ch.  ali (7) zorni, ali  (11)  eali  (21)tufaci  abstinentiaperoche 
dyo  ha  dito  che  sono  pericolosi  tali  zorni.  O Haly  dyo  creo  il 
ciel  et  la  terra  de  domenica,  et  in  tal  zorno  è bon  dar  principio 

1.  Koran,  XXIV,  50  , 51,  55. 

2.  Koran,  IX,  72. 

3.  Koran,  II,  273  : « Faire  l’aumône  au  grand  jour  est  louable,  la  faire  secrète- 
ment vous  profitera  davantage.  » 


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a chi  volesse  andar  inviazo,  perch.  in  tal  di  li  propheti  comen- 
zavano  li  soi  viazi.  Il  Marti  è bon  cavarsi  sangue  perche  chaino 
arnazo  Abel  in  tal  zorno,  Mercore  è bon  tuor  medicine  et  andar 
al  bagno.  O Haly  domanda  gracia  a dyo  de  zoba  perch.  in  tal 
zorno  abraam  è morto.  O Haly  le  bon  far  marital , o di  venere  ; 
perche  tuti  li  prophetj  in  tal  zorno  faceano  li  maritali,  de  sa- 
bato  fa-che  tu  digi  oration’  assai  perche  ancora  mi  stando  a la 
mecha  diseva  oration’  assai  et  la  oracion  de  Maumeth  era 
questa  : O sumo  dyo  daGaudio  al  mio  populo  : Ancora  il  sabato 
et  zoba  in  questi  dui  giorni  alchune  noiè  de  lo  inferno  disseno. 
O dyo  Creator  del  tudo  perche  hai  creato  noj  ; et  li  fu  resposo 
da  parte  de  dyo  che  sera  sta  creado  per  li  peccatorj  et  lo  inferno 
rispose  sia  ringraciato  il  mio  Greatore  che  me  ha  creato  a 
qualche  fine.  O Haly  guarda  te  che  tu  no  stj  de  quelli  peccatorj 
et  sarai  luntano  da  lo  inferno  che  dyo  il  faza.  O Haly  le  da  far 
conto  de  le  orationi  che  fano  li  poveri  perche  dyo  li  exaudisse 
volentiera:  O Haly  fa  ch.  tu  sij  obediente  al  padreeta  la  madré 
ancora  fa  li  honore  se  ben  fossero  infideli.  O Haly  chi  desidera 
far  bene  et  viver  de  bon  acquisto  Dyo  sempre  è in  soa  com- 
pagnia.  O Haly  chi  fara  roba  d.  mal  acquisto  il  divolo  fara  suo 
compario  et  chi  fara  roba  de  bon  acquisto  Dyo  fara  suo  comis- 
sario  et  al  mondo  ge  ne  rendera  bon  conto.  O Haly  chi  non  se 
ricordara  del  nome  de  dyo  spesso  sara  accompagnato  dal  dia- 
volo,  et  chi  se  aricordara  del  nome  Dyo  sara  sempre  con  luj  et 
chi  vivera  de  bon  acquisto  sara  sempre  contento  et  aliegro. 

O Haly  cinque  cosse  amazano  l’animo  del  homo  et  casca  in 
desperacione  : 1°  il  tropo  manzare  ; 2°)  il  sustenir  li  peccati  del  po- 
pulo; 3°)  il  non  far  oration’ al  hora  débita;  4°)  comenzar  co’ 
la  man  zancha  ; 5°)  a dir  bugie. 

O Haly  cinque  cosse  fano  perder  la  memoria  : 1°)  il  tropo 
manzar;  2°)  passar  ne  Rsso  il  loco  dove  si  fa  la  oratione; 
3°)  aturbar  l’aqua  corrente;  4°)  a serar  li  ochi  quan  se  sta  al  foco; 
5°)  assorzarssi  far  roba  de  mal  acquisto.  Cinque  cosse  fano 
l’animo  del  huomo  speculativo  : 1°  recordarsi  spesso  d.  dyo; 
2°  manzar  erbazo  fresco;  3°  manzar  poco;  4°  manzar  il  pan  ch. 
fusse  cascato  in  terra;  5°)  far  oration  la  notte. 

O Haly  cinque  cosse  fanno  l’animo  vivo  : 1°  conversar  con  le 


1 — 


perssone  che  danno  bon  exempio;  2°  insegnar  li  poveri  ; 3°  par- 
lar  poco  ; 4°  far  abstinentia  ; 5°  manzar  adazio. 

O Haly  cinque  cosse  multiplica  la  luce  de  li  ochi  gardar 
versso  dove  se  fa  oratione  ; 2°  veder  del  mondo  ; 3°  guardar  in 
la  leze  de  dyo  ; 4°  guardar  in  l’aqua  corrente  ; 5°  guardar  in 
faza  del  padra  et  de  la  madré. 

O Haly  cinque  cosse  fano  presto  invechir  l’homo  prima  asai 
pensiere  ; la  segonda  viver  ne  le  zana  ; 3°  torse  tropo  melan- 
colia;  4°  de  rico  venir  povero;  5°  spudar  spesso. 

O Haly  la  perssona  ben  costumata  sempre  die  guir  a dyo 
adciocbe  possi  al’altro  mondo  haver  gran  credito. 

O haly  chi  vivera  de  mal  acquisto  sara  sempre  melancolico 
et  sara  sempre  dubioso  ne  la  fede  et  la  oracio.  sera  exaudita, 

O Haly  se  ’1  peccator  domanda  gratia  a dyo  pol  esser  exaudito 
salvo  quand’ il  peccato  fosse  por  offender  dyo.  Et  quando  dio  vol 
punir  uno  peccator  lo  lassa  prosperar  in  roba  de  mal  acquisto 

et  ( ) de  tal  perssona  perche  tuti  i pensier  soi  sono  posti 

in  far  roba  et  si  smentica  di  tornar  a dyo. 

O Haly  quando  dyo  vol  redur  una  perssona  al  bon  fine  ello  lo 
fa  acompagnar  da  li  anzoli  et  li  anzoli  dicono  : o dyo  la  tua 
creatura  ti  fa  oration  exaudi  la  : et  poi  dyo  risponde  : Jo  amo 
quella  Creatura  che  sempre  me  chiama  et  sia  exaudita. 

O Haly  chi  ajutara  il  prox0  ai  bisogni  dyo  lo  ajutara  lui 
a li  soi  et  li  dara  tanto  merito  che  solo  esso  dyo  lo  potra  esti- 
mare. 

O Haly,  Dyo  non  exaudise  la  perssona  se  non  è contrita. 
Ancora  la  Elemosina  non  val  sino  che  se  posied  la  roba  del 
mal  acquisto. 

O Haly  chi  morira  senza  chiamarsi  in  colpa  de  li  soi  peccatj 
li  anzoli  non  lezerano  il  suo  nome  avanti  dyo  overo  li  dirano 
che’  1 è sta  uno  bugardosich.  la  perssona  ogni  ora  si  debe  ricor- 
dar  de  la  morte. 

O Haly  chi  morira  essendo  chiamato  in  colpa  de  bon  core 
sera  messo  nel  nummero  di  bonij. 

O Haly  fa  che  faci  Elimosina  per  li  toi  mortj  pereh.  dio  ha 
creado  un  anzolo  che  subito  apresentara  quello  merito  a quela 
oratione  per  chi  Y è sta  fata  et  quella  oratione  si  prega  per  coluj 


— 8 — 


che  fa  la  EIemosa  e dise  o glorioso  dyo  colui  il  quale  ha  impido 
la  mia  sepultura  di  splendor  de  Elemos4  perdonage  li  soi  pec- 
cati  et  aparechiage  una  de  le  sedie  del  paradiso  et  cusi  Dyo 
exaudise  li  pregi  de  mortj. 

O Haly  quando  sara  il  di  del  judicio  Dyo  comandara  ch-’l 
mio  populo  sia  menato  in  paradiso  et  quando  sara  apresso  il 
paradiso  venira  un  altro  comio  da  dyo  che  dira  quelli  che 
beffavano  li  poveri  essendo  al  mondo  tornali  adrieto  et  me- 
nali  al  inferno. 

O Haly  a salutar  le  perssone  et  ricever  il  saluto  è comanda- 
mento  de  dyo  et  chi  p.  salutara  hara  mazor  merito. 

O Haly  quando  la  perssona  sara  al  ponto  de  la  morte  vedera 
cosse  terribile  secondo  havra  fato  in  questa  vita. 

O Haly  quando  tu  dai  Elimosina  da  la  de  bon  acquisto  perché 
è meglio  dar’  un  boccone  de  pan  de  bon  acquisto  che  400  de 
mal  acquisto. 

O Haly  quando  tu  fosi  laudado  da  quache  uno  per  merito  non 
te  insuperbire  perch.  dyo  non  ama  li  superbi  ne  quelli  che  se 
reputano  essergrandj. 

O Haly  fa  che  tu  converssi  con  li  toi  parentj  se  tu  voi  viver  lon- 
gamente  et  sarai  de  li  mej  amicj  : ancora  chè  staracon  li  soi  pa- 
rentj stara  sempre  co’  mi  et  coloro  che  fuzivano  da  li  parentj  sarano 
maledetj  da  li  anzeli.  O Haly  non  te  alegrar  de  cossa  de  questo 
mondo  perch.  dyo  non  ama  quelli  1 se  confidano  in  questo  mondo. 

O Haly  quando  uno  dona  una  cossa  ad  un  altro,  poi  se  pen- 
tise  et  ge  la  retole  è simile  a un  cane  che  vomitasse  il  pasto  poi 
el  tornase  a manzare.  O Haly  el  non  è honesto  a tuor  una 
cossa  donata  in  drieto  salvo  al  padre  et  a la  madré  è licito. 

O Haly  fa  ch.  tu  stagi  cum,  faza  aliegra  perche  dyo  ama  li  ho- 
mini  aliegri  et  quelli  che  stano  eu.  faza  non  garba  dyo  li  tien  per 
inimicj. 

O Haly  quando  tu  fossi  per  far  qualche  cossa  fa  la  con  conscio 
che  dapoi  fata  tu  non  te  pentissi,  et  se  tu  voi  far  Elemosina  fa 
la  sécréta  che  tu  non  faci  murmurare  perche  il  murmurar  de 
le  perssone  conssuma  la  roba  corne  fa  il  foco  le  legne. 


1.  Omission  de  « chi  » dans  le  manuscrit. 


- 9 - 


0 Haly  fa  che  tu  trati  ben  li  toi  subditj  adcio  dyo  te  lo  habj 
de  meritar  il  di  del  iudicio. 

O Haly  fa  abstinentia  de  parlar  male  di  alchuno,  perch’  el  non 
torna  utilita  salvo  s’el  non  fusse  per  emendar  de  qualche  vicio. 

O Haly  qn.  1 Dyo  vol  un  per  amico  el  ge  da  quatre  virtu  : 
1°  parlar  eu.  verita  ; 2°  a salvar  quello  li  sara  dato  in  deposito  ; 
3°  esser  liberale  ; 4°  aschivarssi  da  li  scandoli. 

O Haly  domanda  sempre  roba  de  bon  aquisto  perche  lo  capo 
de  tutte  le  cosse  che  piaceno  a dyo.  O Haly  non  pastizar  co’  li 
grandi  et  Hali  dimando  quai  sono  questi  Grandi.  Maumeth  li 
disse  li  richi  perche  e li  hanoli  animj  alteri  et  vivj. 

O Haly  il  mondo  è in  tre  parte  : 1°  le  perssone  che  insegnano 
la  Scientia  ; 2°  le  personne  che  intendono  la  Scientia  ; 3°  le  pers- 
sone che  intendeno  et  observano  la  Scientia.  Siche  tu  debi 
lezer,  intender  et  observar  la  Scientia  et  fa  che  sij  sobrio  del 
vivere. 

O Haly  fa  che  tu  vadi  in  leto  mondo  perche  dyo  ama  le  pers- 
sone nete . 

O Haly  qn.  tu  te  lavj  non  decipar  tropo  aqua  perche  eu.  aqua 
asaj  el  non  è tanto  merito  et  quando  tu  sarai  lavado  per  far  la 
oratione  di  tre  fiade  « enzelinan  » che  vol  dir.  Dyo  redime  al 
ben  fare  et  haraj  tanto  merito  corne  se  dezunassi  (50)  annj. 
Dapoi  dite  tre  fiate  queste  parole  tu  diraj  « qulhu  valanhohe- 
dun  » 2.  = Jo  testimonio  esser  un  solo  dyo  et  poi  deto  questo, 
tu  levarai  il  deto  et  dira  Jo  testimonio  Dyo  esser  omnipotente  et 
Maumeth  esser  vero  Mesia  et  quando  tu  nominaraj  dyo  guarda 
versso  il  cielo  et  quando  tu  nominaraj  il  nome  mio  guarda 
verso  la  terra.  Ancora  chiama  te  spesso  in  colpa  del  mal  fare  et 
se  tu  farai  questo  che  te  dice  Dyo  te  lavara  di  toi  peccatj  et  te 
rendera  gran  merito. 

O Haly  Zaschadun  che  se  trovara  nel  servicio  de  dyo  quando 
se  leva  et  quando  tramonta  il  sole  Dyo  lo  absolvera  de  tutj  li 
soi  peccatj  se  ben  fussero  piu  che  lapiega  et  havesse  piu  num- 
mero  che  sabione  et  ceschaduna  perssona  che  ogni  matina  ad 
hora  débita  fara  oratione  Dyo  comandara  che  a quella  pers- 

1.  qn.  : abréviation  de  quando. 

2.  Formule  de  la  profession  de  foi  musulmane,  défigurée  par  le  copiste. 


- 10  — 


sona  li  sia  ascrito  uno  gran  merito  et  chi  non  fara  la  oratione 
debitamente  sara  messo  a star  nel  inferno. 

O Haly  non  far  la  matina  la  oratione  deputada  se  il  zorno  non 
si  condza  schiarirse  se  tu  vol  gran  merito.  Ancora  la  quare- 
sima  fa  che  avantj  zorno  tu  ti  levi  a far  colacione  et  domanda 
gracia  da  Dyo  perche  tuti  li  prophti  hâno  fato  questo  et  hâno 
trovato  gracia  da  dyo. 

O Haly  vasca  il  quai  ogni  venere  se  lavera  tuta  la  sua  pers- 
sona  ; dio  lavara  li  soi  peccatj  et  trovara  merito. 

O Haly  ciascuno  bon  servo  de  dyo  quan.  a la  oration’el  mete 
il  corpo  in  terra  dira  o dyo  guardame  da  la  furia  de  li  quatro 
elementi  del  corpo  perch.  i sono  pericolosi  a l’anima. 

O Haly  non  salutar  coloro  che  beveno  vino  perche  tutj  li 
anzoli  del  paradiso  lo  maledicono.  O Haly  non  salutar  li 
zugadorj  ne  li  usurarij  perche  i contrastano  co’  dyo  et  ogni 
volta  che  dio  mi  manda  l’anzolo  il  me  ricorda  su  questo  fato. 

O Haly  al  tempo  de  la  quaresima  ciascuno  che  se  trovara  a 
far  la  senza  roba  de  mal  acquisto  et  non  dira  mal  del  px°  et 
hara  dyo  sempre  ne  la  mente  altramente  la  quaresima  non 
sara  valida.  O Haly  dopo  fato  pasqua  ciascuno  che  fara  6 giornj 
quaresa  havera  tanto  merito  corne  se  tuto  l’âno  dezunase. 
O Haly  quan  stai  a la  oratione  fa  che  tu  tegni  la  mana  al  pecto 
perche  Jo  ho  visto  le  chori  de  li  anzoli  in  paradiso  liquali  fa- 
ceano  oratione  tenendossi  le  mano  al  pecto. 

O Haly  avanti  che  fu  faci  oratione  contempla  il  nome  a chi  tu 
la  fai  adcioche  il  diavolo  non  te  impedisca  et  ancora  se  sempre 
priego  Dyo  che  guardi  il  mio  populo  da  la  tentacio  del  dia- 
volo. 

O Haly  Dise  l’anzolo  chabrielo  che  se  dyo  lo  havesse  fato 
homo  che  lui  se  adataria  far  septe  cosse:  1°  fara  la  oration’ 
insieme  con  el  populo  a hora  débita  ; 2°  conversaria  con  pers- 
sone  che  intendesseno  meglio  de  luj  le  cosse  de  dyo  ; 3°  anda- 
ria  a visitar  li  amaladi  ; 4°  compagnaria  li  mortj  a la  sepul- 
tura  ; 5°  lezeria  le  cosse  de  dyo  ; 6°  consegnaria  al  proximo  quello 
el  volesse  fusse  fato  a luj  ; 7°  faria  bona  compania  a li  pupili. 

O Haly  fa  che  tu  ancora  reservi  questi  sete  propositi  adcio- 
che tu  non  sij  privato  de  la  gracia  de  dyo.  O Haly  chi  hara 


— 11  — 


compassio  di  pupili  Dyo  comandara  al  anzolo  chabrielo  che  li 
daja  logo  in  paradiso.  O Haly  chi  fara  pianger  li  pupili  fara 
pianger  tuto  il  paradiso,  et  dyo  comandara  ch’  in  lo  inferno  sia 
scaldato  un  logo  dove  sia  messo  culuj  che  li  hara  fato  pianger. 

O Haly  la  piu  presta  cossa  ch.  habia  l’homo  in  la  perssona  è la 
lingua  perch.  condolce  lingua  l’homo  pol  andar  in  paradiso  et 
con  amara  pol  andar  ai  infermo.  O Haly  la  perssona  ch.  réfréna 
la  lingua  del  mal  parlare  conquistara  questo  mondo  et  l’altro. 

O Haly  la  perssona  che  ogni  mese  fara  tre  zorni  de  quares*  : 
el  di  dl.  iudicio  hara  la  faza  corne  la  luna  siando  d.  14giornj. 

La  perssona  ch.  fara  oration’  a dyo  et  non  intendera  la  subs- 
tantia  tal  perssona  sara  corne  s’  el  fusse  in  la  campagna  deserta 
et  non  li  fusse  trozo  dove  il  sapesse  in  quai  loco  Validasse 
siche  le  simile  al  ciecho.  O Haly  ciascuno  che  dira  10  volte  rin- 
gratiato  sia  quell’  idyo  che  me  nuttrisce  et  mantiene  tute  le 
créature  del  mondo  Dyo  li  perdonara  li  soi  peccati.  O Haly  la 
vergogna  se  contiene  co  la  fede  perche  la  vergogna  schiva 
moltj  scandalj. 

O Haly  le  gran  richece  sono  de  picol  merito  perche  le  dis- 
piaceno  a dyo.  O Haly  el  valeno  più  le  orationi  si  fano  de  notte 
che  quelle  si  fano  il  giorno. 

O Haly  ogni  zorno  chiama  tj  in  colpa  ch.  mi  ogni  zorno. 
Ancora  mi  chiamo  (7)  fiate  in  colpa. 

O Haly  ciascuno  che  si  pentira  del  mal  fare  el  di  del  iudico 
se  trovara  una  cortina  tra  luj  et  lo  inferno,  et  sara  seguro  d.  non 
andarge . 

O Haly  non  biasfemar  alchuna  creatura  del  mondo  sia  homo 
o bestia  perch’  a la  fine  quella  biasfema  ritornara  a coluj  che 
biasfemara. 

O Hali  quando  la  perssona  manza  o ha  manzado  s’  el  ha  rin- 
gracia.  dyo  et  quan  el  venere  lascha  lavadadel  mal  fare  se  chia- 
masse  in  colpa  il  di  del  iudicio  senza  esser  examinada  andara 
in  paradiso.  O Haly  il  tropo  dormir  amaza  l’homo  et  fa  lo 
deventar  zalo  et  il  poco  dormir  fa  vivo  lo  animo  et  colorisse  la 
perssona.  O Haly  fa  abstinentia  de  far  peccadi  perch’  el  peccato 
fa  negro  lo  animo  et  apentir  se,  poi  fa  l’animo  vivo  et  incolorise 
la  faza. 


- 12  — 


0 Haly  quando  tu  voj  domandar  una  gracia  domanda  la  a 
perssona  aliegra  perche  l’anemo  de  tal  perssona  è neto.  O Haly 
chi  disprezara  questo  mondo  il  di  del  iudicio  el  passara  el 
ponte  de  gracia  el  quai  va  in  paradiso  presto  corne  la  saita  1 
quando  la  è trata  et  andara  in  paradiso.  O Haly  la  perssona  che 
desidera  cosse  di  mal  acquisto  sara  in  disgracia  de  dyo. 

O Haly  chi  dara  da  manzare  a lo  affamato  dyo  li  perdonara 
ogni  gran  peccato.  O Haly  ciascuno  che  se  contentara  del  ben 
et  del  male  datto  da  dyo  Dyo  si  contentara  de  luj.  O Haly  quan. 
una  perssona  te  domandara  un  servicio  attendi  a fargelo  più 
presto  tu  poi  perch  dyo  te  rendera  in  cambio  70  servicij. 

O Haly  honora  il  forastiero  et  fa  li  bona  compania.  perch. 
dove  va  il  forestiero  la  roba  abonda.  O Haly  quan.  un  forastiero 
ariva  in  una  casa  tutj  li  peccadi  de  quelle  perssone  d.  quella 
casa  se  levano.  perch.  dyo  comanda  quelli  peccatj  esser  gittati 
in  mare.  O Haly  quan.  dyo  vol  mandar  qualch.  disgracia  a 
qualche  uno,  prima  el  ge  leva  lo  andar  de  forastieri  in  casa. 

O Haly  no.  guardar  a li  toi  superiori  Ma  guarda  a li  inferiorj 
acio  ti  vegna  da  ringraciar  dyo  de  quello  tu  te  trovj  havere. 
perch.  ogni  cossa  è data  da  luj.  O Haly  no  haver  odio  ad  al- 
chuno  perche  il  diavolo  se  aliegra.  O Haly  leva  te  avanti  de  li 
slropiadj  perche  dyo  li  exaudisse. 

O Haly  no.  te  usar  a tuor  sacramento  perch’  el  vien  a manchar 

la  reputacio  et  ( ) ancora  la  fede,  salvo  se  tu  non  lo  vo- 

lesse  abstenir  te  da  qualche  vicio  et  fer  sperzuro  sopra  de 
quello. 

O Haly  versso  sera  non  dormire  perch.  el  seguadagna  per 
quello  a soj  malj.  et  quan.  tu  ori  no  guarda  versso  il  sole  perch5 
el  se  discaze  di  honôr.  O Haly  quando  tu  liai  pisado  se  tu  non 
trovj  piera  no  te  forbir  con  altro  che  con  terra  over  sabion  2. 

O Hali  no.  portar  la  camisa  roversa  et  stagando  in  piedi  no.  te 
meter  la  muanda  perch.  el  vie.  da  poco  Seno.  O Hali  verso  il 
soleovero  versso  la  luna  no  mostrar  il  tuo  dorsso  nudo  perche 
intraviene  vergogna  et  ancora  lo  homo  sevenaglona.  Non  te 


1.  Saita  pour  saetla. 

2.  Sabion,  usage  juif  aussi. 


— 13  - 


tagiar  ancora  le  ongie  con  li  dentj  perch.  ladvien  poverta  et 
ancora  stando  no.  te  conzar  il  fazol.  in  testa. 

O Haly  fra  Gambeli  et  muli  no  passare  perche  l’adviene  de 
moltj  mali,  ancora  no  butar  cossa  ch.  se  manza  in  ne  in  loco 
dove  se  fa  la  oratione  perche  l’adviene  gran  danno  et  gran 
peccato.  O Haly  no.  guardar  li  secretj  altruj  et  li  toi  no.  li  mos- 
trarad  alchuno,  perche  dyo  ha  maledeto  coluj  che  mostra  li  soi 
secreti. 

O Haly  quando  tu  hai  comenzata  la  oratione  Non  parlar  a 
nisuno  fino  che  non  la  hai  finita  perche  è pericolo  de  morte  e da 
timoré.  O Haly  no  te  sperzurar  troppo  perche  l’adviene  poverta. 

O Haly  no  schizar  co  li  amicj  perch.  el  fa  inimicicia.  Ancora 
honora  il  tuo  vicino  che  Dio  tihonoratj.  O Haly  no.  caminar  con 
alegreza  se  tu  non  voi  esser  inimico  de  dyo.  O Haly  non  andar 
inCamino  solo,  perch.  l’adviene  de  moltj  casi  : Ancora  no.  sen- 
tar  al  foco  essendo  scuro  et  no  manzar  al  scuro  perch’  el  dia- 
volo  vien  et  manza  insieme.  Ancora  quando  tu  manzi  fa  li  bo- 
coni  pizoli  perch.  el  ge  è gran  pericolo.  Ancora  no.  te  terassano 
de  cossa  che  le  inanchi  perch.  il  darsse  affano  è cossa  inutile. 

O Haly  quando  tu  sei  per  far  una  cossa  avanti  che  tu  la  prin- 
cipe consegia  te  con  altrj  et  la  tua  intentione  andara  bene. 
O Haly  no  esser  superbo  perch.  dyo  nontomali  superbi  et  quando 
dyo  ode  parlar  co  superbia  fievrosa.  O Haly  no  parlar  a nisuno 
li  toi  secretj  se  ben  fusse  tuo  amico  caro  perche  tempo  poria 
venire  che  séria  inimico  et  il  pentire  dapoi  non  vale. 

O Haly  no.  longar  la  lingua  a li  toi  menorj.  Ancora  li  toi 
schiavi  et  schiave  no.  tenir  con  dispresio  et  no  li.  smachar  et 
quando  ge  comandi  no.  ge  comandar  con  rebufo.  Ancora  no. 
esser  causa  d’impoverir  quelli  che  te  serve,  anci  da  ge  favor  de 
far  bene.  Ancora  fa  honor  a li  toi  forestieri  se  ben  fusseno  in- 
fideli  perche  dyo  ama  li  forestieri,  et  manda  li  achj  esso  ama 
siche  El  sede  far  reverentia  a li  forestieri. 

O Haly  fa  che  tu  sij  fidele  a coloro  che  te  darano  roba  in 
salvo  et  ciascuno  che  si  contentara  d.  quello  li  sara  dato  de 
dyo  sara  exaudito  da  Esso.  Anchora  fa  che  tu  sij  fidele  in  la 
testimonianza  che  tu  faraj  perche  se  tufarai  altramente  tu  serai 
degno  de  morte. 


- 14  — 


0 Haly  quan.  tu  te  comenci  a vestire  over  tu  comenci  altra 
cossa  simille  ogni  flatta  di  al  nome  de  dyo  et  quan  tu  intrj  in  lo 
tempio  porzi  il  pede  dextro  avanti  et  poi  di  in  nome  di  dyo  et 
testimonieraj  esser  solo  omnipotenteet  mi  esser  servovero  Mes- 
sia.  O Haly  fa  che  ogni  zorno  tu  digi  gia  fin  che  vol  dire  l’officio 
di  mortj  et  dyo  sara  contento  de  tj.  O Haly  ciascuno  dira  il 
« lachar  furessi  » il  venere  de  sera,  cioè  una  oration  che  se 
dise  il  venere  de  sera  dyo  mandar  un  splendor  adosso  de  coluj 
il  quale  sara  splendor  corne  una  colona  che  tocara  dal  cielo  in 
terra  et  quella  tal  persona  sera  sempre  piena  di  splendor. 

O Haly  chiamaratj  spesso  in  colpa  et  ricordaratj  de  mj  et  di- 
raj  queste  orationi  lequale  non  se  scriveno  perche  sarebbe 
tropo  da  dire. 

O Haly  sono  sete  companie  quai  intrarano  in  paradiso  senza 
esser  examinade  il  di  del  iudicio  : la  la  di  coloro  ch.  se  chia- 
marono  spesso  in  colpa;  la  2a)  di  coloro  che  darano  Elemosina 
sécréta;  la  3a)  de  colo.  che  temerano  far  male;  la  4a)  di  coloro 
che  si  trovarano  far  oratione  do  hore  avanti  zorno;  la  5a)  de 
quelli  sarano  pacientj  a le  adversita  ; la  6a)  de  quelli  pianzerano 
il  teror  de  dio  contra  li  malfatorj;  la  7a  de  quelli  demarano  li 
savij  de  la  leze.  O Haly  colui  il  quale  sparagnara  da  lieri  a ozi 
per  far  roba  et  non  sovenir  il  prox0  colui  è rebello  de  dyo  et  sa- 
ria  meglio  tal  perssona  esser  morta  che  esser  nata. 

O Haly  chi  non  credesse  che  la  abstinentia  fusse  utile  saria 
senza  fede.  O Haly  adorar  dyo  non  vale  senza  scientia.  O Haly 
quan  tu  manzi  fa  li  boconi  pizoli  et  masticali  bene  et  il  paslo 
si  convertira  in  utilita  et  non  in  dano  ne  periculo. 

O Haly  non  chiamar  li  Zudei  p.  altro  nome  che  per  zudio. 
O Haly  ciascuno  sera  rebello  a la  Mecha  o ali  di  quanto  li  fa- 
rano  vivi  non  li  haver  remissione.  Ma  combati  con  ellj  perch’ 
essi  combateno  con  dyo.  O Haly  chi  guidara  un  orbo,  dyo  li 
perdonara  cento  milia  peccatj.  O Haly  quando  tu  te  vestirai  da 
novo,  da  li  pani  vechi  a poveri  adcioch’  al  di  del  iudicio  tu  non 
habi  a seder  raso  a dyo.  O Haly  s’el  tuo  prox°  te  domanda  so- 
corsso  soccori  lo  senza  falo. 

O Haly  quando  è l’hora  de  la  oratione  fa  che  tu  sij  di  primi 
et  trovaraj  asai  merito.  O Haly  ogni  perssona  si  ha  quatro  vene. 


- 15  - 

zioè  la  vena  de  la  mateza,  la  vena  de  la  vechieza,  la  vena  de  la 
superfluita  et  la  vena  del  ciecho. 

O Haly  da  une  che  è rebeilo  non  se  trova  promessa  che  sia 
adesa  da  un  buxaro  non  se  trova  utilita  et  da  invidioso  non  se 
trova  Misericordia.  O Haly  chi  fano  la  quaresa  hano  doi  alegrece 
una  per  lo  merito,  l’altra  fazendo  la  quaresa  con  cibi  che  siano 
de  bon  acquisto  haverano  alegreza  del  paradiso. 

O Haly  li  veri  servi  de  Dyo  hara  tre  virtu  : pa  viverano  senza 
macula  ; 2a  starano  in  bona  coscienza;  3f  farano  oration’  ad  hora 
débita. 

O Haly  meti  te  in  li  ochi  del  surme  et  multiplicarai  la  vista.  O 
Haly  el  surme  è una  polvere  negra.  O Haly  fa  ch’  una  volta  la 
setemana  tu  te  tagii  le  ongie  et  ogni  (20)  zorni  de  luna  te  lavi  li 
pelli  de  la  perssona  et  li  pedi  et  sera  di  meglio. 

O Paly  quan.  lezerai  l’alcoran  dimanda  gracia  et  serai  exau- 
dito. 

O Haly  se  tu  voi  che  la  tua  roba  multiplichi  lezi  l’alcoran. 

O Haly  ogni  cossa  créa  co’  causa,  la  causa  ch’è  esser  in  gracia 
de  Dyo  et  far  bene  et  a far  male  . è.  in  desgracia  de  Dyo. 

O Haly,  Dyo  senza  falo  dara  gran  tormento  a due  companie  : 
una  sara  li  ladri,  l’altra  li  falssi  sacerdotj.  O Haly  chi  dira 
200  psalmi  de  l’alcoran  sara  de  li  amici  de  Dyo;  et  chi  lezera 
l’alcoran  et  non  discernera  il  ben  viver  dal  male,  il  di  del  iudi- 
cio  coluj  sera  menato  senza  ochi  nel  inferno. 

O Haly  quan  tu  farai  uno  servicio  al  prox°  tuo,  fa  Jo  ch’  sia 
in  piacer  de  Dyo,  et  coloro  che  vorra  converzer  la  verita 
con  il  falso  il  di  del  iudicio  li  sera  messo  al  colo  zogie  di  foco 
zioè  70  p.  uno  dequelli  et  se  una  di  quelle  zogie  di  foco.  O Haly 
da  bona  fama  a toi  fîlioli  et  retiene  le  dà  la  libidine  asai. 

O Haly  no.  manizar  Galo  biancho  perche  ’l  è mio  inimico. 

O Haly,  la  uva  negra  (overo  salvatica)  da  vigor  da  perssona  et 
conssuma  la  filegma. 

O Haly  insegna  a le  tue  done  la  oracion  del  spirito  santo  et  de- 
chiara  ge  quello  vol  dire.  O Haly  torrai  la  xa  da  li  richi  et  dara 
la  a li  poveri  et  non  donandola  de  volunta  tolila  per  forza  et  con 
quellj  non  conversarne  li  salutar  et  no.  tor  il  saluto.  O Haly  in 
quella  casa  ove  sera  caxedo  melle  et  uva  negra  in  quella  casa  li 


— 16  - 


alti  anzoli  ge  intrarano  volentiera.  O Haly  in  quella  casa  Dove 
è imagine  cantj  instrumeti  et  vin  e done  et  non  vi  è fores- 
tiero  in  quella  casa  gli  anzoli  non  ge  habitano. 

O Haly  no.  menar  stragi  in  casa  perche  le  sono  causa  d.  molti 
malj. 

O Haly  maniza  granata  assai  perche  li  conservano  la  sanita.  O 
Haly  tagia  il  melon  dal  cavo  et  descoverzerai  le  macule.  O Haly 
quando  tu  manzi  datali  no.  butar  via  li  ossi.  Ma  fa  di  pater  nos- 
tri  et  haraj  merito  assai.  O Haly  no.  manzar  carne  troppo  grassa, 

perche  la  conturba  l’animo.  O Haly  quando  tu  ( ) di  mi 

ringracia.  sia  dyo  omnipotente  : O Haly  quan.  vai  in  viazo  di 
nove  volte  giassanche  . è . un  psalmo  del  Alcoran  et  non  haraj 
paura  che  alcuna  persona  te  noya.  O Haly  quan.  harai  paura  de 
qualche  tuo  nemico  dimi  queste  parole  : O anzolo  Ghabriel 
o Anzolo  Michael,  o Dyo  de  Abraam,  e Samuel 1  2,  o vera  leze  de 
David,  de  Moyse,  de  Ghristo  et  Maumeth,  defende  mi  da  ogni 
pericolo  et  sarai  salvo  e seguro. 

O Haly  il  luni  de  note  et  mercore  de  note  non  usar  con  dône 
perch.  facendo  fîglio  sara  costionero.  O Haly  la  notte  de  pasqua 
non  usar  co’  dona  perche  sel  nascera  fio.  maschio  dara  fas- 
tidio  al  padre  et  a la  madré.  O Haly  stagando  verso  il  sole  in 
pie  no  usar  co’  dona  perche  sel  nascera  un  fio.  pisara  in  leto 
spesso. 

O Hally  quan.  tu  usi  co'  la  dona  no  parlar  et  no  li  guardar  in 
la  natura  perche  s’el  nascera  fîglio  sera  muto  over  cieco. 

O Haly  no.  usar  co’  dona  soto  arbero  fructifero  perche  sel  nas- 
cera fîglio  el  sera  crudele.  O Haly  fora  de  la  oracione  fino  a la 
fine  Non  usar  co’  dona  perche  sel  nascera  fîglio  sara  grand  usu_ 
raro.  Et  ogni  volta  che  tu  voi  usar  con  dona  dirai  : al  nome 
de  dyo  altramente  el  diavolo  sera  présente  a quel  fatto  et  per  tal 
causa  procédé  che  moite  flatte  le  créature  nascono  stropiade  et 
senza  membrj.  O Haly  quan.  la  dona  ha  il  suo  male  no  usar 

1.  Gabriel  et  Michel.  Le  nom  de  ces  deux  anges  revient  le  plus  souvent  dans  le 
Coran  : aussi  bien,  c’est  Gabriel  qui  l’a  apporté  du  haut  du  ciel.  Les  Musulmans 
croient  non  seulement  en  Dieu,  en  la  révélation,  en  la  prédestination,  au  juge- 
ment général  et  aux  prophètes,  mais  aussi  aux  anges. 

2.  Abraham,  Samuel,  sont  les  noms  le  plus  souvent  cités  dans  le  Coran,  parmi 
les  prophètes. 


- 17  — 


con  essa  perche  se  nascera  figlio  el  sera  mal  sano  et  in  pericolo 
de  esser  leproso. 

O Haly  a luce  di  luna  over  di  Stella  essendo  in  loco  discoperto 
no.  usar  co’  dona  perche  nascendo  un  figlio  sara  infidèle.  O Haly 
la  sera  de  la  matina  tj  volessi  andar  in  viazo  Non  usar  co’  dona 
perch’  il  figlio  sara  disipator  de  roba  : et  quan.  tu  te  forbi 
dapo  el  fatto  no.  te  forbir  co’  peza  vechia  perche  l’amor  che  è tra 
fhomo  e la  dona  se  perde  et  intraviene  separacione.  O Haly  li 
venere  de  notte  usaraj  co’  la  tua  dona  perche  se  nascera  un  figlio 
sara  d‘°  d’inzegno.  O Haly  usa  co’  la  tua  madona  anchora  il 
sabato  de  notte  perch.  el  fio.  che  nascera  sara  sacerdote.  O Haly 
ciascuno  che  di  zoba  avanti  mezo  zorno  usase  co  la  dona,  il 
figlio  che  nascera  sara  piacevole,  bon  et  di  bona  conscientia  et 
tanta  sera  la  sua  bonta  che  il  diavolo  scampara  da  luj. 

O Haly  ciascuno  ch’l  venere  avanti  mezo  di  usara  co’  la  sua 
dona  nascendo  fio  sara  de  mente  neto  et  disprezara  il  mondo  et  a 
la  fine  morira  per  la  fede. 

O Haly  tu  observaraj  questo  testamento  ch’io  lo  ho  observado 
da  lo  Anzolo  Gabrielo  et  l’anzolo  Gabriello  l’ha  observado  da 
dyo.  Ancora  tj  observalo  et  ciascuno  che  lo  observara  et  senzera 
p.  esso  per  ogni  loco  ove  andara  sara  honorato  et  dyo  vi  porzi 
gracia  et  saretj  contentj. 

Rescrito  past.  per  maistro  Zua.  Jac°  Bartholoto  da  parma  1. 
in  Venetia  1518  Alj  27  lugio  et  Jo  lo  rescrisj  poi  a li  18  otto  1538  2. 


1.  Zuan  Jac°  Bartholoto,  copiste  de  la  traduction  du  testament  de  Mahomet  à 
Ali,  par  Angiolello.  Il  était  de  Parme,  médecin.  Voir  folio  129  du  recueil  vénitien, 
qui  renferme  la  copie  de  cette  traduction. 

Pour  la  biographie  du  traducteur  de  ce  testament  de  Mahomet,  voir  notre 
thèse  de  doctorat  : « Essai  sur  la  vie  et  l’œuvre  d’Angiolello  dit  Jean  le  Vicentin 
(1452-1525).  » En  vente,  chez  M.  Charpentier,  43,  rue  de  Fleurus,  Paris  (VIe). 

2.  Les  points  de  suspension  entre  parenthèses  indiquent  un,  deux  ou  trois 
mots  indéchifîrés. 


2 


NOTE  PRÉLIMINAIRE  AU  VIAGGIO  INEDITO 

AUTREMENT  DIT  A L’EXPEDITION  DE  NEGREPONT 

De  Fr.  et  J.  M.  Angiolello 


Le  26  avril  1881,  à l’occasion  des  « faustissime  nozze  » de 
M.  Lampertico  (fils  du  sénateur  Fidele  L.)  avec  Mlle  Laure 
Balbi,  Andrea  Capparozzo,  alors  bibliothécaire  de  Vicence,  a 
édité  pour  la  première  fois,  chez  Staider,  le  manuscrit  italien 
n°  32.  Ce  document  relate  le  voyage  de  François  et  de  Jean- 
Marie  Angiolello,  de  Vicence  à Venise,  à Négrepont,  à Constanti- 
nople. Capparozzo  l’a  publié  avec  une  notice  sur  Jean-Marie, 
sous  ce  titre  : « Délia  vita  di  Gio.  Maria  Angiolello  etdi  un  suo 
inedito  manoscritto  » (Vicenza). 

Le  manuscrit  vicentin  n°  32  (Bertoliana  B.)  n’est  pas  un 
autographe,  mais  une  copie  en  cursive  ; il  mesure  296  millimètres 
de  haut  et  219  de  large. 

Imprimé  à un  très  petit  nombre  d’exemplaires,  et  distribué 
en  présent,  il  n’est  plus  en  librairie  et,  par  suite,  il  est  très  dif- 
ficile à trouver.  Cette  brochure  de  vi-46  pages  figure  à la  biblio- 
thèque « Saint-Marc  de  Venise  » dans  un  recueil  de  voyages 
qui  a pour  titre  : « Miscellanea  storia  civile  Geograf.  n°  3418.  » 

Nous  l’avons  reproduit  en  respectant  jusqu’aux  incorrections, 
et  aux  formes  propres  au  dialecte  vénitien  que  présente  le 
texte.  Dans  la  petite  notice,  qui  précède  l’édition  du  manuscrit, 
l’on  retrouve  ce  que  savaient  d’Angiolello  les  historiens  du  xvne 
et  du  xvme  siècle. 


- 20  - 


Corne  l’anno  1468  Jo.  Francesco  et  Gio.  Maria  mio 
Fratello  deglo  Anzolelli  Vicentini,  partimo  Da  Vi- 
cenzo  1 A’  Di  5 Agosto  per  lo  Viaggio  di  Negroponte, 
Et  quello,  Che  Ne  Incontra  fino  Alla  Ritornata. 

Alli  d5  d’Agosto  il  giorno  délia  Madonna  si  levassimo  dal 
Porto  di  Venetia  2,  et  il  giorno  seguente  si  levô  una  fortuna 
grandissima,  la  qualè  duré  dal  marti  di  notte  fin’  alla  zobia,  et 
venne  una  saetta  che  intacco  l’arbore  délia  Nave,  et  ammazzù  il 
Botter,  il  quale  si  ritrovava  in  sentina,  et  era  il  tempo  tanto 
oscuro  che  mal  si  conosceva  il  giorno  dalla  notte;  alla  fine 
mediante  l’aiuto  d’Iddio,  si  fece  bonazza  ; et  ritornati  al  predetto 
Porto  fu  messo  il  morto  in  terra,  et  racconsi  li  mancamenti 
délia  Nave  di  novo  si  levassimo  per  seguitar  il  viaggio  nostro, 
et  in  giorni  otto  giungessimo  a Modone  3,  et  ivi  dimorassimo  circa 
in  mese,  poi  montassimo  sopra  una  Galea  sottile,  Patron  Mess. 
Giacomo  Nani  4,  et  alli  26  di  settembre  giungessimo  a Negro- 
ponte 5 et  essendo  stati  circa  un  anno  a Negroponte  in  questo 
tempo  era  Capitano  dell’  armata  di  San  Marco  Mess.  Nicolo  da 
Ganale  6,  et  alli  12  di  settembre  il  prefato  si  levo  con  l’armata 


1.  Vicence  (Vicentia,  Vicentina,  Vicenza),  à soixante-quinze  ou  quatre-vingts 
kilomètres  ouest  de  Venise,  cité  vénitienne  (de  1404  à 1797),  sauf  un  léger  inter- 
valle, au  commencement  du  xvie  siècle  (voir  la  topo-bibliographie  d’Ulysse 
Chevalier). 

2.  Venise  (Venetia,  Venezia),  l’antique  ville  des  Doges.  Au  xve  siècle,  l’une  des 
premières  puissances  de  l’Europe  chrétienne.  Elle  a pu  s’appeler  avec  raison  la 
« Dominante  » (voir  les  chroniques  et  les  histoires  des  historiographes  officiels  et 
la  topo-bibliographie  d’Ulysse  Chevalier). 

3.  Modon  (Mothon  dePausanias,  Moudon  de  B.  de  la  Broq.,  p.  8.  — Méthone  de 
Spandouyn,  p.  326  et  n.).  Ville  située  à six  milles  de  Navarin.  Elle  fut  vénitienne 
de  1124  à 1498  et  fut  enlevée  par  les  Turcs,  le  26  août  (98)  (voir  la  description 
de  Modon,  par  Spand.,  p.  38,  181  n.,  302  n.  — Du  Fresne  Canaye,  éd.  p.  H. 
Hauser,  p.  179  et  n.,  et  p.  Leake  : « Morea,  » t.  I,  p.  429). 

4.  Nani,  famille  patricienne  de  Venise,  illustrée  par  celui-ci  et  aussi  par  un 
ambassadeur  et  historien  du  xvue  siècle,  « J. -B.  Félix  ». 

5.  Négrepont  (Euripo,  Eubea,  île  séparée  de  l’Hellade  par  le  canal  de  Négre- 
pont,  anciennement  Euripe).  Cette  île  fut  vénitienne  de  1210  à 1470,  turque  de 
4470  à 1821  ; elle  est  grecque  depuis. 

6.  Nie.  da  Canale,  cet  amiral  vénitien  qui  saccagea  Enos  en  1469,  perdit  l’ile  de 
Négrepont  (1470).  11  n’échappa  à la  mort  que  grâce  à l’intervention  du  pape 
Paul  II.  Il  fut  relégué  à Porto-Gruero. 


— 21  — 


da  Negroponte,  la  quai  armata  era  ben  ail’  ordine  e fornita  di 
Stradiotti  et  Sollevati  parte  di  loro  a Napoli  di  Romania  *,  altri 
vennero  di  Turchia 1  2,  Coron  3 et  Modon,  et  parte  da  Negroponte, 
et  con  tal  Armata  andarono  et  presero  un  castello  del  Turco,  il 
quai  Castello  è chiamato  Eno  4,  et  dapoi  saccheggiando,  fu 
bruciato,  et  quelli  che  furono  presi  maschi  et  femine  furono  me- 
nati  a Negroponte  con  grandissimi  trionfi  et  allegrezza  delli  nos- 
tri,  et  ivi  furono  vendute  più  sorte  di  robe,  corne  tapezzarie, 
ori,  argenti,  gioie,  lequali  erano  la  maggior  parte  di  Cristiani 
Greci,  li  quali  furono  lasciati  in  liberté. 

Dapoi  condotti  a Negroponte  li  Turchi,  che  non  erano  tanti, 
furono  fatti  schiavi. 

Intendendo  il  Gran  Turcho  il  danno  ricevuto  da’  Cristiani  cercô 
de  farne  crudel  vendetta  ; et  comando  a sua  possanza  per  terra, 
et  Armata  per  mare,  et  Lui  in  persona  vienne  per  terra,  et  fece 
capitano  délia  sua  armata  Maumud  Bassa  5 ch’  era  il  primo 
huomo  che  avesse  il  Turco  in  questo  tempo  : la  detta  Armata 
era  Galere  sotile  et  quattro  Galeazze,  et  altri  Navilii  sino  al  nu- 
méro di  300.  Alli  di  Giugno  1470  giunse  l’armata  del  Gran 
Turco,  et  mossero  subito  senza  alcun  contrastoad  un  luogo  detto 
il  Turcoo  appresso  la  bocca  del  Porto  chiamato  lo  stretto  di  San 
Marco,  lontano  délia  Terra  circa  un  miglio.  In  quell’  hora  us- 
sirono  délia  Terra  circa  200  persone  con  alcuni  a cavallo,  et 


1.  Napoli  di  Romania  (Nauplie,  ville  forte  de  Morée,  6,000  habitants;  elle  a été 
capitale  de  la  Grèce  jusqu’en  1832;  elle  comptait  alors  30,000  habitants).  Malgré 
un  siège  héroïque  (1537-1538),  Venise  dut  céder  cette  place  aux  Turcs  en  1540. 

2.  Turchia.  La  Turquie  comprenait,  vers  1470  : la  Turquie  d’Asie  et  presque 
toute  la  péninsule  balkanique.  Réduire  celle-ci  sous  son  sceptre,  fut  la  politique 
de  Mohammed  II.  A sa  mort  (1481),  Constantinople  était  la  capitale  de  l’Islam,  le 
Bas  Empire  était  détruit,  l’Albanie  et  l’Épire  subjuguées,  l’Asie  Mineure  tout 
entière  réduite.  De  plus,  l’État  possédait  une  organisation  complète  régie  par  le 
Kannoun  Nameh,  loi  fondamentale. 

3.  Coron  (Colonis),  ville  située  sur  le  golfe  de  même  nom,  ou  golfe  de  Messénie, 
à vingt  kilomètres  est  de  Modon.  Elle  constitue  une  ville  forte  de  Morée.  Son  port 
est  peu  sûr  (voir  Spand.,  p.  143). 

4.  Eno  (Enos,  Inos,  Ænos),  ville  située  près  de  l’embouchure  de  la  Maritza, 
7,000  habitants,  enlevée  par  Nicolo  da  Canale  en  1469  (voir  coll.  Schefer,  t.  XII, 
p.  173).  Elle  appartenait,  au  xv*  siècle,  aux  Gattilusio,  tributaires  des  princes 
ottomans. 

5.  Maumud  B.,  vizir  et  favori  de  Mohammed  II,  se  signale  en  Serbie,  à Trébi- 
zonde,  à Lesbos,  prend  Sparte,  Négrepont,  jalouse  « Chas-Amurat  » ; cf.  Guil- 
let,  passim,  et  sa  mort,  II,  223. 


- 22  - 


ammazzarono  alquanti  Turchi,  et  portarono  alla  terra  12  teste, 
et  delli  Gristiani  solo  uno  ne  fa  morto,  il  quale  volse  restar  dopo 
gli  altri  per  dispogliar  un  Turco  morto.  Alli  13  detto,  li  Tur- 
chi fecero  un  ponte  con  Fuste  et  Palendarie  a tra verso  il  pre- 
detto  Lago,  detto  lo  stretto  di  S.  Marco. 

Finito  il  ponte  alli  15  detto  gionse  il  Gran  Turco  con  grand’ 
esercito  a piedi  et  a cavello,  et  moltitudine  di  Gambelli  carghi 
di  cose  necessarie  a tal  armata  ; et  il  Gran  Turco  et  parte  delT 
esercito  passo  il  ponte,  et  con  ordine  compartirono  la  sua  giente 
in  un’  Isola,  et  luoghi  circostanti  alla  Terra,  et  misero  la  detta 
Terra  in  estremo  assedio. 

Scaricate  le  artigliarie,  alli  17  detto  furono  tirate  con  gran 
mortalité  di  quelli  che  tiravano  ; per  Tartigliarie  tirate  dalli 
nostri  délia  Terra  fra  il  giorno  et  la  notte  ne  furono  tirate  et 
messe  in  diversi  luoghi,  dove  potessero  far  maggior  danno.  In 
prima  fu  posto  al  nome  del  Gran  Turco  una  bocca  grande  et 
3 morteri,  i quali  erano  molto  grandi  tal  che  la  pietra  che  usciva 
da  quelli  era  di  spane  12  di  circuito,  ancora  con  quelli  si  tira- 
vano fuochi  artifîciali,  onde  le  persone  erano  in  gran  terrore 
per  la  gran  confusione  di  quelli,  et  moite  persone  non  si  assi- 
curavano  d’andar  nelle  case,  ma  si  riducevano  al  circuito  délia 
Terra  verso  le  mura  ; perche  tiravano  la  più  parte  al  mezzo  délia 
Terra,  le  altre4  bocche  tiravano  ad  un  rivelino,  detto  lo  Stretto, 
et  scorrevano  tutta  la  facciata  del  Burchio  perfino  al  Tempio. 

Ancora  ne  furono  poste  sinq’  altre  bocche  dalla  parte  di 
Santa  Chiara,  che  rispondevano  pur  al  rivelino  del  Tempio 
fin  alli  Molini  dov’  era  il  ponte  levatore  del  Castello  ; ancora  ne 
furono  messe  tre  altre  bocche  in  terra  ferma,  che  risponde- 
vano pur  al  tempio  fin  al  Castello  et  tiravano  anco  da  una 
parte  del  Castello,  et  dall’  altra  parte  del  Castello  appresso 
il  Porto,  ne  furono  post’  altre  bocche,  le  quali  rispondevano 
ail*  Arsenale  et  alla  facciata  del  detto  Castello  insino  dov’  era 
la  Pescaria  che  confina  con  la  Zudeca,  et  tutte  queste  XI 
bocche  furono  piantate  al  nome  di  Murat  Bassa  *,  Capitano 

1.  Murat  B.,  p.  Mourad  P.  appelé  : « Chas-Amurat  »,  par  Guillet  « Chas  = le 
bien  fait  »,  surnom  turc);  de  la  maison  des  Paléologue,  favori  de  Mohammed  II, 


— 23  — 


y 


di  tutta  la  gente  d’arme  del  Gran  Tarco  délia  Romania  *. 

Depoi  ne  furono  poste  altre  8 bocche  grosse,  che  la  pietra 
che  usciva  da  quelle  era  spanelO  di  circuito,  et  furono  piantate 
sopra  una  ponta  verso  la  bocca  del  Porto,  le  quali  rispondevano 
al  rivelino  del  Burchio,  che  teneva  tutta  la  Zudeca  ; et  queste 
8 bocche  si  tiravano  a nome  di  Maumud  Bassà  Gapitano  delP 
armata  del  Turco,  et  a questo  modo  stavano  l’Artiglierie  attorno 
la  Terra,  di  modo  che  le  mura  non  potevano  durare,  et  rima- 
sero  in  più  luoghi  rovinate,  et  cosi  dalla  parte  del  Burchio  fino 
dove  teneva  la  Zudeca,  et  per  tante  artigliarie  et  spessi  tiri  di 
quelle,  non  si  poteva  far  ripari,  che  durassero,  essendo  uscisi 
molti  dei  noslri  da  quelle;  perché  scorrevano  per  tutta  la  Terra 
per  lungo  et  per  traverso,  che  le  persone  non  si  potevano  schi- 
fare,  ma  convenivano  perire.  Tuttavie  sollecitando  la  gente 
Pagana  con  spingarde,  schioppetti  et  freccie  assai  si  appros- 
simavano  con  li  gradizzi  et  ripari  à luoghi  rovinati  per  esser 
alL’  ordine  a dar  le  battaglie.  Alli  29  Giugno  il  Giovedi  di  notte 
circa  due  ore  avanti  giorno  si  comincio  un  gran  rumor  di  tam- 
buri,  et  gnacare,  et  molti  altri  istromenti,  i’  quali  si  usano  in 
Pagania  et  con  gran  strepiti  di  voce  tutti  gridando,  assaltarono 
la  Terra  da  più  bande,  et  si  cominciarono  una  battaglia  gene- 
rale : la  quale  durô  délia  predetta  hora,  per  fin’  a 14  bore  del 
giorno,  et  li  Gristiani  con  ordine  si  difesero,  et  ammazzarono, 
et  ferirono  gran  quantité  di  Turchi  con  molti  Gristiani.  Final- 
mente  furono  rotti  li  Turchi.  Vedendo  il  Gran  Turco  la  molti- 
tudine  délia  sua  gente  morta,  comando  che  la  battaglia  ces- 
sasse, et  pur  tuttavia  Tartigliarie  lavoravano  con  gran  danno 
delli  Gristiani. 

In  quel  tempo  si  ritrovo  per  Bailo  délia  Gitta  di  Negroponte 
Mess.  Polio  Erizo  2 et  Gapitano  Mess.  Hierolamo  Calbo  3 et 

mort  en  1473.  Cf.  Vie  de  Mohammed  II,  par  Guillet,  l.  II,  p.  208  et  220;  N.  Jorga, 
II,  201  et  202. 

1.  Romania  (Roumélie)  : pour  les  géographes  orientaux,  toute  la  partie  euro- 
péenne de  l’empire  ottoman.  Ce  nom  signifie  pays  de  Roum  ou  de  Rome. 

2.  Erizo.  Les  Erizzi  = noble  famille  vénitienne.  Paulo  Erizzo,  victime,  ainsi  que 
sa  fille,  de  la  cruauté  du  Conquérant  (1470)  ; illustrée  aussi  par  Séb.  Erizzo  (Eri- 
cius),  littérateur  et  antiquaire  vénitien,  1522-1585,  et  par  François,  doge  de  1632 
à 1645,  qui  mourut  au  moment  où  il  allait  secourir  Chypre,  assiégée  par  les  Turcs. 

3.  Calbo,  voir  Sabellico,  trad.  L.  Dolce  et  Sanuto,  ap.  Muratori,  XXII. 


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Camerlingo  Mess.  Andrea  Zane  *,  et  vi  era  Mess.  Zan  Bondi- 
miero 1  2,  il  quai  era  stato  Gapitano  et  poco  avanti  l’assedio 
hebbe  cambio  dal  predetto  Mess.  Hierolamo  et  non  si  puotè 
partire,  ancora  vi  era  venuto  in  suo  cambio,  et  lui  per  andare 
a Venetia  era  gionto  a Negroponte,  et  non  si  puotè  partire  ; an- 
cora vi  era  altri  gentiluomini  Venetiani  et  alcuni  nativi  nella 
detta  Gittà  di  Negroponte. 

Era  Gapitano  di  400  Fanti  Tomaso  Schiavo  3,  il  quale  fu 
traditore,  corne  di  sotto  si  dira.  La  Gittà  era  ben  popolata  di 
persone  ricche  et  grossi  mercanti,  et  era  abbondante  di  vettova- 
glie  d’ogni  sorte,  corne  di  pane,  vino,  carne,  pesse,  et  salvati- 
cine  assai,  tal  che  era  in  grandissimi  trionfi,  et  ricchezze.  Ora 
intenderete,  il  tradimento  che  fece  il  detto  Tomaso  Schiavo  Ga- 
pitano délia  Fantaria. 

Tomaso  Schiavo  era  valente  délia  sua  persona,  ma  non  era 
huomo  da  si  fatta  impresa  corne  quella  di  Negroponte,  et  per 
haver  alcuni  suoi  parenti  con  il  Turco,  trovandosi  in  cosi 
grand’assedio,  corne  era  il  sforzodel  Turco,  dubito,  et  penso  se- 
cretamente  di  mandar  un  messo  al  Gran  Turco  per  francar  la 
persona  et  famiglia  sua  da  morte,  il  quai  messo  fu  un  suo 
Caporale,  detto  Luca  da  Curzolla  il  quai  havea  un  fratello  nomi- 
nato  Francesco,  al  quai  éra  stata  rotta  una  coscia  con  una  balla 
di  piombo,  il  quai  Caporale  si  parti  insieme  con  un  suo  Fami- 
glio  detto  Francesco  da  Ragusi. 

Il  Bailo  et  il  Gapitano  furono  avisati  délia  fuga  del  predetto 
Luca,  con  ii  Famiglio,  et  perô  mandarono  a ritener  il  Fratello 
del  detto  Luca,  et  fu  messo  alla  corda,  et  non  aspettando  quella 
il  predetto  Francesco  per  esser  giovinett.o  confesso  tutto  il  tradi- 
mento, prima  disse  esser  il  vero  che  Tomaso  Schiavo  havea 
mandato  suo  fratello  al  Gran  Turco  a dirle,  che  il  Giovedi  di 
notte  egli  dovesse  far  fare  un’  altra  bataglia,  ch’  esso  Tomaso 
terria  modo  di  lasciarlo  entrare  nella  Terra,  offerendosi  lui  con 
la  sua  fameglia  volergli  essere  servitore. 

Li  Rettori  havendo  fattonotar  il  detto  del  sopradetto  Francesco, 

1.  Zani,  voir  Muratori,  XXII,  1190. 

2.  Bondimiero,  voir  Muratori  et  Faroldo,  p.  359. 

3.  Tomaso  Schiavo,  traître,  et  exécuté  comme  tel. 


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secretamente  lo  fece  morire,  et  quel  giorno  non  fa  latto  attro 
motto,  nè  l’altro  seguente  per  non  metter  Tomaso  in  sospetto, 
dubitando  ch’  egli  nonfacesse  qualche  novità,  per  baver  seguito 
dalla  compagnia  sua;  dappoi  il  terzo  giorno  di  mattina  il  Bailo 
et  il  Gapitano  et  altri  gentilhuomini  di  Venetia,  et  alcuni  Gitta- 
dini  délia  Terra,  se  adunarono  nella  Loggia,  e tutti  insieme 
deliberarono  di  far  morire  Tomaso;  onde  secretamente  fu  dato 
ordine  ai  12valenti  huomini,  li  quali  s’ascondessero  in  Cancel- 
laria,  la  quale  era  appresso  la  predetta*  Loggia  ; dapoi  fu  man- 
dato  a chiamar  Tomaso,  facendole  dire  che  là  si  volevano  consi- 
gliar  d’alcune  cose  in  beneficio  délia  Terra,  et  lui  vienne  con 
circa  40  compagni  armati  d’arme  inhastate,  et  arme  di  dosso, 
et  la  spada  cinta,  bench’  egli  non  fosse  lecito  a venir  a quello  a 
quel  modo  con  tal  compagnia,  pur  per  esser  il  campo  alterato 
presupposero  che  venisse  proveduto,  sospettando  del  suo  man- 
camento.  Onde  Tomaso  Schiavo  gionse  nella  Loggia,  et  li  cir- 
costanti  congli  tutti  altri  se  levarono  in  piedi,fingendo  di  fargli 
honore  con  allegra  faccia,  et  mostrando  di  honorarlo,  et  do- 
mandarlo,  nelli  suoi  buoni  portamenti  fingendo  che  non  si  sa- 
pesse  il  suo  trattato  con  il  Turco,  et  il  Bailo  in  fra  gli  altri  le 
disse  : O Gapitano  State  di  buona  voglia  che  ancora  spero  di 
vedervi  Gapitano  dell’  armata  di  S.  Marco  di  gente  d’arme,  et 
cosi  stettero  in  diversi  parlamenti  per  duoi  hore;  quando  poi 
parve  al  Bailo  che  Tomaso  havesse  deposto  il  sospetto  si  voltô 
verso  quei  Compagni,  li  quali  erano  venuti  in  compagnia  di 
Tomaso  et  disse  : O valenti  huomini,  date  una  volta  attorno  la 
Terra,  et  vedete  corne  sono  fornite  le  poste  d’huomini,  acciô  che 
non  intervenisse  qualche  danno,  et  dall’  altra  banda  cosi  disse 
Tomaso  : Andate  et  tomate,  ch’io  vi  aspetto  qui. 

Partita  la  predetta  Compagnia  di  Tomaso,  il  Bailo,  pigliô  il 
detto  Tomaso  per  la  mano,  fingendo  volerli  parlar  di  secreto, 
et  lo  fece  sedere  et  poi  lo  condusse  verso  la  Cancellaria,  nella 
quale  vi  erano  li  detti  12  huomini,  et  lo  fece  voltar  le  spalle 
verso  quella,  et  quelli  12  huomini  pianamente  uscirono  fora,  et 
misero  le  mani  adosso  di  Tomaso  Schiavo,  et  a duoi  suoi  fami- 
gli,  li  quali  erano  rimasti  seco,  et  subito  furono  menati  sopra 
la  Loggia,  dove  si  dava  il  tormento  a malfattori,  et  senza  altro 


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indugio  per  comandamento  delli  assistenti  furono  coppati,  et 
impicati  con  un  piede  in  su  nel  mezzo  délia  Piazza.  Subito  il 
Bailo  monto  a cavallo  a son  di  trompetta,  et  andava  per  la 
Terra  confortando  le  persone.  Li  Cittadini  si  levarono  a ru- 
more  dicendochevi  erano  molti  soldati  nel  trattato  di  Tomaso, 
et  per  ogni  modo  volevano  che  fossero  presi  et  fatti  morire,  et 
li  Presidenti  per  manco  scandolo,  ne  fece  presentare  aile  pri- 
gioni  intorno  a quaranta  : trà  quali  vi  era  uno,  il  quale  havea 
nome  Polio  da  Trani,  Gaporale,  et  uno  havea  nome  Piero  dalla 
Simia,  un  altro  Andrea  Albanese  il  Calogero;  tutti  questi  no- 
mati  per  valent’  huomini,  et  molt’  altri,  li  quali  erano  bastanti 
nella  Terra  a gran  difesa. 

Li  Presidenti  fecero  chiamareunGonteslabilech’eraFiorio  di 
Nardo1  et  egli  raccomandarono  quella  poca  campagnia,  la  quale 
era  rimasta  di  Tomaso,  et  gli  furono  fatte  gran  proferte. 

Et  pur  li  Turchi  tuttavia  sollecitavano  con  ogni  suo  ingegno 
et  forze  di  danneggiar  la  Terra.  Dopoi  la  passata  Zobia  giorni  8 
si  comincio  un’  altra  battaglia  generale  molto  aspra  et  crudele, 
per  modo  che  mori  gran  quantita  di  valent’  huomini  et  alla  fine 
li  Gristiani  rimasero  vincitori  et  romperono  li  Turchi,  et  per  lo 
predetto  caso  di  Tomaso  Schiavo  li  Cittadini  et  Gandiotti  odia- 
vano  li  soldati,  interponendoli  il  trattato  di  Tomaso  et  del  pre- 
detto Fiorio  di  Nardo.  Vedendo  la  Terra  cosi  alla  strette,  et  Lui 
et  li  compagni  mal  veduti  dalli  Cittadini,  una  notte  fmgendo 
voler  far  nettar  dove  havea  rovinato  T artigliaria , et  il  bon  Fiorio 
se  ne  fuggi  dal  Turco.  Vedendo  li  Cittadini  et  Candiotti,  che  gli 
erano  fuggiti  gia  4 soldati,  il  primo  fu  un  Zorzi  Bellafante, 
del  quai  non  ne  fu  fatto  caso  per  essere  un  huomo  tristo,  et  il 
secondo  fu  Luca  da  Curzolla  con  un  suo  famiglio;  il  quarto  fu 
Fiorio  di  Nardo;  li  predetti  Cittadini  et  Candiotti,  si  misero 
insieme,  opponendo  a molt’  altri  soldati,  et  per  esser  nella  detta 
terra  più  forti  essi  Cittadini  et  Candiotti  i Presidenti  non  gli  po- 
tevano  contradire  et  quasi  contro  sua  voglia  gli  fecero  appre- 
sentar  alquanti  altri  soldati  aile  prigioni.  Oltra  questo,  dove 
s’  incontravano  per  la  Terra  erano  aile  arme,  ferendosi  et  am- 


1.  F.  di  Nardo.  Cf.  Malipiero,  Archivio  siorico,  VII,  p.  45. 


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mazzandosi  corne  inimici  capitali  et  tutt’  era  danno  nostro, 
et  delli  huomini  che  mancavano  per  li  predetti  errori. 

Li  prefati  assisterai  coq  gli  altri  Gentilhomini  molto  si  con- 
tristavano,  non  potendo  rimediar  a tal  danno,  ma  pur  sperando 
del  prefato  Mess.  Nicolo  da  Ganale  capitano  deir  armata  di 
S.  Marco  haver  alcun  soccorso,  corne  per  suoi  messi  havea  pro- 
messo,  benche  il  Gran  Turco  dubitandosi  del  fato,  fece  tragettar 
attra verso  Y Isola  alquante  Fuste,  con  le  quali  fece  far  un  altro 
ponte  attraverso  l’isola,  il  quale  era  verso  santa  Chiara , cioè 
di  sopra,  et  lontano  dalla  Terra  circa  un  miglio;  per  la  quai 
cosa  non  potevano  haver  più  da  banda  niuna  nova  dell’  armata 
nostra;  quasi  dubitando  di  quello  ne  avienne,  ma  pur  furono 
proveduto  da  alcuni  Albanesi 1 pratici  co’  Turchi,  mandati  per 
li  Presidenti  con  lettere  al  prefato  Mess.  Nicolo  da  Ganale,  dal 
quale  speravano  una  deliberazion  di  tal  assedio,  dove  il  prefato 
rimando  li  messi  nostri  con  lettere  di  gran  conforte  et  speranza 
di  haver  presto  soccorso,  ma  le  nemiche  artigliarie  tuttavia 
facevano  grandissimo  danno  per  la  Terra,  et  non  era  mai 
giorno  che  non  fossero  morti  et  feriti  assai  Cristiani  da 
quelle.  A di  iO  Luglio  millesimo  soprascritto  in  giorno  di 
Marti  gionse  il  prefato  Mess.  Nicolo  da  Ganale  con  Y armata, 
con  la  quale  stette  lontano  dal  predetto  ponte  circa  un  miglio 
a mezzo. 

Il  Gran  Turco  vedendo  Y armata  de’  Ghristiani,  assai  dubito  e 
volse  levare  il  campo  per  andarsene  via,  et  Maumud  Bassa  Capi- 
tano dell’  armata  del  Turco  consiglio  che  non  si  partisse,  obli- 
gandosi  con  ogni  sua  forza  di  dargli  Negroponte  preso,  et  il 
Gran  Turco  insieme  con  esso  monto  a cavallo  et  tutto  quel 
giorno  andarono  per  lo  campo,  di  padiglion  in  padiglion,  confor- 


1.  Albanesi  = les  Albanais  (cf.  Hecquard  : « L’Albanie,  » 1859).  — Albanais,  des- 
cendants des  anciens  Illy riens,  mêlés  avec  des  Grecs  et  des  Slaves  (on  les  appelle 
aussi  Arnautes  et  Skipetars,  c’est-à-dire  montagnards).  Au  xve  siècle,  l’Albanie 
chrétienne,  sous  Skanderbeg,  a résisté  héroïquement  à l'invasion  des  Turcs, 
protégé  ainsi  l’Europe.  (Les  Mirdites  actuels  sont  les  descendants  des  soldats  de 
Skanderbeg,  ils  sont  restés  catholiques.)  Profitant  de  la  faiblesse  de  l’empire 
grec,  Venise  s’empara,  dès  1407-1421,  de  Scutari,  Durazzo.  Elle  perdit  Scutari  en 
1479,  Durazzo  en  1502.  Venise  conserva  jusqu’en  1797  Cattaro,  Préveza.  Depuis 
la  chute  de  la  République  vénitienne,  l’Albanie  forme  une  province  turque.  En 
1881,  un  des  districts  (Arta)  fut  cédé  aux  Grecs. 


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tando  i suoi  Gavalieri , che  non  volessero  lasciar  patir  tanta  ver- 
gogna,  quant’  era  1’  abbandonar  taie  impresa,  essendo  anche 
contro  sua  volonta,  et  che  lui  voleva  solamente  le  mura  délia 
Terra,  et  che  la  roba,  oro,  argento  et  schiavi  fossero  di  chi  li 
prendevano,  et  in  tal  modo  fu  messo  ordine  che  il  giorno  se- 
guente , che  fu  alli  iê  detto  il  Mercordi,  fossero  ben  in  pronto 
che  la  notte  seguente  si  doveano  ridurre  alli  ripari,  cioe  sotto 
le  mura  délia  Terra  per  dar  la  terza  battaglia  : et  per  tanto  cias- 
cuno  delli  suoi  si  offersero  di  fare  quanto  che  Y era  imposto, 
d’ essergli  obidienti. 

Ivi  pochissimi  rimasero  in  terra  perché  la  maggior  parte  di 
valent’  huomini  era  stati  morti,  et  feriti  nelle  due  prime  batta- 
glie;  dubitando  di  quello  ne  avienne,  che  ben  si  vedevamo  non 
esser  bastanti  a difender  tanto  luoco,  quant’  era  rovinato  pero, 
dalle  bande  délia  Terra  erano  sicure  per  la  gran  rovina  ch’  aveano 
fatto  le  nemiche  artiglierie,  ma  pur  speravamo  dall’  armata  nos- 
tra  haver  soccorso,  et  si  fecero  segni  dell’  impotenza  nostra 
acciocchè  il  soccorso  fosse  avanti  il  principiar  délia  battaglia  de 
Turchi,  et  li  segni  era  questi  ; facelle  accese,  et  poi  estinte,  gli 
fu  mostrato  lo  stendardo  di  S.  Marco,  et  poi  gettato  a terra. 
Vedendo  che  per  tali  segni  T armata  nostra  non  si  moveva,  alla 
fine  fu  edificato  un  Grocifisso  grande  corne  un  huomo,  et  fra 
portato  aile  mura  délia  Terra  dalla  banda  verso  Y armata  nos- 
tra, acciocchè  li  Governatori  di  quella  si  movessero  a qualche 
compassione,  che  lo  potevano  ben  figurare. 

Mess.  Nicolo  da  Ganale  con  gli  altri  dell’  armata  potevano  ben 
considerare  che  tali  segni  significavano  che  la  Terra  era  in 
grande  estremidade  et  in  pericolo  di  perdersi,  né  v’  era  cagione 
alcuna  di  non  potergli  dar  soccorso,  perché  haveva  vento  pros- 
pero,  et  huomini  valorosi  et  volonteriosi,  il  quali  alcuni  have- 
vano  moglier,  et  figliuoli  et  altri  parenti  dentro  délia  Terra  di 
Negroponte,  et  questi  tali  pregavano  li  predetti  Governatori, 
che  gli  concedessero  una  Nave,  che  loro  gli  bastava  Y anemo  di 
rompere  il  ponte,  et  soccorrer  la  Terra,  et  moite  ne  erano  ben 
in  pronto,  le  quali  erano  bastanti,  con  quel  vento  a romper 
maggior  cosa,  che  non  era  tal  ponte  et  gline  fu  conceduta  una 
di  quelle;  la  quale  fatto  vêla  andando  per  entrare  gli  fu  fatto 


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comandamento  a voce  d’artigliaria  che  si  calassero  le  vele,  et 
pur  li  stettero  à perder  tempo. 

Andando  nella  Terra  gli  avisi  del  poco  ardire  dell’  armata  gli 
animi  nostri  dubiosi,  et  quasi  senza  più  speranza  di  soccorso, 
perché  si  vedevano  li  Turchi  con  ogni  solecitudine  et  insegne 
approssimarsi  a’  luoghi  rovinati  délia  Terra  et  assai  più  solle- 
citavano  dopo  la  dimostrazione  délia  nostra  armata  : perochè 
anche  i Turchi  conoscevano  esser  facil  cosa  a soccorrer  la  Terra, 
et  pertanto  non  volsero  indugiare  alla  Zobia  di  notte  venendo 
il  Venere,  com’  era  sua  usanza  di  dar  le  battaglie. 

Mercordi  di  notte  circa  4 hore  avanti  giorno  venendo  la  Zobia 
che  fu  alli  12  Lugio  soprascritto,  li  Turchi  assalirono  la  Terra, 
et  principiarono  una  battaglia  piu  crudele,  che  non  fu  1’  altre 
due  prime,  la  quale  duré  fino  a hore  5 di  giorno;  et  fu  gettato  a 
terra  gran  quantité  di  quella  canaglia,  quale  era  tanti,  che  se 
non  havessero  fatta  difesa,  et  li  Gristiani  sariano  stati  stracchi 
prima  che  gli  havessero  ammazzati  la  mità  et  in  questa  batta- 
glia entro  parte  dell’  armata  del  Turco  nel  Porto,  et  vennero 
verso  la  Terra  con  le  prove  dando  gran  battaglia,  tal  che  tutta  la 
Terra  era  circondata  da  aspri  et  crudi  battaglianti , per  modo 
che  li  Gristiani  erano  la  più  parte  morti,  et  feriti,  et  li  Turchi 
erano  tanti,  que  quanti  più  ne  morivano,  tanti  sempre  piu  ne 
aggiungevano  et  per  tanto  continuar  et  sollecitar  di  battaglia  li 
Cristiani  non  potevano  durare  tra  morti  e feriti,  et  stanchi  fu- 
rono  rotti  dalla  parte  verso  il  Burchio  per  modo  che  li  Turchi 
intrarono  nella  Terra  con  gran  furia,  che  T aere  p.irea  esser 
intronato,  tante  erano  li  gridi  da  tutte  le  parti.  Li  Cristiani 
chiamano  soccorso  et  li  Pagani  pur  gridando  li  cargavano  dosso 
senza  niuna  avvertenza  di  piccioli,  grandi,  maschi,  femine  tutti 
l'urono  mandati  a morte,  di  bracioalle  madri  furonotirati  li  fan- 
ciulli  et  buttati  nelle  mura;  et  ammazzavano  le  madri;  gran 
pietade  era  et  tanta,  et  tal  crudeltade,  la  quai  usavano  quelli 
Pagani;  et  a questo  modo  scorrendo  per  le  contrade  davano 
crudel  morte  a tutti  quelli  che  s’  abbattevano  a tal  furia , fino 
a tanto  ch’  hebbero  conquistata  la  Terra  tutta,  eccetto  il  Castello; 
dapoi  cominciarono  ad  intrare  per  le  case,  e facendo  prigioni, 
ligavano  mariti  et  mogli,  padre,  madré,  figliuoli , femine  et 


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maschi  tutt’  insierne  per  il  collo,  et  le  mandi  dietro.  Dapoi  si 
caricavano  delle  migliori  robe  che  s’ imbattevano  a trovare,  et 
mettevano  in  mezzo  a quelli  prigioni  grandi  et  piccoli,  i quali 
erano  ligati  per  il  collo,  et  altri  dietro  gli  cacciavano  corne  fos- 
sero  stati  tante  bestie.  Vedevansi  copia  di  corpi  morti  sparsi 
per  terra  massima  dalla  parte  che  haveano  gran  contrasto  dalli 
nostri  Gristiani.  Abbondava  tanto  il  sangue,  che  parevano  fon- 
tane  che  spargiessero  di  continuo.  Erano  in  alcuni  luoghi  de’ 
corpi  morti,  et  non  si  potevano  passare,  liquali  erano  T un  sopra 
r altro  a modo  di  monticelli.  Erano  alcuni  Gristiani  che  fuggi- 
vano  dalla  furia  per  entrar  nel  Castello,  et  cargarono  tanto  il 
ponte  levatore,  che  le  catene  le  quali  lo  sostenevano  si  rompe- 
rono,  et  cascarono  gran  parte  di  quelli  Cristiani  in  mare,  et 
alcuni  s’annegarono,  alcuni  furonopresidaTurchi.  Dapoi  mezzo 
giorno  il  castello  si  rese  a patti,  et  non  furono  attesi,  et  gia 
furono  fatti  di  quelli,  et  délia  roba  sua  corne  delli  altri,  che 
furono  presi  nella  Terra  ; et  a questo  modo  fu  saccheggiata  quella 
infelice  Terra  di  Negroponte. 

In  questa  distruzione  furono  morti,  et  presi,  assaiValentissimi 
et  Nobilissimi  huomini,  prima  Mess.  Nicolo  1 Erizo,  Bailo  délia 
detta  Gittà,  il  quai  fu  morto  alla  prima  furia,  cioè  alla  guardia 
del  Burchio  : Mess.  Gerolamo  Galbo  Capitano  délia  detta  Gittà, 
il  quale  fu  morto  nella  chiesa  di  San  Marco,  la  quale  era  apresso 
la  Piazza,  perché  il  prefato  era  guardia  délia  piazza  ; Mess. 
Andrea  Zane  Camerlengo  fu  morto  nella  chiesa  di  S.  Bastiano; 
Mess.  Zane  Bondimiero,  il  quale  era  a governo  del  Tempio,  a 
quello  fu  ferito,  et  preso  da’  Turchi  ; Mess.  Bertucci  Barbaro  2 fu 
morto  in  casa  sua,  et  presa  la  moglie  et  famiglia  sua  : ancora  vi 
morirono  Gentilhuomini  et  Gittadini,  Mercanti  essai,  tra  i quali  fu 
un  mio  fratello  Francesco  3,  il  quale  fu  morto  al  predetto  Burchio. 


1.  Page  23,  Polio,  prénom  véritable;  cf.  Hist.  Turch.,  éd.  Ursu,  p.  36. 

2.  Barbaro,  d’une  noble  famille  vénitienne  illustrée  par  Nicolo  Barbaro,  ambas- 
sadeur à Constantinople  en  1453.  Le  récit  du  siège  a été  publié  en  1857  par  Ellys- 
sen  dans  ses  « AnaLekten  » (Leipz.).  Josafat  Barbaro  fit  un  voyage  à Tana  (Azof) 
en  1436,  un  autre  en  Perse  (1471)  (voir  notre  Essai).  11  a laissé  le  récit  de  ces 
deux  voyages  (Ram.,  t.  II),  et  il  mourut  en  sa  ville  natale,  en  1494. 

3.  Francesco  Angiolello,  frère  de  Jean-Marie,  tué  au  siège  de  Nègrepont,  près 
du  « Burchio  »,  probablement  l’aîné  de  Jean-Marie. 


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A di  iS  Luglio  il  Gran  Turco  fece  far  comandamento  per, 
tutto  il  suo  campo  che  tutti  li  prigioni,  che  haveano  barba,  fos- 
sero  presentati  ; et  per  la  grande  ubedienza  sua  ne  furono  pre- 
sentati  circa  800,  et  loro  legate  le  mani  li  fecero  inzenocchiar 
a cercuito  tondo  et  a tutti  gli  fece  tagliar  la  testa  ; et  le  donne, 
donzelle  e giovinetti  maschi  da  dieciott’  anni  in  giu  furono  ven- 
duti,  donati  et  barattati  seconde  il  parer  di  quelli  i quali  gli  ha- 
veano pigliati,  et  io  Gio.  Maria  fui  appresentato  per  schiavo  al 
Gran  Turco  : il  secondo  et  terzo  giorno  dopo  presa  la  Terra 
furono  cercati  i luoghi  ascosi  délia  Terra,  et  furono  cavati  molti 
luoghi  dove  si  pensavano,  che  fossero  nascoste  le  persone,  et 
robe,  et  moite  furono  trovate. 

A di  16  detto  il  Gran  Turco  comando  che  la  Terra  fosse  nettata 
et  li  corpi  morti  fossero  gettati  in  mare,  et  eu  rate  le  fosse,  et 
acconciate  le  mura  et  fu  del  tutto  ubbidito  ; et  gli  mise  dentro 
governo,  et  ivi  lascio  un  Gapitano,  il  quale  avea  nome  Ischieder - 
beg  1 con  sufficiente  condotta,  et  bastante  a tal  custodia.  A di  26 
detto  Tarmata  del  Gran  Turco  si  parti  carica  di  Schiavi  e robe 
di  più  sorte,  et  a di  28  il  Gran  Turco  levô  il  campo  et  allogiô  la 
sera  a Stivel 2 il  quai  luogo  era  chiamato  anticamente  Tebe,  et 
a di  29  il  Gran  Turco  si  levô  da  Stivel  et  allogio  appresso  Sati- 
nes 3,  il  quai  luogo  anticamente  si  chiamava  Athene  et  nota  che 
il  Gran  Turco  andava  aspettando  alcune  genti  ch’  erano  ite  per 
andar  allaMorea  nuotando  il  lago  miglia  venti,  et  il  viaggio  da 
giornata  che  faceva  era  sempre  di  20  miglia  al  giorno  poco  più 
o meno  et  tal  cammino  faceva  ad  ogni  ritornata  sua  : et  ail 
andala  verso  gli  nemici  faceva  meno,  cioe  8 ô 10  miglia  al  giorno, 
et  questo  faceva  per  mantener  le  genti  et  Cavalli,  acciocchè  alli 

1.  Iskendier  (Iskender  Pacha-Squander,  Squender  Bassa)  envahit  leFrioul  et  la 
Carinthie  après  la  prise  de  Lépante,  qui  eut  lieu  le  26  août  1499.  Tué  en  1515, 
pour  avoir  ordonné  le  pillage  d’Amassia. 

2.  Itinéraire  de  Nègrepont  à Constantinople  (voir  Ami  Boué  et  coll.  Schefer, 
VIII,  Xll,  XVI).  — Stivel  (Thèbes,  ville  de  Béotie),  dans  une  plaine  vaste  et  fertile, 
fondée  (citadelle)  par  Cadmos.  Célèbre  dans  l’antiquité,  rivale  de  Sparte;  de 
40,000  habitants,  elle  est  descendue  à 6,000. 

3.  Satines  (Athènes;  cf.  topo-bibliographie  de  M.  U.  Chevalier).  Depuis  1460  à 
1827  turque;  capitale  grecque  jusqu’en  1832  (cf.  Léon  de  Lambros);  « Athènes 
aux  xve,  xvi®  et  xvne  siècles  »,  1855  (cf.  Hammer)  : R.  et  B.  « Atina,  » à vingt  jour- 
nées de  marche  de  Constantinople,  par  Isdin  (le  folio  64  de  VHistoria  Turchesca 
porte  Settines). 


— 32  — 


bisogni  fossero  freschi,  et  non  stracchi.  In  questo  luogo  nomato 
Satines  vi  sono  assai  antiche  fabricheet  vi  è anche  un  monaste- 
riodi  Frati  delf  ordine  dell’  Opinione,  i quali  non  danno  obbe- 
dienza  al  Poiitificato  nostro , et  sono  la  maggior  parte  Fioren- 
tini  ; officiano  alla  italiana  et  il  parlar  et  legger  suo  è italiano  : 
et  hanno  un  bellissimo  luogo  con  grande  entrata  sicchè  vivono 
del  suo. 

A di  30  detto  il  Gran  Turco  si  levô  da  Satines,  et  allogio  a Liva- 
dia il  quai  luogo  è ricco  di  mercantia,  et  altre  cose  necessarie 
alla  vita  humana.  A di  ultimo  detto  il  Gran  Turco  si  levô  da  Li- 
vadia,  et  allogio  al  Salino,  il  quai  luogo  è fortissimo  di  mura, 
et  bellissimo  di  Gittà  perché  sono  in  fra  monti,  liquali  si  disten- 
dono  verso  Levante,  et  vanno  fin  in  Albania  : In  questo  luogo 
si  fanno  sede  assai  : ancora  in  questo  Monte  si  trovano  Grane 
fine  in  quantité,  gli  alberi  che  fanno  le  Grane  sono  piccioli,  et 
fanno  fiori  pungenti  et  è gran  difficolta  a raccoglierli  per  esser 
fiori  minuti  et  cosi  pungenti.  Addi  1°  Agosto  il  Gran  Turco 
si  levô  da  Salino  et  s’allogiô  ad  un  altro  Castello,  chiamato 
Modinezza 1  2,  et  passato  il  detto  braccio  di  monte  entrarono 
in  una  pianura  assai  lunga,  et  non  molto  larga,  circondata  da 
tre  parti  di  monti,  et  la  quarta  parte  s’appoggia  al  mare  per 
mezzo  flsola  di  Negroponle,  et  questa  pianura  è chiamata  Ter- 
mopole,  et  attorno  di  questa  pianura  vi  sono  quattro  buoni  et 
forti  Castelli  : il  1°  è chiamato  Modinizza  ; il  2°  il  Zuton  3 4 5;  il 
3°  Niopatra  4 ; il  4°  Damacho  5 ; ancora  in  questa  pianura  vi 
sono  in  due  luoghi  bagni  Medicinali  quasi  corne  sono  quelli  di 
Abano  6,  et  vi  sono  Villaggi  assai  et  si  seminano  guadi  assai. 

A di  3 detto  il  Gran  Turco  si  levô  da  una  parte  di  questa 
pianura,  et  traversolla,  et  andô  alloggiare  sotto  il  predetto  Cas- 


1.  Livadia,  Livadie  (Lebedea,  ville  béotienne,  rivière  (Hercynos  et  lac  Copaïs) 
de  même  nom).  La  Livadia  est  formée  par  le  Léthé  et  la  Mnémosyne  et  se  jette 
dans  le  lac  de  Livadia  ou  de  Topolias. 

2.  Modinezza  (Modunisch,  Modunidich)  (cf.  Hammer,  R.  et  B.,  p.  109),  entre 
Livadia  et  Isdin,  à dix-neuf  jours  de  marche  de  Constantinople. 

3.  Zuton,  pas  trouvé  ce  castello  ailleurs. 

4.  Niopatra,  idem. 

5.  Damacho,  idem. 

6.  Abano,  Aquae  Aponi,  Aq.  Pativinae,  ville  de  3,500  habitants,  se  glorifie, 
comme  Padoue,  d’avoir  vu  naître  Tite-Live. 


— 33  — 


tello  detto  Damocho,  il  quale  è confine  di  Termopole  1 colla 
Tezaglia  2,  et  a di  4 levato  il  campo  dal  Damocho  intrô  nella 
pianura  detta  Tezaglia,  la  quale  è più  tosto  tonda  che  altrimenti, 
et  è circondata  da  monti  asprissimi. 

In  questa  pianura  yi  sono  due  Città,  una  chiarnata  Larisso  3, 
l’altra  Trechalla  4 5 : ancora  vi  sono  Castelli,  Villaggi  assai, 
ancora  vi  è un  luogo  nel  quale  si  piglia  pessi  di  ogni  sorte,  et 
ivi  si  vede  il  monte  Parnasso  3.  A di  5 detto  levato  il  campo 
alloggio  il  Gran  Turco  da  una  parte  di  questa  pianura  appresso 
un  Castello  chiamato  LaFersa  6.  Adi  6 detto  levosse  et  alloggio 
appresso  la  predetta  Città  di  Larisso  ; et  a di  7 levosi  et  alloggio 
alla  bocca  d’uno  stretto,  il  quale  è chiamato  Chustenze  7 per  una 
fimara  la  quale  passa  al  longo  il  detto  stretto,  et  si  passa  sola 
unastrada,  la  quale  è molto  stretta  per  esser  tra  due  montagne 
altissime,  sicchè  quando  s’arriva  al  mezzo  di  questo  stretto,  per 
esser  in  un  abisso,  et  per  esser  stretta  la  strada,  da  una  parte 
per  la  fnnara  profonda,  dalf  altra  la  montagna  altissima,  et  in 
longo  il  tenir  di  questo  stretto  20  miglia  et  ail’  uscita  di  questo 
vi  è alcune  fabriche  antiche,  le  quale  dimostra  esser  gli  sta  un 
Castello  ô Città,  et  gli  sono  alcune  Torre  molto  altissime,  ancora 
alla  fine  passassemo  la  fimara  sopra  un  bellissimo  ponte.  A di  8 
il  Gran  Turco  alloggio  ail’  altra  parte  del  stretto,  in  una  pianura, 
laquale  è detta  confine  di  Macedonia  8.  A di  9 alloggio  appresso 


1.  Termopole  (Thermopyles,  portes  chaudes,  aujourd’hui  Lycostomos  ou  Rocca 
di  Lupo),  est  un  défilé  qui  conduit  de  la  Thessalie  en  Locride  ; il  est  long  de  six 
à sept  kilomètres,  large  parfois  de  dix  mètres  seulement.  11  a été  rendu  célèbre 
par  Léonidas  et  ses  trois  cents  Spartiates  (400),  par  la  défaite  d’Antiochus  (191). 

2.  Tezaglia  (Thessalie,  Hémonie),  contrée  de  la  Grèce  septentrionale.  La  plus 
grande  partie  est  turque  depuis  longtemps,  une  petite  partie  seulement  est  restée 
grecque. 

3.  Larisso,  pour  Larissa  (en  turc  Yénitchéhir,  sur  la  Salembria,  jadis  le  Pénée) 
(cf.  Hammer,  p.  102,  Yenischeher). 

4.  Trechalla  (Tricca,  Trikala,  Trikela),  ville  thessalienne  (Hammer,  p.  99). 

5.  Monte  Parnasso  (Parnassus),  actuellement  Liakoura,  haut  de  2,459  mètres; 
delà  les  orages  fréquents  et  terribles  qui  y sévissent. 

6.  La  Ferza,  nom  tronqué,  peut-être  ? 

7.  Giustenze  (cf.  Hammer  : Rumeli  et  Bosna,  deux  villes  de  ce  nom,  p.  35, 
Kostendje,  près  de  Tatarbazar,  p.  87.  Kostendil  (Giustendil). 

8.  Macedonia  (Macédoine  ; cf.  topo-bibliographie  d’Ulysse  Chevalier  et  Desde- 
vises du  Dezert  : Géographie  de  la  Macédoine,  1862)  = province  de  la  Grèce  septen- 
trionale, habitée  jadis  par  les  « Macedones  »,  tribu  pélasgique,  turque  depuis  le 
xv°  siècle. 


3 


- 34  — 


un  Castello  chiamato  Platimonia 1 2 3  4,  il  quale  confina  da  una 
parte  sopra  il  Colpho  di  Seloniclii , et  si  discopre  la  Gittà  di 
Selonichi  2 dell’  altra  parte  del  Colpho. 

A di  iO  detto  levato  il  Campo  da  Platimonia  alloggiô  a un 
luogo  chiamato  Citro  3 pur  sopra  il  detto  Colpho,  et  ivi  gli  sono 
moite  sabine,  et  non  molto  distante  vi  sono  una  fimara  grossa 
la  quale  è chiamata  Vardar  4 et  passa  per  gran  parte  di  Mace- 
donia  et  finisce  nel  detto  Colpho  di  Selonichi,  in  queste  parti 
vi  sono  gran  coppia  di  Razze  di  Cavalli,  et  produce  buoni  Ca- 
valli,  le  quai  Razze  furono  condotte  aile  parti  dell’  Azia  per 
esser  luogo  abile  a tal  cosa.  A di  ii  passati  la  ponta,  alloggio 
sul  piano  di  Selonichi,  la  quale  Città  è ben  cituita  et  murata 
con  la  sua  Rocha,  et  sono  abbondante  di  vettovaglie  et  mercan- 
zie  di  più  sorta  et  massime  cordovani  et  lane  grosse;  ancora 
qui  vi  è il  corpo  di  San  Domenico  5,  et  délia  sua  sepoltura  esca 
un  liquore  corne  oglio,  il  quale  è dedicato  a moite  infermità. 
Levato  il  campo  a di  da  Selonichi,  alloggiô  sopra  un  monte 
chiamato  Bogdanos  6,  et  alloggio  alla  sumità  di  detto  Monte.  A 
di  iS  levato  il  campo  alloggio  appresso  a una  Città  chiamata  Le- 
seres  7,  cosi  anticamente  adimandata,  et  qui  fu  sepolto  quella 
buona  anima  di  Mess.  Francesco  Brandolino  8,  che  fu  Capitano 


1.  Platimonia  (Platemona,  Balatimna,  Palatmona  ou  Palatimina;  cf.  Hammer, 
R.  et  B.,  p.  10). 

2.  Selonichi  (Selanik,  Salonique,  ville  de  150,000  habitants,  à 510  kilomètres  de 
Constantinople,  l’ancienne  Therma  et  Thessalonica,  et  en  turc  Saloniki  ; Ham- 
mer, R.  et  B.,  p.  75-80  (cf.  topo-bibliographie  d’Ulysse  Chevalier). 

3.  Citro  (pas  réussi  à identifier). 

4.  Vardar  (Axios)  ; cette  rivière  turque  roule  du  Tchar  Dagh  au  golfe  de  Saloni- 
que, sur  290  kilomètres;  arrose  Uskub,  Gradiska....  Ses  principaux  affluents 
sont  la  Treska,  le  Karasou,  le  Brogalnitza  (cf.  Hammer,  R.  et  B.,  p.  85). 

5.  San  Domenico,  saint  Dominique,  fondateur  de  l’ordre  des  Frères  Prêcheurs 
(1170-1221,  Calahorra,  Vieille-Castille).  Sa  vie,  par  Lacordaire,  J.  Guiraud.  Cf. 
bio-bibliogr.  d’U.  Chevalier. 

6.  Bogdanos,  Bogdan,  prince  de  Moldavie.  Les  Turcs  appellent  la  Moldavie 
Kara  Bogdania,  Karabogdanska,  parce  que  le  voivode  de  Moldavie  s’appelait  Bog- 
dan, en  particulier  lorsque  la  Moldavie  devint  vassale  de  la  Turquie,  1512. 

7.  Leseres,  Seres,  Serres,  Siros,  Sirus  ou  Syros,  ville  située  au  nord-ouest,  à 
deux  journées  de  marche  de  Salonique  et  à douze  de  Constantinople.  Le  Grand 
Seigneur  y nourrissait  des  chevaux,  ainsi  qu’à  Andrinople  et  à Salonique,  dit 
Spandouyn,  p.  124  (cf.  Hammer,  R.  et  B.,  p.  173). 

8.  Brandolino,  de  l’illustre  famille  des  Brandolini  de  Florence,  ainsi  qu’Aure- 
lio  (1440-1497),  orateur,  poète,  professeur  à Bude,  qui  est  mort  religieux. 


- 35  - 


di  San  Marco  nella  Morea  1 et  alli  U levato  il  Campo  alloggio 
per  mezzo  il  monte  Santo  2,  il  quale  porge  per  più  di  trenta  mi- 
glia  in  mare,  per  mezzo  l’isola  di  Stalimine  3 et  l’isola  del  Co- 
hino  4,  il  quale  monte  è altissimo,  et  sopra  di  questo  gli  sono 
molti  Monasterii  di  Cristiani  Galogeri,  li  quali  alcuni  sono 
Greci,  et  alcuni  Macedoni  et  Vlaschi,  et  ancora  de  Italiani  et 
d’altre  nazioni,  li  quali  tengono  una  santa  vita;  per  modo  che 
egli  non  mangiano  mai  carne,  et  molto  tempo  dell’  anno  non 
mangiano  pesse  che  abbia  sangue,  assai  di  loro  non  mangiano 
la  quadragesima  niente  di  cotto,  et  non  dorme  mai  in  letto, 
hanno  li  suoi  Oratorii  lontani  dalli  Monasterii  et  vano  solitarii  et 
stavano  otto  et  dieci  giorni  secondo  il  parer  suo,  et  fano  aspre 
penitentie,  et  d’ogni  parte  di  questo  Monasterio  è abbondato  di 
fontane  et  di  aque  soavissime,  et  è piantato  di  Alberi  domes- 
tici  et  fruttiferi  et  li  suoi  ordini  nonvogliono  che  in  quel  monte 
nè  à suoi  Monasterii,  vi  vengi  femina  di  alcuna  condizione,  nè 
meno  gallina,  nè  cagna,  nè  cosa  feminile,  et  non  accettano  in 
loro  Ordine,  un  giovane  che  non  avesse  barba,  et  li  vi  è di  Santi 
huomini.  Per  tanto  li  Turchi  vi  hanno  devozion  granda,  et  li 
fâno  buona  compagnia. 

A di  iô  levose  il  Campo  con  il  Gran  Turco,  et  alloggio  dove 
già  fu  una  gran  Gittà  chiamata  Fillibegiuch  5,  la  quale  fu 
edifîcata  da  Philippo  di  Macedonia  6,  et  ivi  gli  sono  antichità 


1.  Morea  (ancien  Péloponèse  et  Misithra)  ; la  Morée,  appelée  ainsi  à cause  des 
nombreux  mûriers  plantés  au  vie  siècle,  fut  conquise  par  les  Turcs  (1460-1479). 
Elle  leur  fut  enlevée  par  Venise,  de  1687  à 1715,  adjugée  aux  Turcs  par  le  traité 
de  Passarovitz  (1718),  débarrassée  des  Turcs  et  des  Égyptiens  par  le  général  Mai- 
son (1828). 

2.  Monte  Santo,  pour  le  montAthos,  se  dresse  à l’extrémité  de  la  presqu’île 
chalcidique  et  atteint  une  hauteur  de  2,066  mètres.  Elle  possédait  naguère  trois 
cents  monastères  offrant  un  asile  à plusieurs  milliers  de  caloyers  grecs  et  russes 
(voir  Hammer,  p.  80;  Gédéon  : « le  mont  Athos  »,  Constantinople,  1885). 

3.  Stalamina  = Stalimene  (anc.  Lesbos),  Mételin  ou  Mytilène,  est  une  île  tur- 
que peuplée  surtout  de  Grecs,  située  à 105  kilomètres  ouest  de  la  côte  de  l’Ana- 
tolie (cf.Buondelmonti  et  Legrand,  p.  233). 

4.  Cohino  (pas  réussi  à l’identifier). 

5.  Fillibegiuch  pour  Filibé,  Filibeh  = Philippopolis  ou  Philippopoli  entre  Sofia 
et  Andrinople,  à 498  kilomètres  de  Constantinople,  par  voie  ferrée  ; à dix  jours 
de  marche  ; près  de  la  rive  droite  de  la  Maritza.  Elle  a été  prise  par  Lala  Cha- 
hin  Pacha  (cf.  Hammer,  p.  52  et  s.). 

6.  Philippe  de  Macédoine,  le  roi  (382-60-36),  général  et  politique  habile,  bien 
que  borgne  et  boiteux. 


- 36  - 


assai,  et  sopra  il  monte  gli  sono  alcune  Terre  disabitate.  An- 
cora  alla  facciata  del  monte  gli  sono  una  sedia  scolpita  in  pro- 
prio  sasso,  ancora  al  pieno  vi  è una  colona  granda,  et  alta  con 
un  lavello  in  cima,  et  attorno  di  quella  vi  sono  alcune  lettere 
greche  scolpite,  le  quali  dicono,  già  tempo  in  quel  luogo 
esservi  stato  la  stalla  del  Re  Alessandro  Magno  nella  quale  era 
Cavalli  assai  maggior  di  questi,  che  a’  nostri  tempi  si  trovano, 
et  sopra  la  detta  colona  sono  scolpiti  la  misura  delli  ferri  che 
portavano  detti  Cavalli,  li  quali  è molto  grandi  a comparazione 
di  questi  nostri.  Ancora  qui  gli  sono  assai  molimenti  sparsi 
per  quel  piano,  li  quali  è maggior  delli  nostri. 

Alli  4 6 levato  il  Campo  passarono  der  una  costa  di  Monte  che 
si  chiama  Chavalla 1  2,  la  quai  varda  verso  il  mare,  et  si  trova 
un  passo  stretto  sopra  il  quale  sono  duoi  bellissimi  Castelli,  un 
sopra  il  Monte,  l’altro  alla  Marina,  et  sono  disabitati  tutte  duoi. 
Ancora  tra  lè  detti  dimostrano  essergli  sta  bellissimi  giardini, 
dove  fin’  hora  vi  è assai  sortà  di  fruttari  et  per  il  molto  tempo 
tempo  non  fruttano  più  per  esser  molto  vecchi,  et  ivi  vi  sono 
molti  corsari,  et  pigliano  viandanti,  et  fano  molti  latrocinii  in 
quelle  contrate.  In  quel  giorno  il  campo  alloggiô  sopra  un  piano 
appresso  una  fimara  chiamata  X Aquabruna  3.  A di  47  levose  il 
Campo  et  alloggiô  appresso  un  ricco  etbuono  Castello  chiamato 
Baru  4,  il  quai  è sopra  un  Colpho  di  mare,  et  qui  si  trova  di 
più  sorte  pessi  freschi,  et  salati,  et  è habita to  da  Greci  et  Mace- 
doni.  Ad  di  48  levato  il  Campo  alloggio  appresso  un  altro  Cas- 
tello che  si  chiama  Mercanovo  5,  et  qui  ogni  settimanauna  volta, 
cioè  la  Dominica  si  fano  un  grosso  mercato  di  bestiame  d’ogni 
sorte  et  si  vende  altre  sorte  di  robe,  corne  tapeti,  schiavine  in 
quantité,  lane,  feramenta,  biave  senza  fine,  et  vi  vien  Turchi 
et  Giudei  da  luoghi  lontani  a vendere  et  comperare.  A di  49  le- 


1.  Alexandre  le  Grand  (Telia),  336-323,  fils  de  Philippe  et  d’Olympias,  élève 
d’Aristote. 

2.  Chavalla  pour  Ravala  (La  Cavale)  = l’anc.  Neapolis,  nid  de  pirates  (Hammer, 
p.  71).  Patrie  de  Méhémed-Ali  (1769-1849). 

3.  Aquabruna  : Mavro  Nero,  en  turc  Kara  Asmak  (le  Lydias)  désutoire  du  lac 

Borboros  Limen. 

4-5.  Castelli:  Baru  et  Mercanovo,  probablement  noms  tronqués,  trouvés  ni  dans 
auteurs  ni  sur  cartes. 


— 37  - 


vato  il  Gampo  alloggio  a una  Terra  chia  mata  Gumulgina  *,  la 
quai  è ben  habitata  rîa  Turchi  et  Greci  et  altre  nationi,  et  è 
abbondante  di  vettovaglie.  A di  20  è levato  il  campo  et  andô 
alloggiare  a coste  un  monte,  il  quale  si  chiama  il  Monte  De- 
dio 1  2,  et  qui  gli  sono  due  ville  grosse  abitate  da  Macedonii,  et 
in  quelle  ville  si  cava  argento  in  quantità.  A di  21  levato  il 
campo  alloggio  appresso  un  Boscho.  A di  22  levossi  il  campo  et 
alloggio  entro  un  Castel lo  chiamato  Dimostica  3,  nel  quale  era 
una  sorella  4 del  Gran  Turco,  la  quale  era  confinata  dal 
Gran  Turco  li  dentro,  la  quai  si  havea  corne  sultansata,  et  fu 
confinata  in  quel  Castello  perché  havea  fatto  tagliar  le  tette  a 
20  sue  schiave  per  provar  se  le  potea  viver,  che  ancora  essa  se 
le  volea  far  tagliar  per  contrastar  la  signoria  con  il  Fratello. 
Questa  fu  ancora  meretrice  et  comprava  li  schiavi  giovani,  li 
quali  talentassero  a’  suoi  appetiti,  e dapoi  li  faceva  morire  per 
non  essere  accusata,  che  se  il  Gran  Turco  lo  havesse  saputo, 
Thavrebbe  fatta  morire  et  gia  il  sig.  Murad  suo  Padre  le  havea 
lasà  in  Testamento  et  ella  dovesse  honorar  il  Fratello  et  star- 
gli  ubbidiente  ; et  havuta  il  Gran  Turco  la  vittoria  di  Negro- 
ponte  gli  fu  ricordata  la  sorella  da  alcuni  suoi  Baroni  et  fece  si 
co’  il  Gran  Turco,  che  la  libero  di  prigione,  et  la  marito  in 
un  suo  schiavo  chiamato  Esebeg  5,  il  quai  era  del  parentado  de’ 


1.  Gumulgina  (Kemuldjina  ; cf.  Hatnmer,  R.  et  B.,  p.  69).  Koumouldjina  est  à 
huit  journées  de  marche  de  Constantinople,  à une  heure  de  Makry,  point  de 
jonction  de  deux  voies,  l’une  carrossable  et  l’autre  pour  piétons  et  cavaliers  seule- 
ment, qui  conduisent  à Salonique.  Dans  le  voisinage  de  Koumouldjina,  il  y a les 
ruines  de  Maximianopolis.  C’est  la  Mosinopolis  du  moyen  âge,  la  Messin  Qaleh 
des  Turcs. 

2.  Monte  Dedio,  peut-être  pour  Monte  Negro  (cf.  Pouqueville,  voyage  en 
Grèce). 

3.  Dimostica,  Demotico,  Dimotica,  Demotica  (Hammer  : Detymotiches,  p.  65). 
Ville  située  à une  petite  journée  de  marche  au  sud  d’Andrinople,  sur  le  Quizil 
Delitchay  (fleuve  rouge).  Occupée  plusieurs  fois  par  les  Turcs,  cette  ville  fut 
annexée  à l’empire  ottoman  dès  1361,  par  le  général  Ilbéghi,  sous  Mourad  I.  Elle 
a servi  de  prison,  1°  aux  fils  de  G.  Brancovich,  savoir  : Grégoire  et  Étienne  (Spand., 
éd.  Schefer,  p.  288),  et  2°  au  xvuie  siècle,  à Charles  XII,  pendant  un  an  (voir 
Guillet,  Vie  de  Mahommed  II  « Didimothèque  I »,  p.  143  et  417). 

4.  Le  nom  de  cette  sœur  de  Mahomet  II  ne  nous  est  point  connu. 

5.  Eslegh  et  Esselegh,  probablement  pour  Ishak  bey,  enfant  chrétien  élevé  au 
sérail  d’Andrinople,  fut  grand  vizir  sous  le  Conquérant  (1471-1473),  puis  sous 
Bayézid  II.  Il  a réprimé  la  révolte  de  Qassim  Bey,  seigneur  de  Karamanie  (1478). 
En  1481,  après  le  décès  de  Mohammed  II,  il  apaisa  la  révolte  des  janissaires.  Il 


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Paleologi  l,  che  sono  imperatori  di  Gostantinopoli.  A di  2i  le- 
vato  il  Campo  alloggio  appresso  un  Castello  chiamato  Cir- 
men  2,il  quale  è sopra  una  fimara  chiamata  Meriza  3.Levato  il 
Campo  a di  25  alloggio  sul  piano  appresso  la  Città  detta  An- 
drinopoli la  quai  è ben  abitata  et  mercantescha.  Ancora 
questa  fu  gia  sedia  impériale  del  Gran  Turco  prima  ch’  ha- 
vesse  Gostantinopoli, et  con  questa  Città  si  congiunge  tre  fimare 
grosse,  la  prima  è la  predetta  Mariza,la  seconda  è detta  Arda  5, 
la  terza  Thunsa  6,  le  quai  tre  fimarene  fanno  una  grossissima, 
la  quale  vien  a fare  una  gran  Isola  sul  piano  di  Andrinopoli, 
et  poi  va  a metter  cao.  a Eno , et  si  attrova  tal  mercato  intrar  in 
Andrinopoli  due  miglia  e più  carri  cargi  di  vettovaglie  di  più 
sorte. 

Ad  di  80  levato  il  campo  ando  alloggiare  appresso  una  villa 
grossa,  che  si  chiama  Hafassa  7,  et  una  volta  per  esser  sia  ro- 


mourut  gouverneur  de  Salonique  en  1483  (Guillet,  Vie  de  Mahommed  II,  écrit 
Isac-Pacha,  II,  382). 

1.  Paléologue  : famille  princière  qui  a occupé  le  trône  de  Constantinople  de 
1261  à 1453,  en  alternant  avec  les  Cantacuzène.  Les  empereurs  Paléologue  sont  : 
Michel  VIII,  Andronic  II,  Andronic  III,  Andronic  IV,  Jean  V,  Manuel  II,  Jean  VII, 
Jean  VIII  et  Constantin  Dragasès  (voir  Ducange,  Familles  byzantines , p.  246;  Fin- 
ley,  Hist.  of  Greece , p.  204).  Cette  famille  a aussi  donné  des  chefs,  « Despoti  »,  à 
Patras  et  à Argos.  Mohammed  II  les  dépouilla  de  1453  à 1461.  Théodore  Paléo- 
logue, deuxième  fils  d’Andronic  II,  devint  par  alliance  (1305)  comte  de  Montfer- 
rat.  Sa  famille  s’éteignit  avec  Jean-George  Paléologue  II,  en  1533. 

2.  Cirmen  pour  Csirmen  ou  Chirmen,  à une  journée  de  marche  d’Andrinople. 
Elle  a été  conquise  par  Mourad  I (cf.  Hammer,  R.  et  B.,  p.  49). 

3.  Mariza  pour  Maritza  (la  Meridji  des  Turcs,  l’Hebrus  des  anciens).  Ce  fleuve 
sort  du  Despolo  Dagh  (mont  Rhodope)  et  se  jette  dans  la  mer  Égée,  après  un 
parcours  de  450  kilomètres  (cf.  Belon,  Observations  et  singularités , p.  84).  Elle 
arrose  Andrinople  et  Philippopoli.  D’après  la  légende,  le  nom  lui  viendrait  d'une 
fort  belle  jeune  fille  ainsi  nommée,  qui  s’y  serait  noyée.  La  Maritza  trace  la  voie 
historique  du  Danube  à Constantinople. 

4.  Andrinople  (Orestias,  Hadrianopolis).  Edirneh  des  Turcs  est  une  ville  de  près 
de  500,000  habitants  ; la  ville  la  plus  considérable  après  Constantinople.  Elle  a 
été  capitale  de  l’empire  ottoman  de  1366  à 1543,  et  est  une  des  nécropoles  des  sul- 
tans. De  1359  à 1366,  Mourad  I,  aidé  de  son  fils  Suleyman  Pacha  et  de  Lala  Chahin 
Pacha,  s’est  emparé  d’Andrinople  (voir  N.  de  Nicolaï,  p.  265,  et  Hammer,  p.  1-15). 

5.  Arta  ou  Arda  (Harpessus),  affluent  de  la  Maritza.  Le  gouffre  de  l’Arta,  dit 
Geuffroy,  est  le  « sinus  Embracius  » (Spand.,  éd.  Schefer,  p.  293). 

6.  Thunsa  (pour  Toundja,  Toudja,  Tonus),  affluent  de  la  Maritza.  Du  Fresne 
l’appelle  « Thuns  » (éd.  H.  Hauser,  p.  45).  Ami  Boué,  t.  I,  p.  40,  signale  deux 
ponts  de  pierre  sur  la  Toundja. 

7.  Hafassa,  Hafça,  Hafsa,  à 4 kilomètres  45  d’Andrinople  (Hammer,  p.  188,  et  R. 
et  B.,  p.  111). 


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bato  alcuni  libri  a un  forastiero,  il  quale  era  alloggiato  nella 
detta  Villa,  fu  apicato  il  Malfatore,  e tutti  gli  altri  délia  villa 
maschi  et  femine,  piccioli  e grandi,  furono  menati  a Costanti- 
nopoli,  et  li  furono  confinati,  etrimase  disabitata  la  detta  Villa, 
fino  a tanto  che  il  Gran  Turco  vi  fece  venir  ad  abitar  altri  suoi 
disubbedienti  dal  paese  Caraman  V A di  SI  ultimo  giorno 
d’Agosto  levose  il  campo,  et  alloggio  chiamato  un  luogo  le 
Torre 1  2.  A di  i settembre  levato  il  campo  alloggio  ad  un  luogo 
chiamato  Eschi 3,  et  in  questo  luogo  vi  è una  chiesola  antichis- 
sima,  nella  quale  giace  un  corpo  santo,  il  quale  si  chiama  da 
Turchi  Babacschi , che  vuol  dire  in  nostra  lingua  Padre  antico. 
Questo  luogo  fu  già  tempo  di  Cristiani  : dappoichè  i Turchi 
hanno  conquistà  quel  paese,  hanno  pigliato  dévotione  a quel 
corpo  santo,  et  lo  tengono  con  gran  solenità,  et  li  habitano 
molt  Dervis  4,  cioe  Frati  di  Turchi,  i quali  vano  sempre  nudi 
etdescalci,  cosi  il  estate  corne  l’inverno  salvo  con  una  pella  che 
cuopre  le  sue  vergogne,  et  sono  corne  pazzi.  Alli  2 levato  il 
campo  si  levo  et  alloggio  ad  un  luogo  chiamato  Suggutlida  5. 
Alli  3 levato  il  campo  alloggio  appresso  dove  fu  già  un  Castello, 
et  pur  le  case  sono  habitate,  il  quai  luogo  è chiamato  Charos- 


1.  Caraman,  la  Caramanie,  annexée  à l’empire  ottoman  en  1466,  par  Moham- 
med Pacha.  Le  pays  de  Karman,  c’est  la  province  de  Guermian,  dont  la  capitale 
était  Kutaièh.  Le  dernier  Turcoman,  « Yacoub  Bey  »,  étant  sans  postérité,  lit 
don  de  ses  possessions  àMourad  II  (1427).  Le  mot  Caraman  désigne  parfois  le  per- 
sonnage et  parfois  l’État  qu’il  gouvernait. 

2.  Torre  (Borgas,  Burgas,  Pirgos,  terme  grec  = Tour)  est  la  quatrième  étape 
de  Constantinople  à Andrinople,  le  premier  port  de  la  mer  Noire,  à la  sortie  du 
Bosphore;  on  y arrive  par  mer  en  une  journée  de  voyage.  Torre  est  désigné 
sous  le  nom  de  Bergolae  dans  le  tome  XII,  p.  170,  note,  de  la  collection  Schefer. 
Peut-être  notre  Torre  désigne-t-il  Binhar-Bissar  (Bunar,  source  ; Hissar,  château 
= château  des  Sources),  bourg  éloigné  de  trois  à quatre  journées  de  Constanti- 
nople, dans  le  voisinage  de  Burgas  et  de  Kirkkilisse  (Hammer,  p.  20). 

3.  Eschi  (Eski  baba;  Hammer,  p.  22  et  178). 

4.  Dervis  pour  Derviches  (Der  = porte),  Derviches  = ceux  qui  vont  de  porte  en 
porte,  mendiants  ; religieux  musulmans  voués  à la  pauvreté.  Ils  vivent  en  com- 
munauté de  quarante  personnes,  ils  sont  souvent  vagabonds  : il  y a deux 
grandes  catégories  de  derviches,  les  uns  tourneurs  (danses  sacrées),  les  autres 
hurleurs  (â  Péra,  Sculari,  Brousse). 

5.  Suggutlida.  Pas  à confondre  avec  Sugut  ou  (Sugutdjik  = petit  saule),  à neuf 
heures  de  Lefké.  C’est  la  patrie  d’Osman  et  le  berceau  de  la  monarchie  otto- 
mane, selon  Saaduddin.  A deux  milles  de  là,  un  dôme  couvre  le  tombeau  du 
guerrier  Erthogroul,  père  d’Osman  (cf.  Itinéraire  de  Constantinople  à la  Mecque, 
par  Bianchi,  rec.  de  la  Soc.  de  géog.,  II,  p.  89). 


— 40  — 


tran  K In  questo  luogo  il  Gran  Turco  fece  metter  le  ma  ni 
addosso  ad  uno  de’  primi  suoi  Capitani,  il  quale  haveva  nome 
Nasutbeg 1  2 et  era  di  natione  Albanese,  huomo  di  gran  fama, 
possedeva  un  paese  in  Asia  confin  al  paese  di  Usonhassan  Re  di 
Persia  3,  il  quale  Nasutbeg  peresser  statoincolpà  che  lui  voleva 
ribellare  al  Turco  et  andar  al  servizio  del  predetto  Usonhassan. 
Il  Gran  Turco  adirato  contra  quello,  commando  che  li  fosse  ta- 
gliato  per  mezzo  in  presenza  sua,  et  di  tutto  l’esercito,  et  fu 
pigliato  per  le  mani  et  per  gli  piedi  con  gran  furia,  gli  furono 
datti  tre  colpi  con  una  samitarra  a traverso  il  filo  délia  schena, 
et  niente  fu  tocco  da  quelli  tre  colpi,  perché  aveva  alcuni  in- 
cantamenti  addosso;  i quali  levati  al  primo  colpo  con  quella 
medesima  samitarra  alla  prima  le  taglio  tutto  il  boroso,  salvo  la 
pele  délia  pancia,  la  quale  nel  tirar  délia  samitarra  si  lasciô  et 
rimase  in  due  pessi.  Alli  4 levato  il  campo  alloggiô  appresso  un 
bel  castello  chiamato  Silivoria  4 quai  è sopra  il  mare,  qui  vi 
sono  assai  Molini  che  macina  a vento.  Alli  5 levato  il  campo 
trovassimodu e Colphi  chiamati  « Ciria  chresmese,  » cioè  chres- 
mese  grande  et  chresmese  piccolo  5 ; perche  vi  n’è  uno  più 
grande  dell’  altro  ; sopra  di  quelli  vi  sono  due  longhi  ponti  di 
pietra,  et  il  primo  è de’  Gristiani  dueeranodov’  Castelli;  passato 
il  segondo  ponte  si  discopreno  alcuni  luoghi  di  Gostantinopoli, 
cioe  S.  Sofia  6 et  lo  Imarato  nuovo  7,  il  quale  è un  Tempio  che 
ha  fatto  edificar  il  Gran  Turco.  Ancora  si  discopreno  le  Torre 


1.  Charostran,  pour  Karischdran  (Hammer,  R.  et  B.,  p.  189). 

2.  Nasutbeg  : pas  trouvé  ailleurs  ce  nom. 

3.  Ussun  Cassan  pour  Ouzoun-Hassan,  signifie  Hassan  le  Long.  Il  a été  roi  de 
Perse  de  la  dynastie  du  Mouton  Blanc  ; époux  d’une  nièce  de  David  Comnène, 
empereur  de  Trébizonde.  Il  est  mort  en  1478.  (Cf.  la  Vie  de  Mahomet  II,  par  Guillet, 
Paris,  1681,  t.  I,  p.  96,  364  ; t.  II,  p.  215,  225,  242  et  323.) 

4.  Silivoria,  Selembria,  Selivria,  Silivri  (Hammer,  p.  61),  à une  très  forte  jour- 
née de  Constantinople. 

5.  Ciria  Chremese  pour  Buyuk  Tchekmedjé  et  Kutchuk  Tchekmedjé  =:  Ponte 
grande  et  Ponte  piccolo.  Le  Ivara  Sou  = rivière  noire,  se  jette  dans  le  lac  de 
Buyuk  Tchekmedjé  (Hammer,  p.  19).  Sulevman  et  Sélim  ont  construit  le  fameux 
pont  de  ce  nom  (Hammer,  p.  60). 

6.  S.  Sofia  (Hagia,  lire  Aja  Sofia)  ; voir  ci-après,  p.  47,  note  2. 

7.  Ismarat  nuovo  désigne  ici  la  mosquée  du  Conquérant,  bien  que  Imareth 
signifie  hôtellerie  pour  élèves  et  étudiants  pauvres.  D’ailleurs,  ces  hôtel- 
leries sont  ordinairement  attenantes  aux  Djami,  ou  mosquées  de  premier 
ordre. 


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délia  Rocca  *,  dove  sta  il  Tesoro  del  Gran  Turco,  et  cosi  cami- 
nando  quel  giorno  arrivassimo  al  Gostantinopoli 1  2. 


Hora  se  dirà  délia  progenia,  poi  délia  qualità 
del  Gran  Turco 

Prima  che  la  progenia  del  Gran  Turco  3 comincio  a pigliar  si- 
gnoria,  sappiate  corne  nelle  parti  dell’ Asia,  cioè  in  Tartaria  4, 
in  Persia  5,  in  Turchamania  6,  et  in  molt'  altri  luoghi  di  Pa- 
gani  si  trovano  assai  Pastori  ricchi  d’ogni  conditione  di  bes- 
tiami,  cioè  Cavalli,  Gambelli  et  altre  bestie  grosse;  et  questi 
tali  Pastori  con  le  mogli  et  figliuolli,  et  suoi  bestiami  viveno 
in  campagna,  i quali  hanno  alcune  case  di  Vimene  coporte  di 
feltre  congegnate,  che  comodamente  si  possono  far  e disfar,  et 
portar  da  luogo  a luogo,  et  sarano  202  et  300  di  questi  Pastori, 
più  et  meno,  et  siacuno  con  la  sua  casa  fra  loro  eliggono  un 
Gapo  il  quale  habbia  il  governo  di  tutta  la  congregatione  et  sia 
ubbidito  da  tutti,  et  lo  chiamano  Dogge  7 che  in  nostra  lingua 
vuol  dire  capo  di  Pastori.  Quando  lui  si  leva  tutti  lo  seguitano, 
et  con  ordine  alloggiano  attorno  le  case  del  suo  Capo,  et  se- 
condo  il  caldo  et  fredo  vanno  dove  conoscono  esser  buoni  pas- 
coli,  et  buone  acque  et  cercano  gli  aeri  temperati.  Molti  di 
questi  seminano  in  più  luoghi  moite  sorte  di  biade,  et  in  luoghi 
caldi  et  freddi,  cominciano  a seminar  prima  i luoghi  alti  et 


1.  Torre.  Le  château  des  Sept-Tours  (Yédi  Koulé).  Cf.  note  finale. 

2.  Costantinopoli  (arrivée  d’Angiolello,  esclave  de  Mohammed  II,  le  5 septem- 
bre 1480  (voir  le  même  itinéraire  en  sens  inverse,  manuscrit  1238,  folios  34  et 
37).  Ville  décrite,  prise;  cf.  Guillet,  Vie  de  Mohammed  II,  II,  p.  151,155,  219. 

3.  Gran  Turco,  souverain  des  Turcs,  originaires  de  l’Altaï,  du  Turkestan. 
Établis  dans  l’Iran,  ils  formèrent  trois  groupes  : les  Oghouzes,  les  Seldjoukides  et 
les  Ottomans  ou  Osmanli. 

4.  Tartaro,  chefs  des  Tartares  ou  Tatares,  originaires  du  Turkestan,  ils  habi- 
taient entre  l’Altaï  et  le  lac  Baïkal.  Au  commencement  du  xm®  siècle,  Gengis 
Khan  (mieux  Tchinkguiz-Khaçan),  roi  des  Mongols,  les  incorpora  et  forma  le 
vaste  empire,  appelé  parfois  l’Empire  tartare. 

5.  Persia.  La  Perse  moderne  ou  Iran  a pour  capitale  Téhéran  (jadis  Ispahan). 
Au  xve  siècle,  ce  sont  les  Turcomans  du  Mouton  Noir  et  du  Mouton  Blanc  qui 
régnent  en  Perse,  puis  vinrent  les  Séfi  (Ismayl,  vers  1500,  et  ses  successeurs). 

6.  Turchomania,  pays,  steppe  des  Turcomans  ; c’est  la  région  de  l’Asie  centrale, 
comprise  entre  la  mer  Caspienne,  la  mer  d’Aral  et  le  pays  de  Khiva. 

7.  Doggé  = Doge,  duc,  chef. 


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freddi,  et  poi  li  mezzani,  etpoi  lipiù  bassi,  lo  raccolto  comincia 
di  sotto  in  suso  perché  gli  ultimi  seminati  producono  più  a 
buon’  hora  per  esser  luoghi  caldi.  Ancora  le  donne  lavorano  et 
fanno  de’  buoni  et  belli  Tapeti  et  altri  fatti  dilana. 

Osman  1,  il  quale  è stato  principio  alla  signoria  del  Gran 
Turco,  da  lui  è chiamato  la  casa  di  Osmani  : questo  Osman 
trovandosi  Dogge,  cioe  Capo  de’  Pastori,  in  quel  tempo  un  Si- 
gnore  pur  Pagano,  il  quale  havea  nome  Boga  2,  et  signoreggiava 
le  dette  contrade,  dove  fu  gia  Troia  3,  et  dopo  la  sua  morte 
non  gli  rimase  herede,  al  quale  toccasse  la  signoria,  ma  rimase 
in  confusion  et  in  man  di  chi  più  poteva,  et  Osman,  il  quale 
era  ben  voluto  in  quelle  contrade,  et  haveva  seguito  delli  suoi 
Pastori,  presso  i quali  di  consueto  sempre  si  atrovano  buoni 
Cavalli;  ancora  questo  Osman  si  mosse  ad  armiggiare  et  far 
quello  che  facevano  molti  altri  suoi  simili,  cioè  a saccheggiar 
et  abbatter  chi  di  lui  manco  poteva,  et  per  non  aver  stendardo 
tagliô  la  coda  ad  un  Cavallo,  et  pôsela  sopra  una  lancia  per 
stendardo,  et  fin  il  giorno  di  hoggi  li  Turchi  portanouna  o due 
code  di  Cavalli  per  stendardo.  Ancora  portano  altri  stendardi 
dette  code  per  memoria  del  predetto  Osman,  il  quale  per  suoi 
boni  portamenti  hebbe  assai  vittorei,  et  molti  Pastori  et  altri  si 
riducevano  sotto  la  sua  bandiera,  per  modo  che  egli  mise  l’as- 
sedio  ad  un  Castello  chiamato  Billezuch  4,  et  con  questo  fece 
testa,  et  a giornata  andavasi  facendo  grande,  per  modo  che 
avanti  la  sua  morte  si  fece  signor  di  gran  parte  del  paese 
del  detto  signor  Boga,  et  anco  del  paese  di  Troia  et  dopo 
la  morte  del  Sig.  Osman  rimase  signor  un  suo  figliuolo  che 
havea  nome  Orcham  5 , et  dapoi  rimase  Murat 6,  dapoi 

1.  Osman,  sultan  (1300-1326)  enterré  dans  « Gumuchly-Gounbed  » = coupole 
argentée. 

2.  Boga.  Ala  Eddin,  qui  constitua  Osman  son  héritier,  était  surnommé  « Boga  », 
c’est-à-dire  taureau.  « Arslan  = lion  »,  surnom  fréquent  chez  Turcs  et  Tartares. 

3.  Troia,  l’antique  Troja,  Ilion  (Illium),  bien  qu’immortalisée  par  Homère,  a 
disparu,  et  malgré  des  recherches  nombreuses,  on  en  ignore  l’emplacement 
exact  (Hissarlik  ? Akché-Keni  ? Bounar-Bachi  ?). 

4.  Billezuch  pour  Billedjik,  bourg  du  district  de  Sultan-Euny  (anc.  Argilium  de 
la  province  de  Khondavendkiar,  dont  le  chef-lieu  est  Brousse  ; voir  Zeitschrift 
für  M.  K XIII,  p.  176). 

5.  Orchan,  sultan  (1326-1358). 

6.  Murat,  pour  Mourad  (1358-1389). 


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Baiaxit  \ dapoi  Maumed 1  2,  dapoi  Mirât  3,  dapoi  Muemet  4, 
questo  hebbe  maggior  potenza,  e fece  più  fatti  in  arme  che 
tutti  gli  altri  suoi  antecessori,  corne  di  sotto  gran  parte  si 
dira. 

Questo  Gran  Turco  chiamato  Muemet  Imperatore  era  huomo 
di  mezza  età,  non  grande,  ne  piccolo,  era  grasso  et  carnuto,  ha- 
veva  il  fronte  largo,  gli  occbi  grossi  con  ciglie  rilevate,  haveva 
il  naso  aquilino,  la  bocca  piccola,  portava  la  barba  ritonda  e ri  • 
levata,  la  quale  trava  al  rosso,  et  bavevail  colîo  cortoegrosso,  et 
era  giallo  di  faccia,  le  spalle  un  poco  alte,  haveva  la  voce  into- 
nata,  et  haveta  le  gâte  alli  piedi . Questo  haveva  tre  flgliuoli 
maschi,  et  niuna  femina,  il  primo  5 suo  figliuolo  haveva  nome 
Baiaxit , il  secondo  Mustafa  6,  il  terzo  Zem  7,  et  ciascuno  di 
questi  signoreggiava  gran  paesi,  cioè  Baiaxit  signoreggiava  il 
paesedeir  Armenia  bassa,  et  gran  parte  dell’  alta.  La  sua  sedia 
era  Gittà  chiamata  Amasia  8,  Mustafa  signoreggiava  il  paese 
del  Caraman,  et  gran  parte  délia  Turchomania,  la  sua  sedia  era 
una  città  chiamata  Cogna  9;  Zen  signoreggiava  il  paese  del  Sara- 


1.  Baiaxit  pour  Bayézid  I,  1389-1403  (interrègne  de  1403-1413). 

2.  Maumud  pour  Mohammed  I (1413-1421). 

3.  Mirât  pour  Mourad  II  (1421-1451). 

4.  Muemet  pour  Mohammed  II  (1451-1481). 

5 II  primo  = l’aîné  des  trois  fils  de  Mohammed  II  (Guillet,  Vie  de  Moham- 
med II,  fait  de  B.  l’ainé,  t.  I,  p.  342),  mais  il  a prévenu  qu’il  suivait  Angiolello. 
Leunclavius,  énumérant  les  fils  de  Mohammed  II,  met  B.  en  premier  lieu 
(col.  589).  Ch.  Grey,  collection  Hakluyt  Society,  répète  Angiol.  A.  Gritti  Came- 
rarius  (p.  63),  Hammer;  N.  Jorga,  M.  L.  Thuasne  se  prononcent  en  faveur  de 
Mouslafa. 

6.  Moustafa  (-{-  1474).  N’était-ce  pas  plutôt  Moustafa  le  premier-né?  (Ce  Moustafa 
n’est  pas  à confondre  avec  son  homonyme,  fils  de  Suleyman,  étranglé  à Erégli 
en  Caramanie,  septembre  1553,  par  ordre  de  Rusten  Pacha,  instrument  de  l’am- 
bitieuse sultane  Cassecki  Roxelane  (Rossa).  Voir  sur  cette  favorite  : Curren, 
« Alberi  » (rel.  de  Navagero,  t.  I,  p.  74).  A.  Gritti  et  les  historiens  modernes 
voient  en  Moustafa  l’aîné  des  fils  de  Mohammed  II. 

7.  Zem  (Gen,  Gem,  Gien,  Zizimy,  Zizime,  Zizim,  Cizimo,  Djem  (1460-1495);  cf. 
Malipiero,  Annali  Veneti  ; Guillef,  Vie  de  Mohammed  II,  t.  I,  p.  287  ; t.  II,  p.  206, 
214,  383. 

8.  Amasia  (Amassia,  Amatia,  Amacia)  = Amasieh,  ville  turque,  chef-lieu  de 
district  de  la  province  de  Sivas,  bâtie  sur  le  penchant  de  deux  collines  séparées 
par  l’Iris  des  anciens  (Yékil  Irmak  = rivière  verte). 

9.  Cogno-Cogni,  Cogne,  Coigne,  Quoniah  ou  Konieh  =Iconium,  capitale  seld- 
joucide  de  1074  à 1294.  Cette  ville  fut  annexée  en  1392  par  Bayezid  (Ilderim 
= éclair,  foudre).  Elle  fut  longtemps  la  résidence  de  Djem  (cf.  Belon,  p.  374; 
Itinéraire  de  Constantinople  à la  Mecque,  p.  14). 


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han  f , la  sua  sedia  era  una  città  chiamata  Manexia 1  2,  i quali 
paesi  sono  lontani  uno  dall’  altro  giornate  dieci,  et  ciascuno 
haveva  diecimila,  et  più  huomini  da  fatti. 

Il  detto  Gran  Turco  hebbe  la  bachetta  di  signoria  in  Andria- 
nopoli,  fu  l’anno  1451  a di  27  maggio,  et  anni  duoi  dopoi,  Cos- 
tantlnopoli  fu  da  lui  preso  3 et  disabitato,  ma  dopo  che  fu 
cognoscito  il  sito  esser  cosi  bello  et  degno  luogo,  parve  al  Gran 
Turco  di  reabitarlo,  et  li  fare  una  sedia,  et  mando  le  cride  per 
tutto  il  suo  dominio  che  ciascuna  persona,  che  volontaria  venise 
a stantiar  a Gostantinopoli  havesse  casa  di  bando  et  che  per 
tre  anni  fossero  esenti  4 da  ogni  angaria,  et  vi  vienne  alquanti 
Greci  e Turchi  da  diversi  luoghi,  et  principiarono  ad  habitar 
Gostantinopoli.  Ma  perche  erano  pochi  per  esser  la  città 
grande,  et  vedendo  il  Gran  Turco  con  taie  crida  di  non  poter 
adempir  l'intention  sua,  comando  che  tutti  gli  Giudei , i quali 
fossero  in  suo  dominio  cosi  nella  Natolia  corne  nella  Romania 
fossero  menati  con  le  moglie,  et  fîgli uoli  a stantiar  a Gostanti- 
nopoli, et  furono  compartiti  per  ordine  et  a quelli  luoghi,  cioè 
aile  contrate,  dove  furono  messi,  a quelle  fu  posto  il  nome  dei 
luoghi,  et  terre,  dalle  quali  erano  stati  menati,  etda  qui  vienne, 
che  le  contra  di  Gostantinopoli  vengono  havere  diversi  nomi, 
et  linguaggi,  et  costumi,  il  che  procédé  per  rispetto  delle  per- 
sone  che  fu  condotte  da  diversi  paesi  et  questa  gente  si  chiama 
Surguni,  che  in  nostra  lingua  vuol  dire  gente  forzada  et  per 
niun  modo  si  puol  partir  di  fuora  dalle  porte  di  Gostantinopoli 
se  prima  non  danno  una  piezaria  di  ritornare,  et  oltra  questo  li 
conviene  pigliar  un  termine  per  tanto  tempo,  altrimenti  non 
ritornando  per  quel  giorno  che  promette,  correin  pena  a ragion 
di  aspri  sento  al  mese. 

Costantinopoli  è edificato  in  triangolo,  et  per  ogni  strada  è 

1.  Sarahan  (voir  Saroukhan,  coll.  Schefer,  XII,  p.  uv),  Sandjac  de  Turquie  d’A- 
sie, ancienne  Lydie  revendiquée  par  Saroukhan  lors  de  la  dissolution  de  l’empire 
de  Roum  (1307).  Le  Saroukhan  fut  annexé  par  Bayézid  I. 

2.  Manexia,  il  y a deux  villes  de  ce  nom  en  Lydie,  l’une  Magnesia  ad  Malan- 
drum,  en  turc  « Ghuzel-Hissar  » ; l’autre  Magnesia  ad  Sipylum,  actuellement 
Manissa,  célèbre  par  l’aimant  ou  pierre  de  magnésie.  Il  s’agit  ici  de  la  seconde, 
de  Manissa. 

3.  Cf.  Hist.  Turch.,  éd.  Ursu,  p.  19. 

4.  Privilège  séculaire,  exemption  encore  accordée  au  xx*  siècle. 


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sei  miglia,  una  facciata  guarda  a ponente,  l’altra  a mezzo- 
giorno,  l’altra  a tramontana  : quella  che  guarda  a ponente  è 
terra  ferma,  et  ha  tre  miglia  di  Mura  merlata  con  fosse  profonde 
et  larghe,  con  le  sue  barbachane.  Ancora  questa  facciata  ha  sei 
porte  senza  quella  délia  Rocca,  la  quai  Rocca  è fortissima  con  otto 
torrioni  aguzzi  coperti  di  piombo,  nelli  quali  stano  il  Tesoro  del 
Gran  Turco,  et  quella  facciata  che  guarda  a mezzogiorno  è 
sopra  il  Mare,  et  è ugnola  di  mura,  ma  è anco  questa  grossa  et 
forte.  Questa  facciata  ha  4 porte,  aile  quali  si  scaricano  Navilii 
et  barche  di  robe,  che  sono  condotte  per  uso  délia  Terra.  Ancora 
a questa  facciatà  vi  è una  muraglia  corne  una  Rocchetta,  la 
quale  si  chiama  Vlanga  !,  et  dentro  sonovi  altri  guardiani,  li 
quali  attendono  a quel  luogo.  Ancora  per  longo  di  questa  fac- 
ciata, vi  è un  luogo  chiamato  Conduschalli 2 : in  questo 
luogo  gli  stantia  parte  dell’  Armata  del  Gran  Turco  : ancora 
appresso  questo  luogo  vi  è una  Torre  3 la  quai  è aspra  prigione, 
et  in  questa  furono  messi  li  prigioni  condotti  di  Friuli  4,  cioè 
Mess.  Gio.  Antonio  Caldora  5,  Mess.  Gio.  Giacomo  Piccinino  6, 
Mess.  Filippo  da  Novolin  7,  et  molti  altri,  li  quali  furono  deca- 
pitati  sopra  la  detta  facciata,  et  altri  tolsero  taglia  et  si  riscos- 
sono  ; la  terza  facciata,  la  quale  varda  a tramontana  confina  con 
il  Porto  8,  et  ancora  questa  è ugnola  di  un  forte  muro,  salvo  che 
in  un  luogo  chiamato  il  Tener  9,  il  quale  è corne  una  Rocchetta, 
la  quai  è habitata  da  Trabisondi 10.  Questa  facciata  ha  sette 
porte,  la  quale  per  esser  sopra  il  Porto  sono  molto  adoperate  per 
l’abbondanza  dei  Navilii,  che  del  continuo  capitano  aile  dette 
rive  di  Costanlinopoli.  Questo  Porto  è lungo  otto  miglia,  et 
largo  circa  un  trar  d'arco;  per  mezzo  Gostantinopoli  dalla  parte 

1.  Vlanga  : quartier  de  Stamboul,  près  Koum  Kapou. 

2.  Pas  pu  l’identifier,  parce  que  trop  défiguré. 

3.  Torre  (Yédi  Koulé  probablement),  longtemps  prison  d’État. 

4.  Frioul,  Forum  Julii,  Frioul,  cédé  par  le  patriarche  d’Aquilée  aux  Vénitiens, 
1420  (voir  P.  Antonini  : II  Friuli  orientale , Milan,  1865). 

5.  Caldora  (cf.  Sanuto,  ap.  Muratori). 

6.  Piccinino  (cf.  ibid.) . 

7.  Novalin  (cf.  ibid.). 

8.  Porto  (Corne  d’or,  à cause  de  sa  forme). 

9.  Tener.  Défiguré. 

10.  Trabisondi  : nom  de  leur  origine,  tout  comme  pour  les  esclaves  de  l’anti- 
quité. 


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del  Porto  vi  è una  Gittà  chiamata  Pera  1,  e si  passa  de  un 
luogoalT  altro,  con  barche,  et  si  passano  in  diversi  luoghi. 

Ancora  con  le  dette  barche  si  passano  duoi  cavalli  alla  vol  ta, 
et  non  volendo  pagare,  bisognache  pigli  la  volta  attornoil  Porto 
per  essergli  paludi,  et  un  i fiumara  chiamata  Despote  2etsifanno 
12  miglia  da  Gostantinopoli  fino  a Pera  per  terra,  perô  si  passa 
il  detto  traghetto  per  esserglisi  non  un  trar  d’arco.  Questa  Gittà 
di  Pera  è grande  quanto  è il  corpo  di  Venetia,  benc  murata  con 
le  sue  Torri,  et  sono  più  alte  le  Torri  verso  Terra  ferma  che  non 
è quelle  a Marina  sopra  le  quali  vi  è una  Torre  3 grande  coperta 
di  piombo,  per  la  quai  si  discuopre  gran  parte  del  mar  mag- 
giore,  et  altri  luoghi  circostanti.  Ancora  dalla  parte  di  Pera  capi- 
tano  assai  Navilii,  et  Navi  grosse,  et  quasi  tutti  gli  mercanti 
Italiani  4 stanziano  in  Pera  ; qui  vi  sono  ostarie  alla  Ttaliana  ; 
ancora  vi  sono  monasterio  5 di  Frati  di  S.  Francesco,  di 
S.  Dominico,  di  S.  Benedetto,  i quai  luoghi  sono  offitiati,  salvo 
che  li  Turchi  non  lasciano  sonar  campane,  altramente  non  vi  è 
dato  impaccio,  et  vivono  di  elimosine.  Ancora  qui  vi  sono 
Ghiese  6 alla  Greca,  et  Ghiese  d’Aimeni,  i quali  offitiano  quasi 
al  nostro  modo,  cioè  levano  l’Ostia,  et  fanno  altri  misterii  simili 
ail’  Italiana.  Da  una  parte  fuora  di  Pera  è stato  trovato  nova- 
mente  da  una  vechia  Greca  cercando  radicchi,  una  Chiesiola 
sepolta  tutta  sotto  terra,  nella  quai  vi  èun  Altare  di  Santa  Vene- 
randa  7.  Da  una  parte  délia  Terra  vi  è una  stradella  stretta  et 
bassa,  fatta  in  volto  et  assai  longa,  in  capo  délia  quale  vi  è una 


1.  Pera,  Péra,  quartier  européen  (frank)  de  Constantinople.  Voir  P.  Gilles  et 
note  finale. 

2.  Despone  : nom  défiguré. 

3.  Torre,  Tour  du  Christ,  de  Galata,  encore  debout,  du  haut  de  laquelle  (tout 
comme  sur  la  tour  du  Seraskierat)  on  surveille  et  dénonce  les  incendies  de  Cons- 
tantinople. 

4.  Mercanti  italiani  (colonie italienne  à Constantinople,  Génois  surtout;  cf.  Hist. 
de  la  colonie  génoise  de  Péra,  par  Sauli). 

5.  Monastères  (cf.  Belin  : Histoire  de  la  Latinité  de  Constantinople  et  les  manus- 
crits de  la  Bibliothèque  nationale,  4134-4962,  254).  Voir  aussi  notre  volume  sur: 
Le  catholicisme  au  XVIIe  siècle  à Constantinople  (Péra),  chez  M.  Charpentier,  43, 
rue  de  Fleurus,  Paris  (VIe). 

6.  Chiese  (cf.  ibid.  et  Du  Cange  : Constantinopolis  Christ.,  p.  213). 

7.  Santa  Veneranda  : église  de  ce  nom  (mosquée  de  Piri  Pacha  à Hasskeui, 
Gerlach  l’appelle  H.  Parasszeve.  — Cf.  Belin). 


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largura,  et  una  fontana  che  sparge  di  sopre  in  su,  et  spande  in 
un  gran  lavello,  et  moite  persone  si  votano  a questa  fontana,  et 
beveno  di  quell’  acqua,  et  guariscono  di  moite,  et  varie  infer- 
mità,  et  anco  assai  Turchi  gli  vanno.  Ancora  in  capo  del  Porto 
verso  Terra  ferma  vi  era  un’  altra  Ghiesola  antica  pur  fatta  in 
volto,  nella  quale  i Turchi  tengono  il  corpo  di  S.  Giopo  *,  et 
il  Gran  Turco  per  devotione  di  quel  luogo  gli  ha  fatto  far  un 
bel  Tempio,  et  ha  tolto  dentro  la  detta  Chiesiola,  et  fa  offitiar  al 
detto  luogo  assai  i Religiosi  ; qui  vi  abitano  persone  assai,  et  vi 
sono  state  edificate  assai  case,  et  palazzi  attorno  questa  devo- 
zione,  per  modo  che  anco  per  questo  è fatto  un  grande  et  bel 
Borgo.  Ancora  qui  si  dimostra  essergli  stato  un  Castello,  il 
quale  fu  già  tempo  edificato  da’  Tartari  per  assediar  Costan- 
tinopoli. 

Hora  torniamo  alla  città  di  Costantinopoli,  nella  quale  vi  sono 
assai  et  varie  anlichità  ; prima  la  Ghiesa  di  Santa  Sofia,  la  quale 
è cosa  stupenda  di  grandezza  et  di  manifatture  di  marmi,  ala- 
bastri,  porfîdi,  musaico,  corne  fino  al  giorno  d’oggi  si  dimostra, 
et  sola  la  cuba  di  mezzo  è rimasta,  et  per  esser  fabrica  senza 
paro.  Li  Turchi  l’hanno  eletta  per  suo  Tempio 1  2,  et  in  quel  la 
adorano  secondo  la  legge  sua;  vi  sono  alcune  altre  Capelle  cir- 
costanti  alla  detta  fabrica,  le  quali  sono  state  portate  délia  detta 
gran  cuba,  et  in  quelle  li  Turchi  gli  tengono  in  alcune  gli  Ele- 


1.  S.  Giopo  pour  Eyoub  ou  Ayoub,  qui  signifie  Job.  Mosquée  et  quartier  de 
Stamboul.  Là,  se  trouve  le  tombeau  d’Eïoub,  compagnon  du  prophète.  C’est  là 
que  le  Grand  Seigneur  ceint  le  sabre  d’Osman  (couronnement  du  sultan).  Là  aussi 
le  Cheik-Ul-Islam  souhaite  au  nouveau  Grand  Seigneur  la  bonté  d’Osman  (voir  coll. 
Schefer,  XVII,  la  note  de  la  page  246). 

2.  Sainte-Sophie,  œuvre  de  Justinien,  d’Anthémios  de  Tralles  et  d’Isidore  de 
Milet,  a fait  l’admiration  des  siècles.  « Par  son  incomparable  architecture,  non 
moins  que  par  sa  position,  Sainte-Sophie  mérite  le  nom  d’œil  de  Constanti- 
nople, que  lui  donnent  ceux  (P.  Gilles,  topogr.,p.  24)  qui  disent  que  toute  la  ville 
ressemble  à un  aigle  aux  ailes  éployées.  Le  bec  serait  la  pointe  du  Sérail  et 
Sainte-Sophie  l’œil.  » Pierre  Belon  n’hésite  pas  à la  comparer  au  Panthéon,  « le 
plus  beau  bâtiment  qu’on  voye  resté  debout,  qui  est  bien  autre  chose  que  le  Pan- 
théon de  Rome,  a esté  patron  aux  Turcs  à faire  leurs  mosquées  » (voir  P.  Gilles, 
p.  109  ; Nicolaï,  p.  245  ; Du  Cange,  Constant.  Christ.  ; Andréossy,  p.  114;  Fossati  : 
Aya  Solia,  London,  1852.  Les  illustrations  de  Sainte-Sophie  de  Chalcondile,  par 
Bl.  de  Vigenère,  Paris,  1612,  p.  416.  Les  planches,  dans  Banduri,  II,  p.  745-764,  et 
surtout  de  Salzenberg,  Allchristliche  Bandenkmale  von  Conslanlinopel , Berlin, 
1854,  p.  14). 


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fanti  del  Gran  Turco,  et  in  altre  li  Leoni,  et  in  una  vi  stano  muni- 
tione  di  corazzine,  panciere,  et  altre  arme  pur  del  Gran  Turco, 
et  in  un’  altra  vi  è un  pestrin  da  far  polvere  da  artigliarie,  et 
tutti  queste  Capelle  sono  lavorate  di  marrno  et  dentrodi  musaico, 
di  modo  che  sono  lavori  di  gran  fattura. 

Ancora  per  mezzo  la  porta  di  S.  Sofia  vi  è una  colona  lavo- 
rata  di  pezzi  assai  alta,  sopra  la  quale  era  l'imagine  di  Sanlo 
Agostino  1 fatta  di  bronzo,  la  quale  fu  levata  viadal  Gran  Turco, 
perché  dicevano  li  suoi  astrologhi  et  indovini,  che  insino  che 
la  detta  statua  di  St  Agostino  starà  sopra  la  detta  colona,  li 
Cristiani  sempre  haverano  possanza  contro  i Maomettani  ; et 
cosi  fu  levata  via  la  detta  colona.  Ancora  nel  fondo  di  quella 
vi  è una  bella  fonte,  la  quale  gietta  in  un  lavello  per  tre  canoni 
di  métallo  acqua  suavissima.  Ancora  verso  Ponente,  puoco  lon- 
tano  da  questa  Ghiesa  di  Santa  Sofia,  vi  è un  luogo  chiamato  il 
Prodomo  2,  il  quai  luogo  è dove  al  tempo  delli  Signori  Greci  si 
fecero  li  Tornimenti  et  Trionfi;  et  questo  luogo  è edificato  sopra 
volti  dove  sotto  si  puo  andare  per  ogni  parte,  e questo  luogo  è 
longo  un  trar  d’arco  con  freccia,  et  largo  un  trar  di  mano  ; da 
un  capo  di  questo  luogo  vi  sono  una  delle  predette  Capelle  di 
Santa  Sofia,  nella  quale  stava  i Leoni  et  altre  Fiere  del  Gran 
Turco;  dalf  altro  capo  vi  sono  alcunecolone  di  marrno  accon- 
scie  alla  fila,  et  sono  a due  a due  una  sopra  l’altra,  per  modo 
che  vengono  esser  altissime,  e di  sopra  vi  è un  profilo  di  aste 
le  quali  vengono  a incatenar  tutte  le  predette  colone  insieme, 
dalle  quali  colone  perfino  alla  predetta  Capella,  al  tempo  di 
Cristiani  si  tiravano  pani  che  coprivano  da  un  capo  ail’ altro  del 
predetto  luogo,  et  dalf  altre  due  parti  vi  sono  i luoghi  da  sedere 
per  quelli  che  stavano  a vedere  li  Trionfi.  Ancora  per  mezzo  il 
predetto  luogo,  cioè  per  longheza  vi  sono  4 belli  edificii,  prima 


\.  Saint  Augustin  (pas  trouvé  ailleurs  cette  anecdote). 

2.  Prodromo  ou  Podromo,  Hippodrome  ou  At.meïdan,  place  fameuse  dans  les 
fastes  de  Byzance. 

Nicolaï  écrit,  p.  62  : Atmayden.  Beauveau,  p.  48  : « Ypodrome  nommé  des 
Turcs  Acmedan.  » Voir  Jean  Chesneau,  p.  29;  J.  Maurand,  p.  227-235;  P.  Gilles, 
topogr.,  p.  83-88;  J.  F.  Bourquelot  : La  colonne  serpentine  et  l'hippodrome,  dans 
les  Mémoires  de  la  Société  des  antiquaires,  t.  XXVIII,  p.  20-47  ; Rambaud  : De 
Hippodromo,  planches;  P.  Banduri,  p.  644  (l’hipp.  du  xiv®  siècle,  coll.  Schefer, 
t.  VIII,  p.  29);  H.  du  xvi®  siècle,  Jules  Labarte,  Hipp.  du  XIXe  siècle). 


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verso  le  predette  colone  vi  sono  una  fila  1 di  quadi  di  pietra 
murati  in  un  muro,  et  sono  tanto  bene  acconci  quanto  mai  sia 
possibile,  dietro  quelli  gli  sono  3 bisse  - di  métallo  tortigliate 
tutte  insieme,  et  molto  strette,  et  le  teste  di  quelle  con  le  lingue 
guarda  a tre  parti,  et  per  lo  mezzo  delle  dette  3 bisse  era  nato 
un  moraro  di  quelli,  che  fa  le  more  rosse  et  per  esser  ingros- 
sato  il  tronco  cominsciava  a separarle  et  aprirle,  et  lo  Gran 
Turco  lo  fece  affocare  co’  ferri  caldi  perché  non  fusse  cagione  di 
guastar  il  detto  edifitio,  per  lo  quale  si  dice  che  fusse  fatto  per 
discasar  le  bisse  dalla  Gittà  di  Gostantinopoli,  che  già  tempo  fu 
che  la  detta  Gittà  non  si  poteva  habitar  per  la  gran  moltitu- 
dine  che  vi  ne  era  ; et  in  questi  giorni  presenti  non  si  ne  trova 
niuna  se  non  fossero  portate  per  qualche  Erbolato.  Il  terzo  edi- 
litio  sono  un'Aquila  3 di  pietra  viva,  alta  sinque  passi  acconcia 
sopra  quattro  dadi  di  métallo,  et  sono  istoriata  da  4 parti.  Et  il 
quarto  edifitio  sono  certa  puoca  fabricha  di  pietra  cotta  a modo 
di  3 pilastrelli,  che  in  mezzo  di  quelli  al  tempo  delli  Trionfi  di 
Gostantinopoli  gli  solea  esser  una  statua  di  marmo  in  forma  di 
un  huomo  che  sedesse  4,  il  quale  teneva  la  man  destra  tesa  al 
modo  quando  unoporge  la  mano  per  ricever  dinari  ; el  quando 
si  volea  concluder  alcun  mercato,  si  andava  al  predetto  luogo, 
et  si  tratava  il  pretio  délia  cosa,  che  si  dovea  o vendere,  o 
comperare,  et  volendo  concluder  il  mercato,  si  andava  met- 
tendo  il  denaro  in  mano  di  quella  statua,  et  quando  l’haveva 
ricevuto  lo  detto  pretio,  che  valeva  la  detta  roba,  quella  statua 
stringeva  la  mano,  et  non  havria  tolto  ne  più  ne  meno  di 
quello  era  il  pretio  délia  roba,  et  questo  lo  dico  perché  lo  vidi 


4.  Fila  = obélisque.  Dès  le  xvie  siècle,  il  n’y  a plus  qu’un  obélisque  très  haut, 
avec  des  lettres  et  des  figures  égyptiennes,  il  est  placé  sur  quatre  dés  de  bronze. 
Belon  et  Garzoni  prétendent  en  avoir  vu  deux.  M.  Jules  Labarte  dit  que  le  « Colos- 
sus  structilis  » semble  avoir  été  pris  par  eux  pour  un  second  obélisque,  p.  50 
(cf.  Ménétrier  : col.  de  Théod.,  vulgo  historiata,  ab  Arcadio  erecta,  a Gentile 
Bellini  delineata  (Venetia,  4765). 

2.  Tre  bisse,  colonne  serpentine  ou  triserpentine  = trois  serpents  entortillés. 
Elle  a beaucoup  frappé  les  voyageurs  (cf.  Maurand,  p.  229  ; P.  Gilles,  p.  90;  Nico- 
laï,  p.  52;  Beauveau,  p.  48.  Ramberti  et  Garzoni,  Du  Cange  la  signalent  aussi. 
Voir  les  planches  de  J.  Maurand,  pl.  17  ; de  Banduri,  p.  667  ; de  Thevet,  p.  62 
(ici  les  têtes  reposent  sur  le  sol). 

3.  Aquila  (voir  auteurs  cités). 

4.  Huomo,  cette  anecdote  est  rapportée  moins  souvent. 


4 


- ôo  - 

con  miei  occhi  ; hora  ha  vienne  che  uno  era  a mercato  di  un 
cavallo  con  un  altro,  et  andarono  alla  detta,  et  corne  li  fu  messo 
il  primo  ducato  in  mano,  la  statua  strinse  il  pugno  ; lo  mer- 
cante  di  chi  era  il  cavallo,  lo  appretiava  più  di  sinquanta  scudi, 
et  scorusciato  trasse  una  coltella,  et  dette  si  forte  colpoche  rupe 
la  mano  alla  detta  statua,  per  modo  che  da  allora  in  quà  l’ha 
perso  la  virtù,  et  in  quel  giorno  istesso  s’amalô  il  cavallo,  et 
morse,  et  la  pelle  fu  venduta  un  ducato. 

Ancora  appresso  a questo  luogo  chiamato  il  Prodromo,  vi 
sono  mille  colone  1 di  marmo,  le  quali  sono  coperte  sotto  terra, 
et  vi  è un  volto  di  sopra  che  le  coprono,  et  sono  messe  per  tal 
modo,  che  guardando  per  ogni  parte  si  dimostra  la  dritura. 
Ancora  dall’altra  parte  délia  Chiesa  di  S.  Sofia  verso  levante  vi 
è una  ponta  2 délia  Gittà  di  Gostantinopoli  la  quai  porgie  sopra 
il  mare  et  ivi  è edificato  il  palazzo  del  Gran  Turco  3 al  modo  che 
di  sotto  intenderete.  Prima  a traverso  délia  predelta  ponta,  il 
Gran  Turco  ha  fatto  tirar  un  muro  grosso,  et  dieci  piedi  alto 
con  Torrioni,  et  Merli  da  un  capo  ail’  altro,  per  modo  che  in 
questa  ponta  vi  è una  porta  doppia,  la  quale  entra  nel  Cas- 
tello,  et  sopra  di  questa  porta  vi  è un  Palazzo  ben  lavorato, 
coperto  di  piombo;  quandosi  entra  nella  prima  porta  si  trova 
un  cortivo  longo  un  trar  d’arco,  et  poco  men  largo,  et  a man 
destra  di  questo  cortivo  vi  è un  mureto  con  lastre  di  sopra,  che 
tiene  quanto  la  lungheza  del  Cortivo,  et  da  quella  parte  si  sen- 
tano  gli  Schiavi,  et  famigli,  li  quali  si  congregano  il  giorno  di 
corte,  et  sopra  le  dette  lastre  vi  sono  alcuni  muraletti  di  legno 
larghi  per  modo  che  si  puol  vedere  il  Gran  Giardino  da  quella 
parte,  et  dalf  altra  sinistra  vi  è una  delle  predette  Capelle  di 
Santa  Sofia,  nella  quale  vi  stano  alcuni  monitioni  corne  Cora- 
sine,  Archi,  Freccia  et  altre  armi.  Passando  il  primo  cortivo, 
si  trova  un’altra  porta  doppia,  et  quando  s’entra  dentro  si  trova 
un  altro  cortivo,  il  quale  è lungo  et  largo  corne  il  primo,  et  a 

1.  Mille  colone,  Bin  bir  direk,  c’est-à-dire  les  mille  et  une  colonnes  (pour  dire  un 
grand  nombre),  serait  l’antique  citerne  de  Philoxenos,  ive  siècle.  Elle  mesure  750 
sur  150  pieds  (voir  Andréossy  et  de  Salzenberg,  p.  48). 

2.  Ponta  : le  pont  de  Karakeuy  (voir  de  Amicis  : « Constantinople  »,  et  Gautier, 
Constantinople,  1853). 

3.  Palazzo  = Sérail  du  Grand  Seigneur  (cf.  p.  58,  n°  5). 


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man  destra  di  questo  secondo  cortivo,  vi  sono  le  Gucine  del  Gran 
Turco,  le  quali  son  fatte  in  volto,  et  coperte  di  piombo,  et  a 
man  sinistra  vi  sono  le  stalle  del  Gran  Turco,  nelle  quali  stanno 
li  cavalli,  checavalcha  il  Gran  Turco,  le  quali  stalle  sonolonghe 
per  il  dietro  quando  si  puol  guardare,  etappresso  visono  alcune 
fontane,  nelle  quali  $i  serve  d’acqua  perla  cucina,  et  per  bever 
li  cavalli,  et  tuttequeste  sono  coperte  di  piombo,  et  pur  fatte  in 
volto;  et  un  puoco  più  avanti  del  cortivo  vi  è un  Toresin  con 
porte  di  ferro  coperto  di  piombo  et  in  questo  stà  li  dinari  del 
Gran  Turco  dell*  intrade,  che  sono  porta  a giornata,  et  in  questo 
luogo  vi  vien  messo  il  numéro  di  sentomila  ducati,  ovvero 
sento  barili  di  moneta,  li  quali  danari  sono  poi  portati  all’anti- 
detta  Rocca,  dove  è il  gran  Tesoro  L Et  un  puoco  più  avanti  vi 
sono  la  Loggia  et  Cancellaria,  dove  senta  li  Vixir,  ovvero  per 
dire  in  nostra  lingua  li  Gonsiglieri,  et  ivi  stanno  tutti  quel  li , li 
quali  sonodeputati  alli  offitii  di  quello  stato;  etdall’altra  parte 
di  questo  2°  cortivo  si  trova  un’altra  porta  doppia,  et  entrati 
entro  di  quella  vi  è una  Loggia  coperta  di  piombo,  et  qui  senta 
il  Gran  Turco  quando  il  dà  udienza;  poi  si  trova  il  terzo  Cor- 
tivo, il  quale  è lungo  et  largo,  corne  li  altriduoi,  et  a man  destra 
vi  è una  bella  Colombara,  nella  quale  vi  sono  colombi  assai,  et 
di  più  sorte,  con  picagli  di  perle  alli  piedi,  et  questi  colombi 
sono  ammaistrati,  che  con  sifoli  si  levano  tutti  in  aria,  et 
secondo  che  vi  si  sifola,  fano  alcune  tombole  in  aria  voltandosi 
sotto  sopra,  et  poi  li  fanno  poner  tutti  a baso,  cioè  in  terra,  et 
questo  glielo  puô  far  fare  a sua  requisitione,  et  vi  sono  alcuni 
di  questi  colombi,  che  nella  prima  pena  fano  il  scapocio,  corne 
quello  delli  Frati  : et  poi  alla  detta  parte  del  Cortivo,  un  puoco 
più  avanti,  vi  è una  statua  fatta  in  volto,  coperta  di  piombo,  et 
dentro  selesata  di  marmo  con  fontane  fredde  et  calde  con  suoi 
lavelli,  et  in  questo  luogo  si  lava  il  Gran  Turco,  et  poi  li  suoi 
cortigiani  ogni  Venere;  et  a man  sinistra  del  cortivo  vi  è il 
Palazo,  dove  stanzia  il  Gran  Turco,  il  quai  Palazo  la  maggior 
parte  è lavorato  in  volto  et  ha  moite  camere,  et  stanze  da  estate 


1.  Le  grand  trésor  public,  « miri  »,  à Yédi  Koulé  = « le  Jadicula  » de  Nicolaï  ; 
par  opposition  au  trésor  privé,  « Khasna  »,  au  Sérail. 


U.  of  ;ll  lib. 


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et  da  inverno.  Dalla  parte  che  guarda  verso  Pera,  vi  è un  por- 
tico,  il  quale  è sopra  il  gran  Giardino,  et  da  quello  ascendono 
inolti  ancipressi.  i quali  vengono  a referire  alli  balconi  del 
detto  portico,  et  questo  portico  è edificato  sopra  due  colone,  et 
è fatto  tutto  in  volto  et  in  mezzo  vi  è una  fonte,  la  quale  spande 
in  un  bel  lavello  lavorato  di  marmo  con  profili  et  colonele  di 
porfido,  et  serpentina,  et  in  questo  lavello  vi  sono  più  sorte 
pessi,  et  il  Gran  Turco  se  ne  piglia  gran  piacere  a vederli,  et 
attorno  il  detto  Palazo  vi  è un  giardino,  il  quale  vien  abrasciar 
tutti  tre  li  cortivi  sopradetti  da  una  parte  et  dall’  altra  tanto 
quanto  tien  lo  predetto  castello. 

In  questo  giardino  vi  sono  alcune  chiesiole  fatte  in  volto,  et 

10  Gran  Turco  ne  fece  racconsciar  una,  la  quale  è lavorata  di 
musaico,  et  in  questo  giardino  vi  sono  3 Palazzi  lontani  un 
dall’  altro  circa  un  trar  di  mano,  et  sono  fatti  in  diversi  modi. 
Uno  è fatto  alla  Persiana,  lavorato  al  modo  del  paese  del  Cara- 
man,  et  è coperto  di  batudo  ; il  secondo  è fatto  alla  Turchesca  ; 

11  terzo  alla  Greca,  coperto  di  piombo.  Et  in  questo  giardino  vi 
sono  di  più  sorte  d’alberi  fruttiferi  piantati  con  ordine,  et  si* 
milmente  pergole  con  uve  di  più  sorte,  roze,  gigli,  zafarine, 
fiori  d’ogni  conditione,  et  per  ogni  parte  sono  abondanti  di 
acque  soavissime,  cioèfonti  et  pozzi.Ancora  in  questo  giardino 
vi  sono  alcuni  luoghi  separati,  nelli  quali  stano  di  più  sorte 
animali,  corne  Gervi,  Daini,  Caprioli,  Volpi,  Lepri,  Pecore,  Ca- 
prine, Buovi  d’india,  li  quali  sono  assai  maggiori  delli  nostri, 
et  molt’  altre  sorte  d’animali.  In  questo  giardino  gli  habitano 
molti  sorte  d’uccelli,  et  quando  è la  primavera  è un  piacer  a 
sentirli  cantare  et  medesimamente  vi  sono  un  paludo,  il  quale 
è piantato  di  canevere  (canne  selvatiche),  dove  gli  habitano 
gran  numéro  di  Oche  salvatiche,  et  Anitre,  et  li  in  quel  luogo 
il  Gran  Turco  se  piglia  piacere  a tirar  con  lo  schioppo.  Et  qui 
di  sotto  intenderete  il  modo,  che  s’  è fatto  il  Palazo,  dove  stan- 
ziano  le  donzelle  1 del  Gran  Turco,  et  è lontano  da  quello  del 
Gran  Turco  circa  un  miglio  et  è edificato  sopra  una  colona  al 
modo  che  di  sotto  intenderete.  Prima  vi  è una  muraglia,  la 


1.  Palazzo  de  Donzelle.  Cf.  note  finale  : « Eski  Séraï.  » 


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quai  circonda  un  buon  miglio  et  è alta  tre  piedi,  et  ha  quattro 
entrate  con  porte  grande  et  in  mezzo  di  questa  muraglia 
vi  è un  Palazzo,  et  dentro  ha  moite  stantie  et  camere,  nelle 
quali  vi  stano  le  donzielle  del  Gran  Turco,  et  attorno  di 
questo  Palazzo  vi  sono  orti  et  giardini  assai,  piantati  d’alberi  et 
vide  di  più  sorte,  e in  questi  orti  vi  tengono  gran  quantité 
d’animali  et  vi  sono  fontane  condotte  da  lontani  luoghi,  le 
quali  spandono  in  diversi  luoghi,  et  vengono  poi  a sunarsi 
(=  adunarsi)  in  una  basura,  dovevengonoa  far  corne  un  laghetto, 
et  attorno  sono  piantati  di  canevere,  et  entré  li  stanziano  gran 
copia  d’uccelli  salvatici,  per  modo  che  ancora  questo  è un  bel 
luogo,  e di  sotto  seguitando  intenderete  deir  ordine  che  sono 
tra  le  persone  che  stantiano  et  sono  deputate  alla  custodia,  et 
guardia  delle  dongielle.  In  questo  Palazzo  delle  dongielle  vi 
è una  colona  1 altissima  et  grossa,  la  quale  sta  dietro,  et  è 
tutta  d’un  peso  et  è busa  di  dentro,  et  in  quel  vacuo  vi  è in- 
tagliato  dentro  una  colona  più  piccola,  et  quella  ha  una  scala 
intagliata  dentro  del  proprio  saso,  la  quai  scala  va  dal  fondo 
fino  alla  sumità,  et  referise  a un  baladoro  (ballatoio)  il  quai 
circonda  la  cima  délia  colona,  et  la  colona  prima  granda  di  fuo- 
ravia  sono  tutta  istoriata  di  figure  minute  con  carri  trionfanti 
et  altre  istorieantiche.Nella  Gittà  di  Gostantinopoli  ne  sono  una 
simile  a questa,  et  è in  un  logo,  dove  si  fa  ogni  settimana  un 
grosso  mercato,  nel  giorno  di  Dominica,  et  nella  detta  Gittà, 
cioègiusto  nel  mezzo,  è un’  altra,  sopra  la  quale  il  Gran  Turco 
ha  fatto  edificar  un  bel  Tempio  et  giace  al  modo  infra- 
scritto. 

Il  Gran  Turco  fece  edificar  moite  Chiese  2 et  li  marmi,  co- 
lone  et  pietre  le  fece  condural  predetto  luogo,  doveèstata  edifi- 
cata  una  gran  cuba  3 alla  similitudine  délia  Gapella  di  Santa 

1.  Colona,  celle  encore  debout  sur  la  pointe  du  Sérail  (peut-être  la  colonne 
brûlée  ?). 

2.  Chiese  : églises  musulmanes , mosquées  et  autres  constructions  et  fondations 
pieuses  de  Mohammed  II,  cf.  Bratutti  (fin  du  règne).  Guillet,  Vie  de  Mohammed  II. 
Les  sultans  et  les  grands  personnages  ont  de  tout  temps  cru  de  leur  devoir 
d’élever  des  mosquées,  des  imarets  et  des  fontaines  publiques. 

3.  Cuba,  coupole,  mosquée  du  Fatih  = Conquérant,  au  sommet  de  la  colline  qui 
s’élève  au  milieu  de  Stamboul,  sur  l’emplacement  d’un  monastère,  détruit  par 
un  tremblement  de  terre.  Achevée  en  1470.  Le  tombeau  de  Mohammed  II  se 


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Sofia,  et  dentro  sono  tutta  bianca  se  non  un  circolo,  il  quale  è 
fatto  a fogiami  con  alcune  letere  arabiche,  et  è salesata  di  bel- 
lissimi  marmi,  con  colone  bellissime,  attorno  la  quale  vi  sono 
porfidi,  serpentine  et  altre  pietre  di  gran  valuta,  et  questa 
Chiesa  è ornata  di  gran  copia  di  zezendelli,  ornati  con  ovi  di 
Struzzo,  li  quali  sono  sospesi  con  catene  d’oro  fino.  Et  la  terra  è 
coperta  tutta  di  bellissimi  tapedi  grandi,  sopra  li  quali  adorano 
li  Turchi.  Questa  cuba  hano  sinque  porte,  tre  davanti,  et  una 
per  lato,  le  quali  sono  lavorate  alla  damaschina  con  intagli  di 
fogliami  minuti;  vi  è poi  un  puoco  più  avanti  una  intrade, 
dove  vi  è corne  un  cortivo  assai  grande,  et  attorno  questo  cor- 
tivo  vi  sono  porteghi  longbissimi  con  colone  bellissime,  et  sono 
coperti  di  piombo,  et  di  sotto  salesati  di  marmo,  et  in  mezzo 
il  cortivo  vi  è una  gran  fonte  con  un  canone,  che  gietta  in  aria, 
et  Pâque  cadono  in  un  picolo  lavello,  et  quello  hanno  canoni, 
che  le  gettano  in  un  altro  più  grande,  et  con  simil  modo  di  la- 
vello in  lavello  si  va  perdendo  l’acque,  et  a quella  prima  fonte 
vi  si  lava  la  gente  maomettana,  quando  vogliono  far  le  sue 
orazioni.  Ancora  fuoradi  questo  cortivo  vi  n’  è un  altro  murato 
tutto  attorno  salvo  in  alcuni  andii  (anditi)  dove  si  passano  et 
questo  è maggior  degli  altri,  perché  circondà  un  buon  miglio 
et  1/2  et  abbrascia  l’altro  predetto  con  tutto  il  tenir  del  Tempio, 
et  da  duoi  parte  di  questo  cortivo  vi  sono  studii,  cioè  a man 
destra  et  a man  sinistra,  li  quali  studii  sono  fabricati  in  volto, 
coperti  di  piombo  con  camare  et  luoghi  da  Studenti,  et  Sacer- 
doti,  li  quali  offitiano  il  detto  Tempio,  et  questi  tali  sono  pre- 
miati  dal  Gran  Turco.  Prima  liSacerdoti  hanno  salario,  spese  et 
casa  di  bando  ; li  Lettori  hanno  salario  secondo  la  lettura,  spese 
et  casa  di  bando,  et  tutti  gli  Scolari,  li  quali  vogliono  addir  le 
littioni,  et  studiar,  hano  spese,  libri  et  casa  di  bando;  sicchè 
alf  ombra  di  questo  luogo  vengono  persone  da  luoghi  lontani. 
Ancora  dalle  predette  parti,  cioè  dietro  alli  studii  vi  sono  ospe- 
talli  a pepiano  coperti  di  copi,  nelli  quali  vi  si  alberga  assai,  et 
ogni  forastiero,  che  capita  a questo  luogo,  sia  sano  over  ama- 


trouve  devant  le  mihrab.  En  dehors  de  la  mosquée,  les  huit  collèges  appelés 
« Cemanieh  » (Evlia  EfT.  trad.  par  Hammer,  I,  66). 


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lato,  per  3 giorni  vien  ricevuto  con  honor  grande,  et  hano  da 
mangiar,  et  da  bever,  et  albergo  secondo  le  sue  usanze.  Et 
alla  frontiera  del  Tempio  vi  è corne  un  giardino,  il  quale 
s'appoggia  pur  al  Tempio,  et  è longo  circa  un  trar  di  mano,  et 
puoco  men  largo,  il  quale  èmurato  tutto  attorno  con  moite  fe- 
riate,  per  le  quali  si  puô  vardar  dentro  et  fuora,  et  è piantato 
per  ordine  di  ancipressi  et  altri  alberi,  et  in  mezzo  quel  giar- 
dino più  verso  il  tempio  vi  è una  cubetta,  corne  una  Capellaben 
lavorata  di  pietra  viva  con  feriate  spesse,  et  qui  vi  sono  l’abita- 
zione  dietro  l’area  ordinata  per  il  Gran  Turco;  et  questo  Tem- 
pio ha  2 campagnilli  uno  per  lato  assai  alti,  et  ben  lavorati, 
sopra  li  quali  ail’  hora  dell’  orationecioè,  sinque  volte  al  giorno, 
li  Sacerdoti  alsano  li  baladori,  et  dicono  con  voce  alta  alcune 
parole,  per  le  quali  intendono  quand’  è l’hora  dell’  oratione, 
dove  il  popolo  si  congregano  al  Tempio  et  puoco  lontano  dal 
Tempio  si  fa  un  bel  mercato  ogni  settimana  una  volta,  et  ivi 
vi  sono  un  mar  di  botteghecon  mercantiet  artisti  di  più  condi- 
tioni,  et  questo  si  chiama  il  mercato  del  Caraman. 

Puoco  più  di  sotto  vi  è poi  una  basura,  la  quale  è longa  circa 
un  trar  di  balestra  et  per  mita  larga  et  attorno  visono  botteghe, 
nelle  quali  vi  stano  mastri,  che  fano  briglie,  et  selle  et  altri 
fornimenti  da  cavallo  per  la  corte  del  Gran  Turco  ; et  in  mezzo 
di  questo  luogo  ogni  mattina  si  fa  un  grosso  mercato  di  cavalli 
et  Gambelli,  et  ogni  giorno  si  ne  vendê  gran  copia.  Dalle  parte 
destra  del  tenir  del  Tempio  puoco  di  sotto  vi  sono  le  stantie  l, 
dove  stano  la  fanteria  del  Gran  Turco  et  sono  edifieate  al  modo 
infrascritto.  Vi  è un  cortivo  grande  et  è murato  per  quadro  con 
duoi  porte,  una  di  dietro,  Paîtra  davanti  et  attorno  visono  stan- 
tie a piepiano  tutte  in  volto,  coperte  di  piombo,  con  botteghe, 
che  vanno  tutto  a torno  et  davanti  le  dette  stanzie  vi  sono  anco 
li  porteghi  in  volto.  In  mezzo  questo  cortivo  vi  è un  pozzo 
grande  et  da  una  parte  vi  sono  circa  2 campi  di  prataria  con 
fosse  atorno,  et  qui  s’esercitano  la  fanteria  a manigiar  l’arme 
et  a scaramusciare,  et  è di  consueto  essere  dieci  milia  per- 
sone,  le  quali  stantiano  in  questo  cortivo,  cioè  undeci  per  casa, 


1.  Stantie  (casernes  des  janissaires). 


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un  caporale  et  dieci  compagni,  et  seguitando  si  dirà  l’ordine 
suo.  Dall‘altra  parte  poi,  cioè  a man  sinistra  vi  è una  basura, 
nella  quale  vi  è edificato  un  altro  Tempio,  etli  Turchi  hanogran 
devotione  a quel  luogo  : et  vi  sono  un  luogo  corne  un  monas- 
terio  con  moite  camare  et  ogni  camara  ha  il  suo  lavello  di 
pietra,  soprail  quale  vi  sono  dei  canoni  di  métallo,  da  uno  esce 
acqua  calda,  et  dall’  altro  aequa  fredda,  percio  chè  in  questo 
luogo  vi  sono  corne  stue  (stufe)  che  usano  in  questi  paesi,  et 
qui  si  lavano  le  persone  et  in  quelle  stantie  tengono  molti  vesti- 
menti,  et  drapi  necessarii  agli  huomini.  Et  sappiate  che  nella 
Città  di  Gostantinopoli  vi  è un  luogo,  il  quale  si  chiama  Bexes- 
tran  *,  il  quai  luogo  è corne  il  Fontico  dei  Todeschi  di  Vene- 
tiaet  è fatto  in  volto  con  4 porte  fortissime,  et  in  questo  fontico 
per  ogni  parte  vi  sono  botteghe  et  vi  si  vende  d’ogni  sorte  di 
robe,  cioè  panni  d’oro  et  d’argento,  drapi  di  seta  d’ogni  sorte, 
in  somma  gli  si  vende  ogni  cosa  di  valore,  et  ogni  giorno  sul 
mezzodi  si  fa  incanti  et  si  vende  et  compra  d’ogni  cosa  s’ha  di 
bisogno  et  fuora,  di  questo  fontico  per  ogni  parte  vi  sono  bot- 
teghe di  più  sorte  di  mercantie,  corne  panni  di  lana,  tele,  coltre, 
schiavine,  fustagni  ; qui  vi  stanno  strassaruoli,  calzolari,  da 
un’altra  parte  vi  è orevesi,  et  cosi  sono  compartiti  per  ordine 
tutti  gli  mistieri,  et  siascun’ arte;  et  per  ogni  parte  si  fano 
incanti  ogni  giorno,  salvo  che  il  Venere,  et  si  vende  fina  le 
scarpe  a incanto,  et  similmente  per  tutte  quelle  contradevi  sono 
artisti  di  più  conditioni.  Avvertendovi  che  tutte  le  contrà  di 
Gostantinopoli  hano  il  suo  tempio,  et  la  sua  statua  con  il  suo 
mercato,  secondo  l’ordine  et  usanza  délia  contrada,  perciochè 
corne  ho  detto  di  sopra,  le  contrade  di  Gostantinopoli  ha  vari 
lenguagi,  costumiet  usanze  per  rispettodelle  persone,  che  sono 
state  condotteda  diversi  paesi. 

In  questa  Gittà  vi  sono  assai  Chiese  lequali  sono  offitiate  da 
Gristiani,  corne  è il  Patriarcato,  et  moite  altre  Chiese  di  Greci  et 
Latini  et  di  Macedoni  et  Armeni,  et  per  lo  simile  li  Giudei  hano 
le  sue  synagoge  et  non  vi  sono  dato  impaccio  et  le  tengono 
aperte  corne  fosseroin  proprie  sue  patrie.  Per  ogni  parte  di  Cos- 


i.  Bexestran,  grand  bazar.  Cf.  note  finale. 


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tantinopolicavando  niente  sotto  terra  si  trovano  volti,  over  altri 
fondamenti. 

Hora  si  dirà  per  quai  causa  il  Gran  Turco  si  ha  sicurado  di 
far  sua  principal  Sedia  1 inCostantinopoli.  Prima  dalle  parti  di 
terraferma  verso  l'Europa  ha  distrutto  assai  provincie  2,  per 
modo  che  seguitando  dall’  Ongaro  et  da  Valaschi  per  lo  gran 
fiume  del  Danubio,  il  quai  traversa  la  via  d’Ongaria  et  délia 
Vallachia,  si  è sicurissimo.  Verso  YAlbania  ha  descasciati  molti 
signori,  et  ha  pigliato  tutti  li  paesi  verso  la  Morea  et  per  lo 
simile  dalle  parti  dell’  Asia,  benche  il  confine  de’suoi  nemici 
sia  lontano,  et  vi  è uno  stretto  verso  il  canale  del  mar  mag- 
giore  3,  il  quale  sépara  l’Asia  dalf  Europa;  talche  essendo  Cos- 
tantinopoli  sul  tenir  dell’  Europa,  non  fabisogno  di  sforzo  per 
terra  dalla  parte  dell’ Asia,  nè  meno  dalla  parte  dell’  Europa  ; 
poichè  le  provincie  più  vicine,  ch’habbia  il  Gran  Turco  diCos- 
tantinopoli,  à suoi  nemici,  sono  giornate  15  et  più  di  buon  ca- 
mino;  ma  resta  a dire  délia  parte  da  Mare  : prima  alla  bocca 
dello  stretto  de  Mar  maggiore,  ha  fatto  edificar  duoi  fortissimi 
Castelli  4,  uno  verso  la  riva  d’Europa,  l’altro  verso  le  rive  d’A- 
sia  et  sono  forniti  di  buonissime  guardie,  con  artigliarie  circa 
vinti  per  parte  grossissime,  le  quai  cuopre  tutta  quella  bocca 
del  stretto,  et  sono  lontani  questi  Castelli  da  Costantinopoli 
miglia  duodici  ; poi  venendo  verso  Costantinopoli  si  trovo  una 
fasciata  délia  Città  di  Pera  laquai  guarda  sopra  il  detto  canale, 
et  ancora  questa  è fornita  di  grosse  artigliarie;  et  medesima- 
mente  alla  porta  di  Costantinopoli,  dove  è il  predetto  Palazo 
del  Gran  Turco  vi  sono  gran  corpi  di  artigliarie,  le  quali  rife- 
riscono  verso  il  predetto  canale.  Per  mezzo  Costantinopoli  a 

1.  Sedia,  résidence,  capitale,  Constantinople  le  fut  dès  1453,  après  Brousse  (vers 
1328)  et  Andrinople  (1366  ou  67). 

2.  Provincie  ; cf.  les  conquêtes  de  Mohammed  II  (Histoire  générale,  t.  III). 

3.  Canal  de  la  mer  Majeure  = mer  Majeure  (mar  Maiour  (M.  Polo),  mar 
Major.  Canal  de  la  mer  Noire  ou  du  Pont-Euxin),  aussi  détroit  de  Constantinople, 
ou  Bosphore,  long  de  28  kilomètres  (cf.  Gilles,  Andréossy,  Hammer,  Mordt- 
mann....).  Par  delà  le  Bosphore,  en  face  de  Constantinople,  s’étend  en  amphi- 
théâtre la  ville  de  Scutari,  faubourg  de  Constantinople.  Suleyman  y fit  cons- 
truire la  mosquée  et  l’imareth  qui  porte  le  nom  de  sa  fille  Mihramah  Sultane  ; 
cf.  Andréossy  : Constantinople  et  le  Bosphore.  Paris,  1828  (p.  4,  99). 

4.  Castelli  : châteaux  de  Boumili  et  d’Anadoli  Hissar,  c’est-à-dire  d’Europe  et 
d’Asie. 


- 58  - 


Pera  verso  l’Asia  in  mezzo  il  canale  vi  è uno  scoglio,  sopra  il 
quale  vi  è un  Torrione  quadro  *,  clie  vien  a esser  per  terzo 
con  Gonstantinopoli  e Pera,  et  per  ogni  quadro  di  questo  Tor- 
rione vi  sono  sei  bocche  di  artigliaria,  cioè  per  mezzo  Costanti- 
nopoli  et  Pera,  et  sono  acconcie  per  modo  che  un  uccello  haria 
fatica  a campa re,  talche  non  è possibile  che  Navilio  si  possa 
approssimare  a Pera,  nè  meno  aile  mura  di  Gostantinopoli,  non 
volendo  il  Gran  Turco.  Resta  ancora  il  stretto  di  sotto  da  Ga- 
lipoli 2 per  mezzo,  dove  fu  già  la  porta  dardanea  3 délia  Gittà 
di  Troia,  il  quai  luogo  vien  a esser  lontano  da  Gostantinopoli 
circa  miglia  100,  et  al  detto  stretto  gli  sono  duoi  altri  fortis- 
simi  Castelli 4 forniti  di  guardie,  et  di  grosse  artigliarie,  che 
diffîcil  cosa  saria  ad  ogni  veloce  navilio  passar  senz’  esser  nos- 
ciuto  dalle  dette  artigliarie,  sichè  per  questi  rispelti  la  Gittà  di 
Gostantinopoli  viene  ad  esser  sicurissima  : 

Dapoi  s’ha  detto  di  Gostantinopoli,  hora  si  dirà  delC  ordine 
et  usanze  del  Saraglio  5 del  Gran  Turco , et  di  quello  dove 
stano  le  sue  Donzelle  et  questi  Saragli  s’intendono  li  Palazzi 
prenominati. 

1.  Torrione  quadra  = tour  de  Léandre  (cf.  P.  Gilles,  etc.). 

2.  Stretto  di  Galipoli  (détroit  de  Gallipoli  ou  des  Dardanelles). 

3.  Porta  Dardanea  di  Troia  (Dardanée,  partie  septentrionale  de  la  Troade  où 
régna  Dardanus,  ancêtre  mythologique  des  Troyens,  aussi  appelés  Dardanides). 

4.  Castelli  : Kilidil-Bahar  = clef  des  mers,  et  Sultan  Kalesi  = fort  du  Sultan, 
tels  sont  les  noms  des  deux  châteaux  de  Gallipoli  ou  des  Dardanelles. 

La  ville  du  même  nom  est  à deux  cent  dix  kilomètres  O.-S.-O.  de  Constan- 
tinople, et  à cent  quarante  S.  d’Andrinople.  La  presqu’île  sur  laquelle  se  trouvent 
cette  ville  et  ses  châteaux  forts  est  l’ancienne  Chersonèse  de  Thrace.  La  ville 
de  Gallipoli,  la  première  possédée  en  Europe  par  les  Turcs  (1357),  a environ  vingt 
mille  habitants.  — Le  détroit  a été  fortifié  par  De  Tott  en  1771,  forcé  par  les 
Russes  (1770),  les  Anglais  en  1807,  et  les  Grecs  en  1823  ; fermé  aux  navires  de 
guerre,  par  le  traité  de  Paris  (1856). 

5.  Saraglio.  H.  T.  : serraglio  (saraï  = palais).  Le  développement  qui  suit  sur  le 
sérail  et  la  cour  du  Grand  Seigneur  est  reproduit  dans  le  même  ordre  et  presque 
mot  à mot  dans  l 'Historia  Turchesca  (cf.  éd.  J.  Ursu,  p.  123-145).  Mais,  tandis 
que  le  manuscrit  vicentin  s’arrête  brusquement  aux  janissaires,  VHisl.  Turch. 
donne  le  développement  intégral  (cf.  Op.  cit.,  145-152).  — Ce  palais  est  appelé 
Yéni  Saraï  (p.  neuf),  construit  sur  la  pointe  du  même  nom,  par  Mohammed  II, 
pour  la  somme  de  trois  mille  bourses,  peu  après  la  conquête  de  Constantinople.  Ce 
sérail  mesurait  trois  milles  italiens  de  tour.  Son  enceinte  fortifiée  comportait 
soixante-six  tours  et  douze  mille  créneaux.  Ce  palais,  qui  rappelait  le  Kremlin, 
brûla  en  1865.  Angiolello  et  Menavino  (1504-1511)  y ont  été  esclaves  du  Grand 
Seigneur.  On  consultera  avec  fruit  la  description  du  sérail  et  de  la  cour  du 
Grand  Seigneur  dans  Th.  Spandouyn  (trad.  Ch.  Schefer),  Petit  Traité  de  l’origine 


59  — 


Prima  nel  Palazzo,  dove  sta  il  Gran  Turco,  vie  tiene  ancora 
questi  per  suo  servitio  et  governo.  Prima  vi  è uno  intitolato  per 
nome  Agà,  il  quale  è Eunuco  l,  et  questo  ha  in  governo  tutto 
il  Saraglio,  et  ha  autorità  di  comandar  a tutta  Y altra  brigata; 
eccetto  che  al  Gran  Turco,  et  se  fosse  alcuna  persona  di  che 
condition  esser  si  voglia,  il  quale  volesse  parlar  con  il  Gran 
Turco  conviene  prima  haver  licentia  dalla  guardia  delle  2 porte 
del  Palazzo  ; poi  l’altra  ci  conviene  che  questo  Eunuco  lo 
introduca  davanti  la  persona  del  Gran  Turco,  salvo  se  non 
fosse  giorno  deputato  al  Y udientia  generale,  chè  a questi  giorni 
tali  vi  sono  altri,  corne  seguitando  intenderete.  Et  questo  Eu- 
nuco più  facilmente  puo  havere  una  gratia  dal  Gran  Turco, 
che  persona  che  sia  nel  suo  dominio,  et  ha  di  salario  al  giorno 
aspri  sento,  et  doni  assai  et  le  spese  lui,  et  tutti  li  suoi  famigli 
et  cavalli,  li  quali  suoi  famigli  et  cavalli,  muli  etGambelli,  stano 
fuora  del  Palazzo,  perô  chè  in  questo  Saraglio  non  gl’  intra 
niuna  persona  senza  licenza  del  Signor. 

Dapoi  vi  è un  altro  Eunuco  chiamato  Haxenadarbassi  2,  et 


des  Turcqz,  1517  et  1538  (Paris,  1896)  ; Cuspiniano  : De  Turcorum  origine  (Venise, 
1541),  Ant.  GeufTroy  : Description  de  la  Court  du  Grand  Turc  ; 1542  (1546)  ; 
B.  Ramberti  : « Delle  cose  de’ Turchi  ».  Venise,  1 548  ; Albéri  : Relations  de  D.  Ludo- 
visi  (1534;,  t.  I,  p.  13. — Navagero  (1553),  I,  p.  58.  — M.  Trevisano,  I,  120.  — Moro- 
sini,  1583,  III,  258.  Barozzi  et  Berchet  : « Turchia  ».  Relation  d’Ott.  Bon,  p.  59. 
Gyllius  (topographie  de  Constantinople).  Nicolas  de  Nicolay:  «Les  quatre  premiers 
livres  des  navigations  et  pérégrinations  orientales  ».  Lyon,  1567,  p.  111.  — 
Baudier  : Histoire  générale  du  serrai!  et  de  la  cour  (Rouen,  1628).  — Stochove  : 
voyage  d’Italie  et  du  Levant  (Rouen,  1670),  p.  70.  — A.  de  Saint-Maurice  : La 
Cour  othomane  (Paris,  1673).—  Tavernier  : Nouvelle  relation  de  l’intérieur  du  sérail 
(Paris,  1678). — Pétis  de  La  Croix  : Le  sérail  des  empereurs  turcs.  B.  Maz  , ms. 
1937  — Mouradjea  d’Ohsson  : Tableau  général  de  l’Empire  ottoman.  Paris,  1791. 
— J.  Hammer  : The  travels  of  Evlia  EfTendi,  1. 1,  p.  51  (Londres,  1834).  — Th. 
Gautier;  De  Amicis  : « Constantinople  ». 

1.  Eunuques  (ou  monoucz)  (t.  grec),  casnigir  (t.  turc)  qui  signifie  scalco  = mu- 
tilé, châtré.  Etymologiquement,  gardiens  des  lits,  des  chambres  à coucher.  — 
Victimes  et  instruments  dociles  de  la  jalousie  féroce  des  sultans  et  des  pachas, 
ils  sont  chargés  de  surveiller  leur  harem.  Les  premiers  eunuques  ont  été  parfois 
influents  à Constantinople. 

Cf.  GeufTroy,  p.  229.  Spand.,  p.  63.  De  Amicis  : «Constantinople,»  4*  édit.,  1892, 
p.  110-116.  Dr  Caufeynon  : L’eunuchisme,  Paris,  1903.  Dr  Millant  : Les  eunuques 
à travers  les  âges.  Paris,  1908.  Dr  Zambaco  : Les  eunuques  d’aujourd’hui  et  ceux 
d’autrefois.  Paris,  1911. 

2.  Khaznadar  bachy.  — H.  T.  (p.  124)  : chasendarbassi.  Spand.,  f.  65  : casnatar- 
bassi:  GeufTroy,  p.  119  : « casnadarbassy,  avec  soixante  aspres  de  gaiges  chascun 
jour  ».  — Ramberti  : hasnadarbasa.  Grand  trésorier  du  trésor  particulier  du 


- 60  — 


questo  ha  in  governo  le  camare  et  altri  luoghi,  dove  sta  le  Zo- 
glie  et  lavori,  d’ oro  et  d’  argento,  drapi  et  veste  d’ ogni  sorte 
di  seta,  et  assai  altre  cose  appressiate,  et  anco  questo  ha  il  mede- 
simo  salario  del  sopradetto. 

Dapoi  vi  è un’  altro  intitolato  Chilorbasi  *,  il  quale  ha  in 
governo  le  camare  et  luoghi,  dove  stano  le  confetioni,  spisia- 
rie,  et  altre  cose  da  mangiare  per  il  Gran  Turco  et  per  li  suoi 
di  casa,  et  ancora  questo  ha  il  salario  delli  due  prenominati.  Et 
li  Eunuchi,  che  attendono  alli  predetti  luoghi,  et  altri  offitii  del 
Gran  Turco  hanno  circa  sento  giovani  per  uno,  li  quali  sono 
tutti  schiavi  del  Gran  Turco  et  anco  questi  sono  salariati,  et 
hanno  doni  et  le  spese,  cioè  li  camarieri  hanno  aspri  venti  per 
uno  al  giorno,  et  tutti  gli  altri  hanno  aspri  otto. 

In  questo  Saraglio  vi  sono  altri  vinti  Eunuchi,  i quali  sono 
corne  messagieri  di  quelli  che  non  sono  Eunuchi , perché  il 
Gran  Turco  non  vuole  che  niuno  degli  altri  parlano,  né  meno 
conversano  con  le  guardie  delle  porte,  né  con  persona  di  fuora, 
et  quando  questi  che  non  sono  Eunuchi  vogliono  comperare 
alcuna  cosa,  conviene  dar  li  danari  a uno  delli  vinti  Eunuchi, 
et  quello  li  porta  a uno  delle  guardie  délia  porta,  il  quai  guar- 
diano  è obligato  andar  et  comperar  quello  che  gli  è stato  coman- 
dato,  et  cosi  a far  anco  altra  facenda  che  accadesse.  Et  questi 
vinti  Eunuchi  sono  salariati  a ragion  di  otto  aspri  per  uno  al 
giorno,  et  doni,  et  spese  fino  a tanto  che  il  Gran  Turco  gli  dà 
una  condotta  a qualcuno  delli  predetti  tre  Eunuchi  over  s’  altro 
gli  bisognasse,  che  il  Gran  Turco  elegge  uno  delli  vinti  in  luogo 
di  quello,  che  vien  levato,  avvisandone  che  questi  con  li  altri 
sopradetti  Eunuchi  et  non  Eunuchi  sono  al  numéro  di  300  e 
più,  tutti  figliuoli  di  Cristiani  2,  parte  presi  in  paesi  da  nemici, 
parte  tolti  nel  proprio  paese  pur  di  Cristiani,  et  questi  tali  sono 


Grand  Seigneur  (khaznéh  = trésor),  « office  de  très  grande  réputation,  confié 
à un  eunuque  »,  ajoute  GeufTroy. 

\.  Khéler  bachy.  — H.  T.  (p.  124)  : chielerbassi  ; Ramberti  : chilergi  bassa  ; 
Stochove  : chilir  baschi. 

2.  Chrétiens.  — Les  janissaires  ont  été  recrutés,  dès  l’origine,  parmi  les 
enfants  du  tribut,  c’est-à-dire  parmi  les  fils  des  sujets  chrétiens  de  l’Europe 
soumise  au  sultan  ottoman.  — Cf.  Djevad-Bey,  l’historien  du  corps  des  janis- 
saires. — Cf.  Lang  : correspondance  de  Charles-Quint,  t.  II,  471. 


— 61  - 


messi  nel  Saraglio  da  piccioli,  che  niuno  non  passa  anni  18,  et 
il  Gran  Turco  li  tien  Maestri,  li  quali  li  insegnano  a legger 1 * *  4, 
et  scriver  et  parlar,  et  in  somma  tutte  le  usanze  et  costumi  suoi 
et  dopo  che  hanno  imparà  sono  poi  messi  a servir  il  Gran  Turco 
secondo  che  occorre  et  quando  Y hano  servito  un  tempo,  secondo 
che  appar  ad  esso  Gran  Turco  potersene  fidare,  lui  poi  li  cava 
fuora  di  questo  Saraglio  con  salario  et  modi  che  il  appare  et 
dopo  che  sono  fuora  secondo  che  sono,  reali,  et  secondo  che  essi 
si  portano  bene,  di  grado  in  grado,  gli  sono  mutata  la  condi- 
tione,  et  quasi  tutti  li  Gran  Signori,  Gapitani  et  gran  Maestri, 
li  quali  son  sottoposti  al  Gran  Turco  sono  stati  allevati  nel  Sara- 
glio, et  sono  ascesi  per  questa  via,  et  sono  puochi  che  non 
facciano  il  dovere,  poichè  in  ogni  picciola  cosa  ch’  essi  faccia 
in  benefitio  del  loro  signore,  li  sono  remunerati,  et  per  Y opo- 
sito,  per  piciol  mancamento  sono  puniti  severamente. 

Dapoi  vi  è uno  il  quai  s’adimanda  Sescalco,  il  quale  ha 
obligo  di  proveder  aile  cose  necessarie  per  la  cusina,  et  è obli- 
gado  a proveder  ancora  per  il  Saraglio,  corne  di  sucari,  confe- 
tion,  candele  di  sera  per  abrusciar  in  uso  delle  camare,  perche 
in  ogni  camara,  dove  dorme  persone,  vi  arde  due  gran  torse 
tutta  la  notte  fin  alla  mattina,  et  se  ne  abruscia  anco  in  altri 
luoghi,  et  questo  Sescalo  ha  di  salarico  aspri  60  al  giorno,  et 
questo  ha  un  canceliero,  il  quai  ha  da  tenir  conto  del  resever  et 
del  sborsar,  et  ancora  questo  è saîariato  dal  Gran  Turco,  et  ha  di 
salario  aspri  25  al  giorno,  et  questo  Sescalco  ha  forsi  50  persone 
sotto  di  sè,  aile  quali  puol  comandar,  et  mandar  a proveder  a 
tutte  le  cose  che  fa  de  bisogno  per  il  Saraglio  ; et  ancora  questi 
hanno  di  salario  aspri  dieci  per  uno  al  giorno,  et  quando  il  Gran 
Turco  campesa  ( = campeggia)  questo  Sescalco  èobligato  di  pro- 
veder per  il  tempo  che  si  ha  da  campesar  non  manchi  alcuna 
cosa,  et  gli  sono  dati  tanti  Gambelli,  quanti  fa  bisogno  per  por- 


1.  Il  y avait  des  écoles  du  sérail  pour  les  janisserots,  futurs  janissaires,  en 
particulier  à Constantinople,  à Péra  ou  Galata,  à Andrinople.  — H.  T.  (126). 
Menavino,  p.  97.  — N.  de  Nicolay,  p.  77.  Stochove,  p.  71.  — Ces  écoles  furent 
les  pépinières  des  grands  vizirs  et  des  chefs  d’armée  ; cf.  Histoire  générale  de 

Lavisse  et  Rambaud,  IV,  p.  752.  Les  aspirants  janissaires  s’appelaient  adjami 

oghlan,  c’est-à-dire  soldats  inexpérimentés  ; cf.  Djevad  Bey,  trad.  G.  Macridès  : 

Le  corps  des  janissaires.  Paris,  1882,  p.  241. 


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tar  le  vettovaglie,  et  cosa  anco  danari,  et  comodità  di  poter  pro- 
veder,  et  se  per  mancamento  suo  il  Gran  Turco  con  tutta  la  sua 
corte  non  fossero  stati  fatti  servire,  il  Sescalco  è punito  severa- 
mente,  et  cosi  sta  il  patto  con  il  Gran  Turco. 

Dapoi  vi  è uno,  il  quale  è sopra  li  cuoghi,  et  queslo  ha  in 
governo  tutta  la  cusina,  et  ha  di  salarie  aspri  40  al  giorno.  Vi  è 
poi  alcuni  altri  maestri  cuoghi,  li  quali  sono  circa  40,  et  ogni 
giorno  dieci  di  questi  sono  deputati  a cusinar  le  vivande  per 
li  loro  Signori,  et  per  tutta  la  sua  corte,  et  ciascuno  di  questi 
hanno  chi  duoi,  chi  tre  discepoli  sotto  di  loro,  et  tutti  sono 
Schiavi  del  Gran  Turco,  et  tutti  questi  cuoghi  stano  sempre  aile 
cusine,  et  non  si  misiano  con  quelli  del  Saraglio,  se  non  tanto 
che  li  portano  le  vivande,  et  non  si  parlano  nè  puoco  nè  assai 
perché  cosi  vol  il  Gran  Turco. 

Dapoi  vi  è uno  il  quale  è sopra  quelli,  che  fano  le  confetion 
per  il  Gran  Turco  et  par  la  sua  Corte,  et  questo  ha  di  salario 
aspri  40  al  giorno;  dapoi  sono  li  Maestri,  li  quali  fano  le  confe- 
tione  et  sono  persone  circa  20  et  ognuno  ha  di  salario  aspri  8 
al  giorno  et  le  spese.  Dapoi  vi  è uno  il  quale  è sopra  li  fornari, 
li  quali  fano  il  pan  per  il  Gran  Turco,  et  per  tutta  la  sua 
Corte,  et  ha  di  salario  aspri  30  al  giorno,  et  quali  che  fano  il  pan 
sono  circa  25,  et  han  di  salario  aspri  otto  per  uno  al  giorno. 

Dapoi  vi  è uno  il  quale  è sopra  quelli,  che  fano  li  vestimenti 
del  Gran  Turco  et  di  tutta  la  sua  corte,  et  questo  ha  di  salario 
aspri  20  al  giorno,  et.  assai  doni  dalli  Gortegiani,  et  vi  è poi  un 
altro,  il  quale  ha  carica  di  far  lavar  tutti  li  drapi  sporchi  del 
Gran  Turco,  et  di  tutta  la  sua  Corte,  et  questo  ha  sotto  di  sè 
persone  vinti,  le  quali  non  fa  mai  altro  che  lavar  drapi  di  fusta- 
gno  et  di  lana,  et  questi  ha  4 aspri  per  uno  al  giorno,  et  ogni 
tre  mesi  ogni  cortegiano  è obligato  da  dargli  aspri  50,  et  questi 
sono  per  le  sue  spese.  Et  li  predetti  cuoghi,  et  fornari,  et  altri, 
quando  il  Gran  Turco  campeza,  et  cosi  per  ogni  luogo,  che  Lui 
vada  questi  sono  obligati  seguitarlo,  et  tutti  hano  dal  Gran  Turco 
cavalli  per  cavalcare,  et  Gamelli  1 per  portar  tutte  le  cose  che 


1.  Gamelli  ou  gambelii  : chameaux.  H.  T.  (126)  : camelli,  auxiliaires  précieux 
des  chefs  de  caravanes,  des  guerriers  et  des  agriculteurs  ; cf.  F.  X.  Lesbre  : 
Anatomie  du  chameau....  Lyon,  1900.  — Moll  (capitaine)  : Infanterie  montée  à 


— 63  - 


fano  de  bisogno  seconde  Ioro  mestieri,  et  li  fornari  porlano  un 
forno  di  ferro  sopra  un  Gamello,  nel  quale  tuttavia  caminando 
si  cusina  il  pane,  perché  il  Gran  Turco  ogni  pasto  ne  vuol  di 
fresco. 

Ora  si  dirà  delV  ordine  del  Saraglio,  et  del  Palazzo  dove 
che  stano  le  Dong telle  del  Gran  Turco. 

Le  Dongielle  del  Gran  Turco  sono  circa  trecento  2,  hora  più 
et  hora  meno,  secondo  che  sono  cavate  fuori  et  messe  entro,  et 
ogniuna  ha  dal  Gran  Turco  aspri  4 al  giorno,  et  le  spese,  et 
infiniti  presenti  dal  Gran  Turco,  et  tutte  queste  Dongielle  sono 
fîgliuole  de’  Gristiani  prese  et  tolte  per  vari  luoghi,  et  messe 
in  questo  Saraglio  dove  quelle  che  si  attrovano  esser  tutte  lon- 
gamente  nel  Saraglio  insegnano  aile  grezze,  cioè  a quelle 
che  sono  messe  da  novo,  à parlar,  à legger,  à cusir,  et  far  le 
loro  dévotion,  et  tutti  li  costumi  et  usanze  loro,  le  quali  esse 
hanno  imparà  dalle  prime,  et  quando  alcuna  è grossa  del  Gran 
Turco  vi  sono  cresciuto  il  salario,  et  la  conditione,  et  le  altre 
l’honora,  et  serve  corne  Madonna,  et  se  la  parturisse  Mascio  viene 
allevato  nel  Saraglio  con  la  madré,  fin  a tanto  che  ha  l’età 
di  anni  dodici,  et  poi  il  Gran  Turco  gli  dà  un  paese,  cioè  tante 
Terre,  Ville  et  luoghi  che  il  poscia  viver  signorilmente,  et 
manda  la  Madré  con  esso,  et  persone  che  l’habbia  a governare, 
et  Schiavi  et  Schiave  che  fhabbiano  a servire.  Et  nascendo 
femina  ancora  essa  sono  allevata  nel  Saraglio  et  tenu  ta  con  la 
Madré  fino  a tanto  che  ha  il  tempo  di  potersi  maritare,  e poi 
il  Gran  Turco  gli  dà  per  marito  qualche  suo  Barone,  et  manda 
la  Madré,  il  genero  et  la  figliuola,  dove  le  sono  da  tutti  hono- 
rati  corne  done  del  Gran  Turco,  et  non  si  puol  più  maritar,  et 


chameau.  Paris,  1903.  — Voinot  (cap.)  : Artillerie  à dos  de  chameau.  Paris,  1910. 
— Wachi  (eomm.)  : Rôle  militaire  du  chameau  en  Algérie  et  en  Tunisie.  Paris, 
1900.  — Léati  : Les  chameaux  porteurs.  Paris,  1904.  — J.  Vilbouehévitch  : Le 
chameau  animal  agricole.  Paris,  1894. 

1.  Ce  palais  est  appelé  Eschizarai,  par  Menavino,  p.  134  (Eski  = vieux;  saraï 
= palais).  Le  ministère  de  la  guerre,  « Séraskiérat  »,  en  occupe  l’emplacement. 

2.  Le  nombre  des  filles  du  harem  du  Grand  Seigneur  a varié  jadis,  tout  comme 
au  xixe  et  au  xxe  siècle.  Tandis  que  du  temps  de  Mohammed  II  et  de  Bayézid,  les 
historiens,  les  bailes  parlent  d’environ  trois  cents,  de  cinq  à six  cents,  sous 
Suléïman  (Hist.  gén.,  IV,  p.  760  n),  on  parlait,  en  1909,  des  trois  cents  femmes 
d'Abdul  Hamid  et  des  cinquante  de  son  successeur  Méhémed  V. 


— 64  — 


sta  sempre  corne  donna  delGran  Turco;  et  quelle  che  non  fano 
figliuoli,  corne  hano  passato  un  certo  tempo  il  Gran  Turco  le 
mari  ta  in  qualche  suo  cortegiano,  et  gli  dà  tutta  quella  roba, 
che  si  attrova  haver  nel  Saraglio,  et  il  Gran  Turco  gli  dona 
quello  che  a lui  pare,  et  a questo  modo  sono  maritate  et  le 
manda  con  gran  honore  a marito. 

Dapoi  vi  è un  Saracin  Eunuco,  il  quale  ha  in  governo  tutto 
questo  Saraglio  et  cosi  Donne  et  Dongielle,  etpersoneche  stanno 
li  dentro,  et  questo  Eunuco  ha  gran  credito  con  il  Gran  Turco 
et  ha  autorità  1 a gridar,  et  bâter,  et  corregger  sciascuna  per- 
sona  di  questo  Saraglio  ; et  questo  ha  di  salario  dal  Gran  Turco 
aspri  100  al  giorno,  et  spese  per  lui,  et  suoi  cavalli  et  famigli  senza 
li  doni  assai  che  gli  fano  il  Gran  Turco  et  tutte  le  Dongielle. 
Gostui  tien  casa  fuora  del  Saraglio,  ha  gran  servitio  di  Schiavi 
et  cavalli  bellissimi,  et  possédé  le  intrade  di  una  grossa  villa,  la 
quale  è lontan  da  Gostantinopoli  un  miglia  incirca,  et  di  giorno 
questo  Saracin  ha  libertà  di  andar  dove  gli  pare  per  lo  spatio  di 
4 hore,  et  di  notte  è obligato  albergar  nel  Saraglio  per  custodia 
delle  Dongielle  et  di  tutta  Taltra  gente. 

Vi  è poi  20  altri  Eunuchi  negri  et  bianchi,  li  quali  stano 
sempre  giorno  et  notte  per  custodia  di  servitii  per  le  Dongielle, 
perô  che  esse  non  puol  parlar,  nè  conversar,  nèlasciarsi  vedere 
a persona  di  fuora  et  quando  vogliono  comperarsi  alcuna  cosa, 
le  manda  un  di  questi  Eunuchi,  et  essi  manda  uno  delle  gardie 
délia  seconda  porta,  le  quai  guardie  è obligate  andar  et  ordinar 
alleguardie  dell’ultima porta,  et  quelle  è obligate  d’andar  etcom- 
perare  quello  che  li  sono  comandato.  Questi  20  Eunuchi  hano 
di  salario  aspri  otto  per  uno.  Dapoi  vi  è le  porte  di  mezzo,  a le 
quali  sono  députa  dieci  huomini  vecchi  fidati,  li  quali  non  las- 
ciano  intrar,  nè  uscir  niuno  senza  il  comandamento  del  Gran 
Turco  et  questi  hanno  aspri  15  di  salario  per  uno  al  giorno,  et 
non  si  partono  di  quel  luogo  nè  giorno  nè  notte;  ancora  aile 
porte  di  sopra  vi  sono  altri  provisionati,  et  sono  circa  40  per 
modula,  perché  se  mutano  ogni  sera,  et  questi  sono  di  quelli 


1.  Pouvoirs  très  étendus  du  chef  des  eunuques  (celui  de  corriger  les  filles  du 
harem  par  exemple).  Plus  d’une  fois  le  premier  eunuque  du  sultan  a été 
l’homme  de  confiance,  le  factotum  du  Grand  Seigneur.  Cf.  Mouradjea  d’Ohsson. 


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provisionati  che  servono  anco  aile  porte  del  Gran  Turco,  del 
suo  Palazzo,  etdi  sotto  si  dirà  l’ordine  suo. 

Dapoi  s ha  detto  dei  Saragli,  ora  si  dirà  delï  ordine  delle 
corti  et  dello  Stato  del  Gran  Turco . Prima  esso  Gran  Turco  è 
intitolato  in  lingua  turchesea  Hunger  *,  che  vol  dire  in  nostra 
lingua  Imperatore,  il  quale  ha  gran  obedientia  da  tutti  li 
suoi  Gapitani,  et  altri  suoi  sudditi,  et  non  è niuno  il  quale 
fosse  di  tal  ardire  che  controfacesse  al  minimo  suo  comanda- 
mento. 

Dapoi  sono  4 consiglieri  -,  et  questi  sono  quelli  i quali  hano 
a consigliar  il  Gran  Turco  in  tutte  le  cose  che  apresentano  allô 
Stato,  et  questi  hano  d’intrada  ail’  hano  a ragion  di  vinti  sia 
sento  mille  aspri,  cioè  se  gli  consegnano  tante Gitta, Castelli, et 
Ville,  le  quai  rendono  d’intrada  fino  alla  predetta  soma,  et 
questi  dano  udientia  generale  per  nome  del  Gran  Turco,  ma 
in  alcuni  casi  conviene  conferir  col  Gran  Turco,  et  spesse  volte 
il  Gran  Turco  gli  permutano  secondo  che  gli  atalenta,  over  che 
l’habbia  niente  di  sospeto,  che  alcun  di  questi  4 habbia  seguito 
nella  corte,  corne  tu  Mahumet  Bassà  3,  il  quale  lo  fece  strango- 

1.  H.  T.  (p.  130)  : Hunchier  = Hunkiar  ou  Unkiar,  souverain,  empereur  et  plus. 
Un  des  nombreux  titres  du  Grand  Seigneur  de  Constantinople,  aussi  appelé 
Gabin,  Padichah  = empereur,  monarque.  Sultan  = prince.  Zill-Ullah  = ombre 
de  Dieu  sur  terre.  Voici  les  titres  officiels  que  prit  Suléïman  écrivant  au  doge  de 
Venise  (Albéri,  3e  série,  t.  III,  p.  118  n.)  : 

Suliman  sciah,  filius  Selim,  Imperator,  semper  victor;  per  miserazion  divina 
e per  grazia  del  profeta  Macomet,  e favor  delli  quattro  suoi  amici,  e il  resto 
di  altri  suoi  compagni  ec....  Io  imperator  degl’  imperatori,  e re  incoronato  sopra 
gli  uomini  che  sono  sulla  faccia  délia  terra,  ombra  di  Dio  sopra  le  due  terre- 
ferme,  imperator  del  Mar  Bianco  e del  Mar  Negro,  e délia  Romania,  e 
dell’  Anatolia,  e del  paese  délia  Grecia,  e délia  Caramania,  e del  Dulcadir,  e del 
Diarbechir,  e del  Dirmaizam,  e di  Damasco,  e Aleppo,  e del  Cairo,  e sacrosanto 
Jérusalem,  e délia  sublime  Mecca  e veneranda  Médina,  e di  Zide,  e di  Gemen,  e 
di  molti  altri  paesi,  Sultan  Suliman  sciah,  imperator,  figliuolo  di  Sultan  Selin, 
sciah  imperator  : 

Tu  Andrea,  che  sei  doge  di  Venezia.... 

2.  Viziri  ov.  consiglieri.  Cf.  H.  T.,  130.  Ramb.,  p.  16.  Spand.,  ap.  Sansovino, 
p.  110.  Menavino,  p.  108.  Cuspiniano,  p.  57.  Etymologiquement  portefaix;  ceux 
qui  portent  le  fardeau  de  l’État,  des  affaires.  Ala-ed-Din  sous  Orkhan,  son  frère. 
Bientôt  il  y eut  un  grand  vizir  et  deux  vizirs;  trois  sous  le  Conquérant;  quatre  et 
même  cinq  (le  cinquième  Vezirat  fut  créé  pour  le  renégat  hongrois  Ferad)  sous 
Suléïman.  Le  grand  vizir  ou  vizir  azem  était  une  sorte  de  vice-empereur  ayant 
droit  au  tug  à cinq  queues.  Il  existe  une  histoire  des  vizirs  antérieurs  à 1540, 
écrite  en  turc,  par  Ali,  fils  d’Abu  Feth  al  Katib. 

3.  Mahumet,  H.  T.,  p.  130.  Mehemet  Bassa  = Mahmoud  Pacha,  peut-être  le 

5 


— 66  - 


Jar  con  una  corda  d’arco  1 et  molli  altri  ne  ha  orbasati  (abba- 
cinati?)  et  fatti  morire  per  più  cause. 

Dapoi  sono  uno,  il  quale  è intitolato  Cadilescher  2,  et  questo 
hano  a far  ragion  et  mantegnir  giustitia  a tutto  il  dominio, 
quanto  serve  a Venetia  la  Vogaria , et  quando  il  Gran  Turco 
eleggono  uno  di  questi,  gli  dà  la  bachetta  in  mano,  che  signi- 
fica  la  gran  liberta,  che  ancora  esso  Gran  Turco  vol  esser  obbe- 
diente  alla  ragion  et  giustitia  d’Iddio,  et  questo  ha  dà  elegger 
tutti  gli  altri  resimenti,  li  quali  vano  fuori  Podestà  per  tutte  le 
Gittà,  et  luoghi  del  dominio  del  Gran  Turco  et  similmente 
tutti  gli  Sacerdoti,  li  quali  hanno  a offitiar  li  Tempii  et  ha 
anco  autorité  di  emendarli  et  rimetterne  altri  in  suo  luogo,  et 
costui  puol  tagliar  ogni  sententia  fatta  d’ogni  Rettore,  et  esso 
non  ha  altro  superiore  che  il  Gran  Turco,  et  ha  mile  aspri  al 
giorno  di  salario. 

Sono  poi  duoi  altri  intitolati  Testerdari 3,  che  vuol  dire  in 
nostra  lingua  Camerlenghi,  perché  questi  sono  sopra  tutte  le 
intrade,  et  spese  del  Gran  Turco;  uno  è sopra  l’intrade  délia 
Romania  cioè  délia  parte  dell’  Europa,  l’altro  sopra  l’intrade 
délia  Natolia  cioè  dalla  parte  dell’Asia,  et  sciascuno  di  questi 
ha  d’intrada  siesenlomilia  aspri  ail’  ano,  et  quando  il  Gran 
Turco  dà  udientia  ordina  che  il  predetto  Cadilescher  entra  den- 
tro  solo,  et  conferise  con  il  Gran  Turco  delle  cose  che  appar- 
tiene  al  suo  offitio,  poi  esce  fuora;  dapoi  entrano  li  sopradetti 
4 vixir,  insieme  con  li  due  Testerdari,  et  poi  senta ti  alla  pre- 


plus  intelligent  des  grands  vizirs  de  Mohammed  II,  fils  d’un  Grec  et  d’une  Alba- 
naise, déposé  par  deux  fois,  1467  et  1473. 

Il  a,  en  qualité  de  Captan  Pacha,  contribué  à la  fin  de  l’empire  de  Trébizonde 
(1461),  assiégé  et  pris  N.  Gattilusio  avec  son  île  (de  Lemnos)  (1462),  conquis  la 
Garamanie  (1463).... 

1.  Con  corda  d’arco,  l’un  des  nombreux  supplices  en  usage  chez  les  Turcs  (H.  T., 
p.  62  et  130).  Ainsi  fut  étranglé  Moustafa,  le  fils  de  Suléïman,  à Erégli  (Cara- 
manie),  presque  sous  les  yeux  de  son  père  (21  septembre  1553).  Le  même  sup- 
plice emporta,  en  1569,  Bayézid,  frère  de  Moustafa,  et  ses  cinq  fils. 

2.  Cadilascher  (H.  T.,  131),  mot  composé  qui  signifie  juge  de  l’armée,  cf. 
B.  Ramb.,  p.  16  ; Menav.,  p.  52  ; N.  de  Nicolay,  p.  190  ; Albéri,  t.  I,  p.  14  et  58. 
Spand.  (93),  cadilesquier,  cady  lechker.  M.  d’Ohsson,  IV,  p.  574.  Il  y en  avait  deux, 
l’un  pour  la  Roumélie,  l’autre  pour  l’Anatolie. 

3.  H.  T.  (131  et  132),  defterderi  (defter  = livre  des  contributions).  Spand.,  p.  140, 
tephtertares.  Ramb.,  16;  Menav.,  95;  Alberi,  I,  14,  58.  Au  nombre  de  deux  égale- 
ment. Gf.  Spand.,  édit.  Sch.,  p.  96  à 99. 


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sentia  del  Gran  Turco  li  Testerdari,  parlano  delle  cose  perti- 
nent! al  suo  uffitio  : dapoi  che  il  Gran  Turco  ha  dato  risposta 
loro  duoi  esse  fuora,  et  solamente  restano  li  4 vixir  con  il  Gran 
Turco  et  conferiscono  le  cose  del  Stato,  et  di  suoi  segreti. 

Dapoi  sono  li  Sacretari  et  Cancelleri,  li  quali  sono  persone 
40  et  hano  aspri  30  per  uno  al  giorno  per  fino  a tresento,  se- 
condo  le  loro  dignité,  et  vi  è uno  maggior  di  tutti  gli  altri,  il 
quale  è intitolato  Avianbarsi  1 et4di  questi  tienconto  di  tutte  le 
intrade,  et  4 altri  delle  spese,  et  li  altri  sono  deputati  a altri 
offitii,  et  ogni  volta  che  si  leva  gli  offitii  tutti,  i libri  delle  in- 
trade et  delle  spese  sono  messi  sotto  bola  delli  predetti  Tester- 
dari, et  quando  è compito  l’hano  incontrano  i libri  delle  in- 
trade con  quelli  delle  spese,  et  notano  la  differentia  delle  sume 
in  un  libro,  et  poi  lo  mettono  dove  sta  il  Tesoro  del  Gran  Turco. 

Dapoi  vi  è uno,  il  quale  è intitolato  Nissanzi 2,  il  quale  è de- 
putato  a sigilar  le  lettere  et  gratie,  le  quali  si  fano  a nome  del 
Gran  Turco,  et  questo  ha  di  salario  tante  intrade  ail’  hano  per 
la  valuta  di  40  mila  aspri,  senza  le  regaglie  et  doni,  li  quali 
sono  molti  et  infiniti. 

Dapoi  v’  è uno  il  quale  si  fa  chiarnar  Vexenedar  3,  che  vol 
dir  in  nostra  lingua  pesator  di  moneta  et  questo  è deputato  a 
contar  tutti  li  danari,  et  pesar  tutta  la  moneta,  la  quai  si  ri- 
ceve  et  dispensa,  et  conviene  esser  présente  a contar  e pesar  li 
Testerdari  et  li  Cancellieri  deputati  a tali  conti,  perché  essi 
hano  aspri  50  al  giorno,  et  quelli  che  aiuta  a pesar  che  sono 
persone  circa  dieci,  hano  aspri  otto  per  uno  al  giorno. 

Dapoi  sono  circa  persone  dosento,  intitolati  Mutafericlia  4, 
che  s’intendono  li  infrascritti.  Primo  sono  alcuni  figliuoli  di 
signori,  corne  il  figliuolo  del  Despoto  délia  Morea,  et  quello 
dell’  Imperatore  di  Trabisonda,  et  del  Re  di  Bosina  (Bosnia)  et 

1.  H.  T.,  132.  Divaniaversisi,  Divan  Jazizi,  Divan  Yazidjyssy,  secrétaire  du  Divan. 

2.  H.  T.,  133.  Nisanzi  pour  Nichandji  bachy,  secrétaire  d’Étal  chargé  d’apposer 
le  chiffre  du  sultan  = le  toughra.  Cf.  Hammer,  III,  313.  Cuspiniano,  58  ; Mena- 
vino,  95;  Spand.,  99  et  136;  Ramb.,  17. 

3.  H.  T.  Vexeneder  (m.  Aff.  Etr  : vexendar).  Ramb.  : vesnadar  pour  veznéhdar, 
vérificateur  du  poids  des  monnaies. 

4.  H.  T.,  mutaferica.  Cusp.,  p.  58.  P.  Trevisan  (Albéri,  t.  I,  p.  128).  Geuff., 
p.  233,  dit  que  les  mouteferriqa  sont  des  porte-lance  devant  le  Grand  Seigneur 
et  forment  le  corps  le  plus  brillant  de  sa  garde. 


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altri  Signori  di  Valachia,  di  Tartaria  et  altri  paesi,  li  quali  Si- 
gnori  il  Gran  Turco  li  tengono  appresso,  et  li  fa  buona  compa- 
gnia.  Et  con  questi  Mutafericha  s’intende  Medici,  Filosofi,  As- 
trologhi,  Matematichi , et  ogni  sorte  d’indovini  J,  li  quali  alcuni 
guardano  nel  vino,  altri  nell’  acqua,  et  altri  inuna  spada,  et  chi 
in  uno  specchio,  et  alcuni  nel  sabion,  et  con  la  penna  fano  lettere 
sopra  la  terra,  et  i Macomettani  dano  gran  fede  a tal  indovini. 

Ancora  in  questi  s’intende  alcuni  Sonatori,  Cantori,  Buffoni 
et  altri  Maestri  corne  Insegneri,  Orevesi,  etc.,  et  sciascuno  di 
questi  sono  pagati  ogni  luna,  et  cosi  quelli  del  Saraglio  : tutto 
il  resto  délia  corte  sono  pagati  ogni  tre  lune  a ragion  di  gior- 
nata  et  fano  vintinove  giorni  per  ogni  luna.  Et  questi  hano  di 
salario  da  aspri  vinti  fino  a 400  per  uno  secondo  li  gradi  et 
conditioni  ; et  alcuni  oltre  il  salario  hano  1 et  2 et  chi  3 ville 
dal  Gran  Turco,  et  quando  il  Gran  Turco  cavalco  fuora  délia 
terra,  tutti  questi  sono  deputati  andargli  in  sua  compagnia 
avanti,  pur  a cavalio.  Ancora  tutto  il  resto  délia  corte,  et  délia 
gente  da  cavalio  poi  sono  compartiti  in  squadre,  cioè  sento  per 
squadra  corne  seguitando  intenderete. 

Prima  le  squadre  delli  portinari 1  2,  le  quali  sono  2,  et  hanno 
persone200  per  una,  et  li  dueCapitani  di  queste  2 squadre  sono 
deputati  4 giorni  délia  settimana,  cioè  il  sabato , la  dominica , 
il  luni  et  marti  perché  questi  giorni  il  Gran  Turco  dà  udientia, 
sono  obligati  a star  alla  porta,  dove  il  Gran  Turco  sta  a dar 
udientia  con  un  baston  in  mano,  et  quando  il  Vixir  over  altri 
vogliono  intrar,  uno  di  questi  duoi  lo  fa  sapere  al  Gran  Turco, 
et  questi  sono  anco  obligati  d’albergar  una  notte  per  uno  con  le 
loro  squadre  alla  guardia  delle  porte  del  Palazzo,  dove  sta  il 
Gran  Turco  et  similmente  è in  obligo  di  far  in  campo  davanti 
li  padiglioni,  et  questi  hadi  salario  aspri  sento  al  giorno.  Ancora 
ognuna  di  queste  squadre  hanno  un  Gapitano,  et  questo  ha  il 
carico  di  ordinar  le  guardie,  et  altri  offîtii,  et  loro  stano  aile 
guardie  giorno  et  notte  secondo  che  gli  toca,  et  hano  di  salario 
per  uno  aspri  40,  et  assai  regalie  et  doni.  Ancora  sono  duoi 

1.  Devins  : le  Conquérant  lui-même  en  avait. 

2.  L’H.  T.  ajoute  le  mot  turc  capigi,.  portiers  (kopou  = porte).  Menav.,  105; 
Spand.,  ap.  Sans.,  114;  Navagero  (Albéri,  t.  1,  p.  59). 


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cancelieri  salariati  dal  Gran  Turco,  li  quali  attendono  a queste 
due  squadre,  et  hanno  aspri  io  per  uno  al  giorno,  et  per  ogni 
dosena  di  queste  squadre  vi  è un  caporale,  et  questi  hano  di 
salario  per  uno  aspri  8 al  giorno,  et  tutti  li  altri  hano  aspri  6,  et 
altri  regali  et  doni.  Da  poi  vi  è un  altra  squadra,  che  sonocirca 
persone  40,  li  quali  sono  deputati  il  giorno  che  si  dà  udienza 
a servir  il  Gran  Turco  4,  et  quando  ha  servito  il  Gran  Turco  ser- 
vono  poi  li  Vixir,  quando  che  mangiano,  al  modo  che  di  sotto 
intenderete,  et  il  Capitano  di  questa  squadra  ha  da  esser  sopra 
quando  si  porta  le  vivande  in  tavola  avanti  il  Gran  Turco,  et 
star  li  fino  che  mangia,  et  cosè  fino  che  mangia  li  Vixir,  et 
questo  Capitano  ha  di  salario  aspri  100  al  giorno,  et  il  suo  con- 
sidéré, et  altri  hano  aspri  30,  che  vien  a fare  mille  aspri  per 
luna.  Et  quando  il  Gran  Turco  vol  mangiar  il  giorno  di  udienza, 
lui  senta  solo  sopra  una  sedia  un  poco  alta  da  terra,  et  s'a  al 
modo  che  stano  li  sarti  a cusire,  et  poi  li  predetti  vinti  Scudieri 
li  portano  le  vivande  inanti,  et  li  portano  un  vaso,  corne  una 
brandina,  il  quale  è d’argento,  et  alcune  volte  ne  portano  uno 
d’oro,  et  questo  vaso  li  è posto  inanti,  poi  li  distendono  sopra  li 
zenochi  una  tovaglia  di  seda,  la  quale  è di  più  colori  ; poi  uno 
di  questi  servitori  ha  parecchiato  unamegiolara  (=  tondo)con  il 
pane,  et  il  sculier  ( = cuechiaio)  et  questo  Scudiero  li  va  porgendo 
il  pane  tagliato  avanti  et  cosi  di  mano  in  mano  gli  sono  portate 
le  vivande,  lequali  sono  in  piati  di  porcellana,  et  fino  che  il 
Gran  Turco  mangia,  li  4 Vixir,  lo  Cadilescher  etli  2 Testerdari 
con  assai  altri  Baroni  stano  là  in  piedi  dinansi  esso  Gran  Turco, 
et  le  squadre  da  cavalo  et  da  piedi  stano  ali  suoi  luoghi  deputati 
attorno  la  corte,  li  quali  sono  circa  persone  2 milia,  et  a quelli 
li  portano  da  mangiare  in  certe  brandine  di  rame  instagnate 
piene  di  vivande,  et  la  minestra  sono  la  maggior  parte  risi,  et 
corne  il  Gran  Turco  comincia  a mangiar,  tutti  questi  vinti  milia 
mangia  ancora  loro,  etdapoi  levati  li  piati,  et  che  il  Gran  Turco 
ha  fmito  di  mangiare  si  leva  in  piedi,  et  con  il  capo  chino  fa 
riverenza  a tutti,  et  poi  entra  nella  sua  camara,  et  partito  il 
Gran  Turco,  li  Vixir,  lo  Cadilescher  et  li  altri,  li  quali  sono  stati 

1.  H.  T.,  136.  Ciesignigiri  ; GeufT.  : casnegir  bassi  = sorte  de  maître  d’hôtel.  Cf. 
Menav.,  131;  Spand.,  108;  Ramb.,  15;  Nie.  de  Nicolay,  173. 


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in  piedi  et  hano  mangiato,  vano  poi  à suoi  luoghi  deputati,  et 
ancora,  a questa  gli  èportato  da  mangiare  per  quelli  vinti  Scu- 
dieri,  li  quali  hano  servito  il  Gran  Turco,  et  dopo  che  questi 
maggiori  hano  mangiato,  mangiano  li  Secretari  et  Cancelleri,  et 
li  altri,  et  fino  che  la  brigata  mangia,  siascuno  va  a far  quello 
che  è deputato  : nei  4 giorni  délia  settimana  si  tien  quest’ 
’ordine,  cioè  il  Sabato,  la  Domenica,  il  Luni  et  il  Marti. 

Vi  è un  altra  squadra  intitolata  la  squadra  delli  Commanda- 
tori  1 et  il  Gapitanio  di  questa  squadra  è deputato  il  giorno  di 
corte  a star  con  un  baston  in  mano  davanti  alli  Vixir  et  quando 
quelli  addimandano  alcuna  persona,  questo  capitanio  èobligato 
dimandar  a cercar  et  chiamar  quella  tal  persona,  over  far  altro 
servitio,  che  accadesse,  et  questo  ha  di  salario  aspri  60  al 
giorno;  dopo  vi  sono  li  suoi  Gaporali,  li  quali  bisogna  che  stia 
attenti  con  li  suoi  dieci  compagni  quando  gli  toca  per  andar 
alli  servitii  dove  il  suo  Gaporale  li  manda  et  questi  Caporali 
hano  di  salario  aspri  25  al  giorno,  et  il  resto  che  sono  circa 
persone  30  hano  da  aspri  15  fino  a 20  per  uno  al  giorno.  Vi  è 
un’  altra  squadra  che  sono  deputati  quando  il  Gran  Turco 
monta  a cavallo  per  andar  fuora  délia  terra,  over  in  altro  luogo, 
over  in  campo,  sono  obligati  di  dire  ad  alta  voce  alcune  parole 
in  laude  del  Gran  Turco,  et  poi  si  comincia  a sonar  gli  istru- 
menti,  corne  trombe,  trombette,  tamburi,  et  altri  istrumenti,  li 
quali  si  usa  in  quel  paese,  et  dopo  che  il  Gran  Turco  è inviato 
a cavallo  questi  si  mettono  inanti  le  squadre,  le  quali  sono 
deputate  a cavalcare  appresso  il  Gran  Turco,  et  quando  si  passa 
appresso  gli  seminati,  questi  stanno  alli  passi,  et  fano  sapere 
che  niuno  non  guasti  il  seminato,  et  se  alcuno  facesse  danno  il 
Gran  Turco  lo  castigeria  severamente.  Sono  poi  due  altre  squa- 
dre, una  si  chiama  Ispahioglani 2,  l’altra  Silictari  3,  le  quai 

1.  L’H.  T.  les  appelle  gianussi. 

2.  H.  T.,  137  : Spachiolani,  spahioglani,  spachuglan  pour  sipahoglan.  Ce  sont 
les  gardes  à cheval.  « Pendant  la  guerre,  quelque  temps  qu’il  fasse,  500  d’entre 
eux  veillent  en  armes  autour  de  la  tente  du  sultan,  » dit  Spandouyn,  121.  Cf. 
Ménav.,  111. 

Ramberti  appelle  les  Spaochi  ou  Spai  des  cavaliers  au  service  des  Beilerbei  et 
des  sandjak  ayant  un  revenu  de  cent  ducats.  Il  en  compte  30,000  en  1534;  Bar- 
baro,  en  1573,  mentionne  80,000  en  Turquie,  50,000  en  Asie  et  15,000  de  la  Porte. 

3.  H.  T.:  silicharij  ; Spand.,  ap  Sans.,  114,  v.  silitari  ; Ramb.  : silictari.  Cf. 


— 71  — 

sono  da  mile  persone  per  squadra,  et  liCapitanidi  questeson 
deputati  ogni  giorno  di  corte  di  venire  alla  Gorte  con  tutta  la 
sua  gente  et  hanno  di  salario  per  uno  al  giorno  aspri  sento  ; 
poi  vi  è un  Vitio-Capitano  per  squadra,  et  questo  ha  di  salario 
al  giorno  aspri  40,  dappoi  vi  sono  li  Gapi  di  sento,  li  quali  hano 
di  salario  aspri  30  per  uno  al  giorno  ; il  rimanente  di  questo 
2 squadre  hano  aspri  15  per  uno,  et  perché  molti  sono  sotto- 
posti  ad  altri,  niente  di  meno  hano  più  salario,  et  molti  di  loro 
potriano  esser  Gapi  et  non  vogliono  quell’  impascio.  Avvisan- 
dovi  che  queste  2 squadre  sono  le  piùnobili,  chealtre  ch’ abbia 
il  Gran  Turco,  et  tutti  quelli  che  esse  fuora  del  Saraglio  sono 
posti  in  queste  2 squadre,  et  da  queste  ascende  tutti  li  signori, 
et  gran  Maestri,  li  quali  sono  sottoposti  al  Gran  Turco.  Et 
questi  sono  quelli  che  fano  li  fatti  importanti  nel  Stato  cioè 
vano  Sinici  sopra  li  Signori  et  Maestri  per  tutto  il  dominio 
del  Gran  Turco.  Questi  sono  sopra  tutti  gli  incanti  de’  datii  et 
de  altre  intrade  del  Gran  Turco.  Questi  scuotono  le  dette  in- 
trade  et  hano  gran  giurisdition  quando  vano  fuora,  perché  il 
Gran  Turco  non  tiene  per  le  sue  Gittà  camerlenghi,  né  persone 
che  scoda  ; ma  ogni  6 mesi  manda  fuori  questi  tali  per  tutto  il 
suo  paese,  et  questi  vanno  scodendo  non  senza  sua  utilité.  Et  la 
maggior  parte  delle  ambasciarie  del  Gran  Turco  vi  manda  di 
queste  persone  di  queste  2 squadre. 

Ancora  quando  il  Gran  Turco  cavalca  fuora  délia  terra,  questa 
tal  gente  cavalca  appresso  la  sua  persona,  et  solamente  gb 
Silistrani  hano  carico  di  menar  a mano  10  corsieri  con  sella 
et  briglia  dinanzi  il  Gran  Turco,  li  quali  cavali  sono  per  suo 
uso.  Ancora  duoi  di  questi  Silistrani  hano  carico  di  portar  so- 
pra 2 lanscie  alcune  code  di  cavallo,  et  in  mezzo  di  questi  che 
portano  le  dette  lanscie  gli  va  sempre  tre  guide,  le  quali  vanno 
guidando  lo  squadrone  che  sta  appresso  la  persona  del  Gran 
Turco  et  vanno  inanti  quanto  il  Gran  Turco  gli  puô  vedere,  et 
per  lo  simile  ogni  signore  et  Gapitano,  i quali  han  carico  di 
condotta  di  gente  si  fa  portar  avant!  una  lanscia  con  code  di  ca- 


Albéri,  I,  p.  15,  60,  133.  Les  Silichtar,  vulgairement  silihdar,  portent  arc  et 
flèches.  Leur  chef  est  le  porte-épée  du  Grand  Seigneur  auquel  il  est  attaché,  il 
est  l'intendant  de  tous  les  officiers  du  palais  non  eunuques  (cf.  Andréossy,  p.  46). 


- 72  — 


vallo,  che  significa  la  guardia,  et  tutte  queste  squadre  hano  il 
suo  Cancelliere,  il  quai  hano  di  premio  aspri  20  per  uno. 

Dapoi  sono  2 altre  squadre  di  persone  sinquesento  per  una, 
le  quali  sono  intitolateli  Olofagi  1 et  li  Gapitani  di  queste  sono 
Deputati  il  giorno  di  Gorte  a redursi  con  tutta  la  sua  Gompa- 
gnia,  et  hano  aspri  80  di  salario  per  uno,  et  li  Cancellieri  aspri 
25  ; tulla  l’altra  gente  hano  di  salario  al  giorno  aspri  8,  et 
questi  sono  huomini  che  sono  stati  posti  in  queste  compagnie 
per  qualche  suo  merito,  et  alcuni  sono  stati  schiavi  di  qualche 
gran  Maestro,  et  per  suoi  meriti  sono  stati  messi  al  soldo  del 
Gran  Turco,  et  questi  sono  deputati  a portar  lettere,  et  altre 
imbasciate  da  luogo  a luogo  corne  fano  li  corrieri  delle  nostre 
parti. 

Vi  sono  altre  2 squadre,  le  quali  sono  persone  500  per  squa- 
dra  et  queste  sono  intitolate  li  Caripigi 2,  et  li  Gapitani  di 
queste  hano  di  salario  per  uno  aspri  50,  il  Vicio  30,  et  tutti  gli 
altri  hano  aspri  diese , cioè  li  capi  di  sentoventisinque;  et 
questi  di  queste  2 squadre  sono  tutti  valent’  huomini,  li  quali 
sono  Gapitani  alla  gran  Gorte,  li  quali  sono  da  persone  20,  et 
alcuni  tendono  alla  corte  di  Persiaet  parte  a quella  di  Tartaria, 
et  quando  il  Gran  Turco  sta  alla  sedia  questi  hano  liberté  di 
alloggiarlontani  dalla  corte,  dovegli  par  che  siamiglior  vivere, 
et  questi  non  ha  carico  di  altro  servitio,  et  mandano  ogni  luna  a 
levare  il  suo  soldo. 

Dapoi  sono  2 altre  squadre,  le  quali  sono  intitolate  Irma - 
lem  3,  et  il  capo  di  queste  è sopra  quelli,  li  quali  portano  li 
stendardi  dietro  al  Gran  Turco,  quando  il  cavalcha.  Ancora 
questo  è sopra  quelli  che  sonano  li  Tamburi,  et  Gnaccare,  et 
Trombe,  et  altri  istrumenti  che  si  usano  sonare  quando  il  Gran 
Turco  cavalcha,  et  sono  persone  — 100 — le  quali  sonano  questi 


1.  H.  T.,  138:  olofazi  pour  oloufédjy,  ouloufédjy,  cavaliers  dont  la  solde  est 
payée  en  espèces  par  le  trésorier  (uloufèh  = solde),  par  opposition  à timar  = 
solde  en  revenu  terrien.  Cf.  Menav.,  114;  Spand.,  ap.  Sans.,  114;  Ramb.,  19; 
Albéri,  t.  1,  14,  60. 

2.  Caripigit  aussi  dans  l’H.  T.  pour  gharip  oglan.  Selon  GeufTroy,  les  « cari- 
poglan  » sont  gens  de  cheval  extraordinaires. 

3.  H.  T.,  139:  Imiralen.  Geufî.  : imralem  (émir  alem),  porte-enseigne  du  sou- 
verain et  chef  de  tous  les  mechter. 


- 73  — 


istrumenti,  et  per  ogni  vittoria,  che  ha  il  Gran  Turco,  questi 
ha  no  un  mar  di  presenti  et  dont. 

Sono  poi  la  squadra  di  Falconieri  l,  et  il  Capitano  di 
questa  è intitolato  Muschir , et  ha  di  salario  aspri  100  al  giorno, 
et  molti  presenti  del  Gran  Turco,  et  da  altri  suoi  cortegiani,  et 
il  Cancellier  15,  et  tutti  gli  altri,  che  sono  da  persone  dosento 
hano  aspri  6 per  uno,  et  le  spese  per  loro,  et  suoi  huomini  et 
falconi,  et  altri  uccelli. 

Vi  sono  un’ altra  squadra,  che  sono  quelli  che  lavorano  1’  ar- 
mamento  2 3 corne  Goracine,  Panciere,  Labarde,  Spingarde, 
Schiopi,  Archi,  Frecie,  Balestre  et  altri  istrumenti,  et  il  Gapo 
de’  questi  ha  di  salario  aspri  60  al  giorno,  il  Vitio  Gapo  aspri  30. 
il  Cancelliero  15,  li  Maestri,  li  quali  sono  circa  persone  200  hano 
aspri  10  al  giorno,  et  li  Gapitani  hano  carico  quando  bisogna 
d’ operar  Y armatura,  di  andarla  dispensando  a quelli,  che  Y hanno 
da  operare,  et  adoperate  che  sono,  le  vadi  riscotendo  indietro. 
Vi  sono  una  squadra  delli  Bombardieri 3 li  quali  sono  persone 
100  che  scaricano  le  artigliarie  et  ciascuno  ha  il  suo  discepolo, 
et  il  Gapo  ha  per  suo  salario  aspri  ottanta  al  giorno,  li  ministri 
hano  da  10  aspro  fino  a 40  per  uno  al  giorno,  et  li  discepoli 
hano  4 aspri  per  uno  persino  che  hano  impara  Y arte  del  bom- 
bardiero,  et  poi  gli  è cresciuto  il  salario. 

Sono  poi  quelli,  li  quali  fano  gli  Padiglioni 4 del  Gran  Turco, 
et  questi  stessi  hano  carico  di  condurli  in  campo  quando  vien 
occasion  d’ andar  fuora,  et  il  Capitano  ha  di  salario  aspri  80  al 
giorno  et  gli  altri  ministri  hano  otto  etdieci  per  uno,  et  ciascuno 
di  questi  Maestri,  li  quali  sono  da  persone  300  hano  il  suo  dis- 

1.  L’H.  T.  ajoute  le  mot  Ganzi  comme  terme  équivalent. 

2.  L’H.  T.  ajoute  le  nom  turc  Ziebezi;  Spand.  cite  le  zebezibassi  ; il  faut  dire 
djebèhdjibachy;  cet  officier  avait  la  garde  des  munitions  et  des  harnais.  Cf. 
Menavino,  115. 

3.  H.  T.,  141  : Bombardieri  = « Topzibassi  ».  Sp.,  éd.  Sch.,  126,  topzi  bassi. 
Geuffroy  ( ibid .),  topgibassi  (top  = canon,  topgiler  = canonniers).  Tandis  que 
J.  M,  Angiolello  assigne  quatre-vingts  aspres  par  jour  au  chef  de  l’artillerie, 
Geuffroy  lui  en  assigne  soixante  seulement. 

4.  L’H.  T.,  p.  141,  donne  le  nom  turc  mechter.  GeulT.,  109  n.,  mechter  = les 
subordonnés  de  l’Emiralem,  leur  capitaine.  « Ung  Imralem  =r  aga  qui  porte 
l’enseigne  du  Grand  Turc  où  pend  une  queue  de  cheval,  en  mémoire  (ainsi  qu’ilz 
m’ont  dict)  de  Alexandre  le  Grant  qui  la  portoit  sur  sa  teste,  comme  nous  le 
voyons  en  ses  médailles  ».  Cf.  Ramberti,  20;  Menavino,  120. 


5* 


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cepolo,  et  anco  questi  sono  deputati  a campegiar,  et  questi  sono 
quelli  che  conducono  li  Gambelli,  li  quali  portano  li  padiglioni 
et  alloggiano  un  appresso  ail’  altro,  perciocchè  vi  sono  2 mude 
di  padiglioni,  et  alcuni  sono  fatti  di  legno  di  nogara  et  coperti 
d’  oro,  et  han  la  coperta  di  sopra  fatta  di  feltro  grosso,  et  di 
dentro  sono  fodrati  di  panni  di  seda  et  alcuni  di  panno  d’ oro, 
et  quando  è tempo  cattivo  se  gli  tira  di  sopra  una  coperta  di 
tela,  acciocchè  il  feltro  non  perda  di  colore,  et  quando  sono 
acconci  in  piedi  vengon  a parère  una  cuba  rotonda,  et  hano  le 
sue  porte  che  se  sara  con  chiave,  et  sono  buoni  da  campeggiar 
d’ està  et  d’ inverno,  et  ne  hano  anco  di  tela  grandi  et  piccoli 
d’ ogni  sorte  per  tutta  la  brigata. 

Dapoi  sono  le  squadre,  che  hano  carico  di  governar  il  campo 
et  questi  è quelli  che  conducono  li  cari  e carete  con  le  cose 
necessarie  per  viver,  et  hano  carico  delle  sbare  del  Gran  Turco, 
et  il  capo  ha  di  salario  aspri  50  al  giorno,  et  tutti  gli  altri,  che 
sono  circa  80,  hano  aspri  8 per  uno  al  giorno,  et  le  carete  sono 
quatordici  ben  lavorate  et  coperte  di  panno  rosso,  et  indorate  di 
dentro  via , et  le  sbare  sono  4,  due  da  cavallo  et  due  da  mulo, 
pur  coperte  di  panno  rosso  et  indorate  d’ oro,  le  quali  si  menano 
per  rispetto  che  se  il  Gran  Turco  si  sentisse  male,  over  che  ’1  vo- 
lesse  far  viaggio  la  notte  allora  il  monta  in  caretta,  over  in  sbara 
secondo  che  a lui  piace. 

Sono  poi  le  squadre  di  Sartori,  et  il  Capo  di  queste  ha  as- 
pri 50  al  giorno,  et  Vitio  capo  25,  li  Maestri  che  sono  persone 
200,  che  tagliano  et  cuseno  li  drapi  hano  aspri  10  per  uno  et 
molti  regali  et  doni.  Questi  fano  vestimenti,  li  quali  il  Gran 
Turco  fa  fare  per  douar  alla  sua  brigata  over  a qualche  suo 
Signorotto,  comè  il  più  delle  volte  suol  donare  a molti.  Questi 
fano  altri  lavori,  corne  coltre  di  seda,  di  pano  d’ oro,  le  quali  si 
usano  in  Turchia. 

Dapoi  vi  sono  la  squadra  di  quelli  che  governano  li  Cavalli 
et  le  stalle  del  Gran  Turco,  et  il  Capo  di  questa  è intitolato 
Imbrar1,  che  vol  dir  in  lingua  nostra  Maestro  di  stalla,  et 


1.  Imbrar  de  YHist.  Turch inichaor  bassi  ; Menavino  écrit:  Imbroor  bascia. 
Spand.,  p.  77  : mavracor  bassi;  124  : marocar  bassi On  prononce  vul- 

gairement émit'  akhor  bachî  grand  écuyer,  chef  des  écuries,  imrakhor 


75  — 


questo  ha  di  salario  aspri  100  al  giorno,  et  molti  doni  del  Gran 
Turco,  et  ha  cavalli  per  suo  uso,  et  questo  è obligato  d’andar 
2 volte  al  giorno  facendo  la  cercha  per  tutte  le  stalle,  et  vedere 
corne  le  cavalli  sono  ben  trattati  et  ha  liberté  di  castigar  quelli 
che  li  attendono,  trovandosi  mancar  del  suo  debito.  Sono  poi 
quelli  che  governano  li  cavalli  che  sono  circa  200,  et  ogn’  uno 
ha  un  discepolo  sotto  di  sè,  li  quali  ha  no  aspri  8 et  chi  10  per 
uno  al  giorno,  et  ogni  uno  con  il  suo  discepolo  governa  sette 
cavalli,  delli  quali  quando  fa  bisogno  di  campegiar,  sei  ne  sono 
per  cavalcare,  et  una  per  portar  cose  necessarie,  a questo  modo 
sono  compartite  per  ordine  tutte  le  stalle  del  Gran  Turco. 

Hora  si  dirà  il  modo  che  tien  li  Tui'clii  a nutrir  li  cavalli . 
Prima  il  Gran  Turco  fa  tener  a nome  suo  gran  coppia  di  razze 
in  diversi  luoghi  et  paesi,  et  perché  tutti  li  suoi  sudditi  se  ne  di- 
letano,  massimamente  quelli  délia  Natolia,  per  cio  chè  quelle 
parti  producono  buoni  Cavalli,  et  il  Gran  Turco  dove  sono  le  sue 
razze  ivi  li  tiene  stalle  et  huomini,  li  quali  hano  governo  di 
quelle,  et  quando  li  poledri  sono  di  duoi  anni,  vuole  che  siano 
levati  dalle  cavalle  et  siano  menati  aile  stalle,  et  gli  siano  poste 
le  capece  alla  testa,  et  siano  legati  un  piede  da  dietro  con  una 
corda  lungaun  braccio  e mezzo,  et  poi  siano  coperti  secondo  il 
caldo  et  freddo  che  sono,  et  poi  ogni  sera  vi  siano  datti  8 pu- 
gni  di  orzo  in  una  sacchetta,  la  quai  se  li  taca  alla  testa  persin 
alla  mattina,  etse  fosse d’estate  nel  tempo  che  sitrovaerba  fresca 
ogni  giorno,  et  notte  ne  dà  quanta  ne  puô  mangiare,  et  se  fosse 
daltro  tempo  vi  si  dà  puoco  strame  : ogni  giorno  poi  sono  stri- 
gliati,  et  gli  sono  messa  la  sella  et  la  briglia,  et  sono  menati  a 
mano  un  gran  pezzo,  et  cioè  fanoper  domesticarli,et  dopo  che 
hano  forniti  li  hanni  tre,  si  convincia  a domarli  a poco  a poco, 
tuttavia  mettendoli  al  passo  et  strapasso,  et  dopo  che  hano 
preso  l’andar  li  cominciano  a far  correre,  et  al  principio  non  li 
da  gran  corsa,  sua  pianamente  si  li  va  crescendo  la  fuga  fino  a 


bachi.  Voici  ce  que  dit  GeufTroy  du  grand  écuyer  de  l’empereur  (édit.  Sch  , 
p.  124,  n.).  « Le  grant  a cinq  cents  aspres  par  jour  avec  lieutenant,  escripvain 
et  commande  les  palle-freniers,  mulletiers,  selliers,  esperonniers  et  ceulx  qui 
conduisent  les  cameaulx,  ensemble  tous  les  haratz  de  chevaulz  et  a soubz  sa 
charge  4,000  chevaux  d’eslite  ». 


— 76  - 


tanto  che  sono  devoti  a tal  esercitio,  et  il  mese  di  maggio  gli 
dano  maggior  fatica  per  fargli  gietar  via  la  carne  poltrona,  ma 
non  se  gli  sminuisce  perô  la  biada.  Et  spesse  volte  li  fano  cor- 
rer  per  luoghi  arati  da  fresco  acciocchè  levano  li  piedi,  et  si 
venga  a far  agili,  et  dopo  che  sono  strusiati  et  magri  sono  poi 
messi  all’erba,  et  se  gli  levatutta  la  biada,  et  nel  prà  dove  pas- 
colano  l’erba  sono  legati  con  una  capecia  longa  et  li  tengono 
imbalsiati  li  piedi  da  dietro  et  davanti,  acciô  non  vada  cor- 
rendo  et  morbinizzando,  et  si  facesse  mala,  et  spesse  volte  se 
gli  si  scambia  il  pascolo,  cioè  legati  da  luogo  a luogo  secondo 
che  vano  pascolando,  et  dopo  che  sono  stati  duoi  giorni  ail’  erba 
li  fa  cavar  sangue  del  collo,  et  col  suo  sangue  istesso  gli  ingios- 
trano  (intingono)  l’acqua  et  glielo  fa  bevere,  et  li  tenera  cosi 
al  pascolo  per  giorni  40,  cosi  il  giorno  corne  la  notte,  et  dopo 
li  40  giorni  pigliano  una  quantità  di  latte  agro  et  gli  pongono 
dentro  dell’  aglio  pesto  mescolato  insieme  con  il  detto  latte  et 
fa  corne  un  impiastro  et  con  quello  impiastro  tutto  il  cavallo  da 
capo  a piedi,  et  questo  fano  quando  è sole,  et  dopo  che  è 
asciutto,  pigliano  un  caldaro  d’acqua  calda,  et  con  del  sapone 

10  lava  tutto,  et  con  coperte  nette  lo  asciuga  et  lo  copre, 
et  poi  lo  pone  nella  stalla.  Dopo  piglia  délia  farina  d’orzo  et  gli 
ne  dà  la  mattina  et  la  sera  quanta  ne  puol  mangiar,  et 
appresso  questa  li  da  anche  duoi  pugni  di  biada  bianca  al  pasto, 
et  ogni  giorno  li  va  sminuendo  la  farina  et  crescendo  la  biada 
talchè  in  capo  di  venti  giorni  li  vien  a dar  una  misura  di 
biada  per  cavallo  assai  convenante,  et  due  volte  alla  settimana 

11  dà  un  pugno  di  sale  avanti  bever  per  cavallo  et  dieci  giorni 
dopo  che  ha  cominciato  a mangiar  biada,  li  comincia  a ca val- 
car  pianamente  per  qualche  giorno  fino  a tanto  che  l’habbia 
assettata  bene  la  carne,  poi  fatto  questo  lo  cavalca  ogni  giorno, 
et  sempre  si  va  facendo  più  gagliardo,  et  in  quel  paese  usano 
dar  l’erba  cosi  a un  cavallo  vecchio,  corne  a un  giovane,  et  per 
ordinario  la  dono  ogni  anno,  et  cosi  li  suoi  cavalli  durano  assai 
tempo. 

Vi  sono  poi  lasquadra  de’  Mulatieri,  et  il  Capo  di  questa  è inti- 
tolato  Harmandabassi  et  ha  di  salario  aspri  40  al  giorno  ; il 
suo  Vitio  Gapitano  ne  ha  20,  il  Cancelliero  15,  li  Maestri  che 


- 77  — 


sono  quelli  che  governano  li  muli  sono  circa  100  persone,  et 
hano  tutti  aspri  otto  per  uno  et  ogni  uno  ha  il  suo  discepolo,  il 
quai  ha  per  uno  aspri  4 al  giorno.  Et  ogni  maestro  con  il  suo 
discepolo  hanno  carico  di  tender  al  chiapo  (=  branco)  di  muli, 
li  quali  sono  7 per  chiapo,  sei  delli  quali  caricano  per  il  Gran 
Turco,  et  il  settimo  è per  portar  le  cose  necessarie  alli  altri  : et 
havete  da  sapere  che  li  Muli  in  Turchia  si  nutrisce  al  modo  che 
si  fano  li  Cavalli  se  non  che  non  se  li  dà  tanta  biada,  ma  più 
strame  et  li  Muli,  i quali  hano  a portar  some,  sempre  stano  col 
basto  addosso  giorno  et  notte  acciochè  essendo  usi  con  la  basta 
non  terni  tanto  le  fatiche,  et  quelli  che  si  cavalca  stano  coperti 
con  una  pelle. 

Dapoi  sono  quelli  che  governano  li  Gameili,  et  il  Gapo  di 
questi  è intitolato  Siuruabasi , et  ha  di  salario  aspri  40  al 
giorno,  il  VitioCapitano20,  il  Gancelliero  15.  Ma  questi  non  ha 
altro  carico  che  questo  suo;  li  altri  Maestri  poi  sono  persone 
circa  300  et  ha  li  suoi  discepoli  sotto  di  sè,  li  quali  è salariati 
corne  li  mulattieri.  Li  Gameili  si  nutriscono  quasi  d’ogni 
tempo  alla  foresta,  purchè  trovano  pascoli  et  il  suo  mangiare 
vogliono  essere  erbasi  grossi,  corne  garzi  et  ogni  erba  aspra, 
perciochè  tal  pascolo  è la  vita  del  Gamello,  et  nel  tempo  he 
trova  da  pascolare  non  se  gli  dà  altra  biada,  et  lo  inverno 
quando  non  trova  da  mangiare  li  pongono  in  stalla  et  si  ligano 
bassi  acciocchè  stiano  in  Zenochioni  corne  è sua  usanza,  et  se  li 
dà  délia  paglia  minuta,  et  si  strigliano  con  un  bastone,  2 et 
3 volte  al  giorno,  et  stano  ancora  loro  cosi  il  giorno  corne  la 
notte  con  il  basto  sopra  la  schena.  Avvertendovi  che  nel  tempo 
che  il  Gamello  va  in  amor  è pericoloso  da  governar,  et  se  bat- 
tuto  da  alcuno,  longamente  se  l’aricorda,  et  trovando  modo  fa 
sua  vendetta  ; et  di  questo  se  ne  hanno  visto  le  moite  esperienze. 
Et  di  più  ogni  anno  il  Gamello  vuol  esser  unto  tutto  con  l’oglio 
comune,  altrimenti  gli  vienerebbe  la  rogna,  et  corne  è rognoso 
si  va  consumando  et  more.  Questi  animali  sono  utilissimi  per- 
ché portano4  volte  tanto  peso  quanto  porta  il  mulo,  et  quando 
è ben  nutritoetgrasso  dura  un  viaggio  di  mezz’  anno  con  pochis- 
simo  pasto,  perché  dandoli  ogni  giorno  tanta  pasta  di  formento, 
over  di  orzo  quanto  sarà  un  pugno  senza  altro  strame,  et  a un 


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bisogno  staria  3 giorni  senza  mangiar  et  senza  bever,  il  che  è 
ail’  opposito  di  quelü  delT  Asia  et  délia  Barbaria,  li  quali  fano 
gli  viaggi  lunglii  et  per  luoghi  arati,  et  quelli  ogni  giorno  vuol 
il  suo  pasto. 

Dapoi  sono  la  squadra  di  quelli  che  hano  a proveder  di  biade 
et  strami  per  uso  di  Cavalli,  Muli  et  Gamelli,  et  il  Capo  di 
questa  squadra  si  chiama  Arpaimi 1 : questo  hadisalario  aspri 
80  al  giorno  et  biada  per  dieci  cavalli  per  suo  conto  che  li  dà  il 
Gran  Turco  per  suo  cavalcar;  il  Vitio  Capitano  ha  per  suo  sa- 
lario  aspri  40  et  biada  per  4 cavalli  medesimamente  ; il  Can- 
celliere  ha  aspri  25  et  biada  per2 cavalli  ; li  altri,  li  quali  hanno 
d’andar  fuora  per  far  condur  le  dette  biade  et  strami  sono  100 
persone,  li  quali  hano  dieci  aspri  al  giorno  et  biada  per  2 ca- 
valli per  uno;  avvertendovi  che  tutti  li  cavalli  che  doperano 
questoro  in  questa  squadra  sono  tutti  cavalli  del  Gran  Turco. 

Vi  sono  poi  li  Marescalchi , et  il  Capitano  s’addimanda 
Nalbantopassi 2,  et  ha  di  salario  al  giorno  aspri  40  ; il  Vitio 
Capitano  20;  il  cancellier  15.  Li  Maestri,  li  quali  lavorano  a far 
ferri  et  altro  sono  persone  circa  200,  et  questi  ha  8 aspri  al 
giorno  per  uno,  et  ogni  Maestro  ha  il  suo  garzon  sotto  di  sè. 

Sono  poi  li  Sellari,  li  quali  fano  le  Selli  et  Briglie,  et  altri 
fornimenti  da  Cavallo,  da  Muli,  et  da  Gamelli,  et  il  Capitano  di 
questi  ha  di  salario  aspri  30  al  giorno;  il  Vitio  Capitano  20;  il 
Cancelliere  15  ; li  Maestri  con  tutti  quelli  che  lavorano  sono 


1.  Arpaimi  pour  arpa  eminy.  L’H.  T.  porte  cette  dénomination  absolument 
fautive  : corpturin.  — Cependant,  la  même  H.  T.  cite,  p.  49,  les  arphaemiler. 
Spandouyn,  p.  129,  écrit  arphemin  et  lui  adjuge  soixante  aspres  par  jour. 

2.  L’H.  T.,  p.  144,  écrit  gianizzeri.  Les  janissaires  fyéni  tcheri  = nouvelle 
troupe,  nouveaux  soldats)  formaient  un  corps  d’infanterie  d’élite,  chargé  de  la 
garde  du  sultan.  Il  a été  créé  en  1329,  par  Orkhan,  suivant  les  indications  de 
Qara  Khalil  Tchendérély,  et  bénit  par  le  derviche  Bektachy,  qui  en  a prédit  la 
grandeur  future.  Pour  leur  bravoure  et  leurs  exploits,  ainsi  que  pour  leur  indis- 
cipline et  leurs  méfaits,  les  janissaires  rappellent  les  prétoriens  de  Rome  et  les 
strélitz  de  Russie....  Ce  corps  d’élite,  mitraillé  par  le  sultan  Mahmoud  (juin  1826), 
comportait  mille  hommes  sous  Orkhan,  dix  mille  sous  Mohammed  II,  puis  douze, 
vingt  et  quarante  mille  à l’apogée  de  l’empire  ottoman.  Leur  chef  Aga,  Janissar 
agha,  est  un  capitaine  de  si  grande  autorité  et  réputation,  que  bien  souvent  il 
épouse  les  filles  et  les  sœurs  du  Grand  Turc.  — Cf.  Georgiewitz,  Ménavino-Cus- 
piniano,  Spandouyn,  Geufîroy,  N.  de  Nicolay  ; Du  Fresne  Canaye,  Ludovisi, 
Navagero  (Albéri,  relaz.).  — Djevad  Bey,  trad.  G.  Macridès  : « Le  corps  des 
Janissaires  ».  Paris,  1884  B.  N.  8 J.  956. 


— 79  — 

forsi  300  persone,  et  hano  aspri  8 per  uno  al  giorno,  et  tutti  li 
lavorieri  che  fano  sono  per  la  stalla  del  Gran  Turco. 

Dopo  che  si  ha  detto  dei  Gavalieri  délia  Corte,  hora  si  dirà 
délia  fanteria  et  altre  circostanze. 

Prima  vi  è una  squadra  detta  la  squadra  delli  Genizari , la 
quai  computando  li  Gapi  et  li  deputati  intutto  sono  dieci  millia 
persone,  tutti  huomini  da  fatti  et  il  Capitano  di  questa  ha 
maggior  dignità  et  più  salario  di  ogni  altro.  Questo  ha  di  sala- 
rio  aspri  sinquesento  al  giorno,  et  la  intrade  di  2 grosse  ville 
senza  le  regalie  et  presenti  ; et  il  Vitio  Capitano  ne  ha  aspri 
200  al  giorno  et  altre  regalie.  Dopo  ogni  mille  hano  il  suo  Con- 
testable li  quali  hano  per  il  suo  salario  100  aspri  per  uno  al 
giorno.  Et  ogni  100.  hano  il  suo  capo,  che  qui  addimandiamo 
qui  capo  di  sento,  et  tutti  questi  sono  obligati  di  star  ail’  ubbi- 
dienza  del  primo  Capitano»  li  quali  hanno  al  giorno  aspri  50; 
et  tutto  il  resto  di  questi  X millia  hano  un  capo,  il  quai  ha  di 
salario  aspri  16  al  giorno.  Et  corne  havete  inteso  di  sopra  questi 
Genizari  stantiano  tutti  con  li  suoi  Caporali  nell’  anzidetto  Cor- 
tivo,  cioè  undeci  per  casa  un  Gaporale  con  li  dieci  compagni  ; 
gli  altri  capi  stanziano  in  un  altro  luogo,  et  questi  Caporali  stano 
sempre  nelle  stantie  di  questo  Cortivo  con  li  suoi  X compagni, 
salvo  se  alcuno  fusse  maritato,  che  sia  Caporale  over  compagno 
il  Capitano  li  consede  la  licenza  di  stardove  a loro  piace,  ma 
pur  nella  Terra,  chè  facendo  altrimenti  sarebbero  castigati;  et 
questi  hano  gran  carichi,  peroche  li  duoi  ultimi  consorti  per 
ogni  X sono  obligati  a servir  li  altri,  cioè  il  suo  Caporale  con  li 
altri  suoi  compagni,  et  li  convien  servir  corne  fossero  suoi 
schiavi  propri. 

(Ici  s’arrête  brusquement  le  manuscrit  vicentin.) 


a— C2SL-A- — 


- 80  - 


TABLEAU  CHRONOLOGIQUE  DES  NEUF  PREMIERS  SULTANS 
DE  CONSTANTINOPLE 


Osman  I n.  1259  Mourad  II n.  1403 

— a.  1300  — a.  1421 

— m.  1327  — m.  1451 

Orkhan n.  1288  Mohammed  II  (el  Fatih  = le 

— a.  1326  Conquérant).  n.  1429 

— m.  1358  — — a.  1451 

Mourad  (Khodavendiguiar  = — — m.  1481 

seigneur).  n.  1325  Bayézid  II n.  1447 

— — a.  1358  - a.  1481 

— — m.  1389  — m.  1512 

Bayezid  Ildérim  (le  foudre)  . n.  1360  Sélim  (Yavouz  = le  sévère, 

— — — a.  1389  le  cruel).  n.  1467 

— — — m.  1403  — — — a.  1512 

décès  suivi  de  dix  ans  d’interrègne.  — — — m.  1520 

Mohammed  I n.  1379 

— a.  1413 

— m.  1421 


Eski  Séray  (Saraï),  ou  vieux  Sérail,  palais  des  Demoiselles,  rappelait  moins  que 
le  palais  du  Grand  Seigneur  le  Kremlin  de  Moscou.  Toutefois,  il  était  encore  fort 
étendu.  Situé  entre  la  mosquée  de  Suléïman  et  celle  de  Bayézid,  il  a été  élevé 
sur  l’emplacement  de  l’ancien  palais  du  Sénat  (construit  par  l’empereur  Constan- 
tin) de  1454  à 1457,  sous  Mohammed  II.  Une  haute  muraille  non  fortifiée  l’entou- 
rait; 3,000  personnes  étaient  attachées  à ce  palais,  sous  la  direction  du  chef  des 
eunuques  noirs.  Longtemps  négligé,  il  fut  l’asile  des  femmes  des  sultans  défunts 
et  des  Khadines  répudiées  par  le  Grand  Seigneur.  — Le  ministère  de  la  guerre, 
« le  Séraskierat  »,  en  occupe  la  place  aujourd’hui.  Cf.  Grelot,  Baudier,  Th.  Gau- 
tier, de  Amicis. 

Péra  : aussi  les  Vignes  de  Péra  ; résidence  des  ambassadeurs  catholiques.  Au 
pied  du  palais  de  France,  à Péra,  se  déroule  un  panorama  féerique.  Du  Fresne 
en  a été  ravi  : « Nous  regardions,  avec  une  grande  admiration  et  un  grand  plaisir, 
tantôt  le  sérail  du  Grand  Seigneur,  placé  en  face  de  notre  maison,  tantôt  le 
merveilleux  port,  alors  couvert  de  vaisseaux  innombrables,  tantôt  le  Bosphore, 
Scutari,  Chalcédoine  et  le  golfe  de  Nicomédie,  et  tantôt  File  des  Princes  et  plus 
loin  le  mont  Olympe  » (p.  52  et  53). 

Voir  aussi  Recueil  d’Alberi  (M.  Venier,  1582),  notre  livre  sur  le  « Catho- 
licisme au  xvii*  siècle,  à Péra  ». 

Bexestran  (besostum,  basestagno,  besestag,  bezestan),  synonyme  de  bazar.  — 
Le  grand  est  célèbre  à Constantinople  ; tous  les  voyageurs  le  mentionnent  dans 
leurs  relations. 

Voir  : Spandouyn,  p.  194;  Gyllius,  p.  158  ; Nicolaï,  p.  75;  Stochove,  p.  52. 

Roumili-hissar  ou  château  d’Europe,  construit  par  Mohammed  II,  en  1452,  à l’em- 
placement d’une  prison  d’Etat  byzantine  appelée  « Tour  du  Léthé,  de  l’Oubli.  » 
On  appela  encore  ce  château  fort  Néocastron  (terme  grec)  et  Yéni-qalè  (terme 
turc).  Abandonnée  depuis  des  années,  celte  forteresse  offre  néanmoins  encore  des 
ruines  imposantes.  Voir  dans  Hammer,  Baedeker,  Joanne  (guides),  une  description 
exacte,  infiniment  moins  outrée  que  la  suivante  : « Castellum  hoc  adeo  munitum 
altumque  factum  est,  ut  turres  ejus  attingant  regiones  Saturni  planetae,  visusque 


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hominum,  dum  cacumina  quaerit  pinnarum,  ad  summum  putet  ascendere  coelum, 
et  ignem  custodum,  ob  immensam  turrium  celsitudinem,  a lumine  Saturni  discer- 
nere  nequeat.  » Kbodja  Saad  ed-Din.  — Au  xv#  siècle,  Roumili-hissar  était  armé  de 
gros  canons  destinés  à menacer  Constantin  Dragasès,  à surveiller  les  navires  du 
Bosphore,  bien  plus  qu’à  empêcher  les  Russes  de  venir  prendre  Constantinople. 

Yédi  Koulé,  ou  encore  Mermer  Roulé,  le  château  des  Sept  Tours  ou  de  la 
Marmara  (de  la  Mer  Majeure),  occupe  la  place  d’un  ancien  château  Pentapyrgion. 
Cette  forteresse  servit  aussi  pour  garder  le  trésor  du  Grand  Seigneur  et  de  pri- 
son. Elle  était  bien  fortifiée  avec  du  canon  et  possédait  une  garde  de  500  hommes 
« Assarélis  »,  tous  anciens  janissaires.  Nombre  de  personnages  turcs  ont  péri 
dans  cette  forteresse  ; sept  sultans  y ont  été  assassinés  par  les  janissaires.  Plus 
d’une  fois  l’on  vit  une  tête  de  vizir  accrochée  à ses  créneaux.  Plusieurs  ambassa- 
deurs chrétiens  ont  été  détenus  à Yédi-Koulé  (Ruffin  de  1798  à 1801).  Pouqueville, 
qui  lui  tint  compagnie,  a laissé  une  longue  description  de  cette  prison  d’État. 
Depuis  longtemps  abandonnée,  elle  n’intéresse  plus  que  les  touristes  (Cf.  Nicolaï, 
Gautier). 


TABLE  DES  MATIÈRES 


Introduction  au  manuscrit  vénitien  : « Traduction  du  testament  de 

Mahomet,  le  prophète,  à Ali  son  gendre  » 

Première  édition  annotée 

Introduction  au  manuscrit  vicentin  : « Voyage  fait  par  Angiolello, 
de  Venise  à Négrepont,  à Constantinople.  — Mohammed  II,  son 

sérail  et  sa  cour  » 

Édition  annotée 

Notes  finales 


BESANÇON.  — IMPRIMERIE  JACQUES  ET  DEMONTROND. 


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